Cf. Au mus. de l'Acrop., p
RÉSULTATS DE L’iNFLUENCE IONIENNE 341
Et cependant l’étoffe existe, avec ses plis nombreux, qui tombent verticalement ou se courbent et convergent vers une des mains en dehors. L’étude du nu apparaît ainsi liée intimement à celle de la draperie. Il est vrai que ce nu féminin ne donne pas pleine satisfaction1, et qu'il y a une grande part de convention dans le collant de cette draperie. Mais enfin, si les Attiques, au cours du ve siècle, ont continué avec succès dans cette voie et ont réussi à résoudre le problème de la draperie collée sur le nu, reconnaissons que la voie leur avait été ouverte par les Ioniens, et que ce problème, les Ioniens en avaient trouvé déjà un commencement de solution. — En môme temps, ils poursuivaient une autre étude de draperie, d’un caractère différent, à propos de l’himation dont ils revêtaient d’habitude leurs corés par dessus le chitôn. Cette pièce du costume, plus variée d’aspect, plus libre et plus flottante autour du corps, avec ses grands pans complètement détachés et ses plis épais, en fort relief, offrait au sculpteur d’abondantes ressources2. Les Ioniens ont su les mettre à profit ; quoiqu’ils aient, naïvement, faute d’une science plus avancée, transformé en un tracé raide et géométrique les souplesses capricieuses du modèle, ils ont eu le mérite d’observer combien « les parties libres et les bords flottants contribuent à la richesse et à la beauté du costume»3. En cela encore ils ont été des précurseurs, et, si leur himation à zigzags réguliers et un peu secs ne saurait se comparer, pour l’effet plastique, au péplos noble et large du ve siècle, du moins ont-ils enseigné quelle attention méritent les plis d’une étoffe drapée sur le corps humain et comme il faut tailler l’épaisseur de ces plis.
Mais ce qu’ils apportaient peut-être de plus précieux aux ateliers attiques, spécialement pour la représentation du type féminin, c’est leur sentiment de l’élégance, de la grâce et du charme. Leurs statues de femmes sont comme pénétrées d’un désir de plaire ; on voit et on sent ce désir partout en elles,
4. Julius Lange ( Darstellung d. Menschen , trad. Mann, p. 58-59) a remarqué justement que les artistes archaïques, dans leurs représentations du corps de la femme, n’ont pas accordé une attention suffisante à ce qui, dans ce corps, est spécifiquement féminin et le distingue du corps humain mâle. Pour la structure et le détail des membres, la femme, dans les statues du vi° siècle, est en général « très homme » ; elle est, plastiquement, plus homme que femme.