‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 205 sur 312 · Cf. Heuzey, Du principe de la draperie antique , p · texte numérisé non relu

Cf. Heuzey, Du principe de la draperie antique , p

de la tête âux pieds1 2 : dans la coquette disposition des plis de leur vêtement, dans la savante minutie de leur coiffure, dans le brillant éclat de leurs broderies peintes, dans les gestes de leurs mains, dans leur scurire enfin, dans ce « crochet de bonne humeur » qu’elles ont toutes au coin des lèvres. Que les sculpteurs ioniens n’aient fait, en ce genre de figures, que se conformer à l’esprit de la société ionienne'3, et que les détails mêmes de leurs œuvres correspondent exactement aux usages et modes de leur milieu3, cela n’est pas douteux; mais aussi, par ces œuvres où ils traduisaient selon leurs forces, en cherchant à lui donner toujours plus de beauté, le modèle que leur offrait la vie réelle, ils se trouvaient créer et propager l’ébauche d’un idéal de grâce féminine, que les Attiques devaient recueillir d’eux, pour le développer ensuite et le mûrir. Idéal encore à demi emprisonné dans une gangue de raideur et de convention : mais la grâce s’en dégagera bientôt, de plus en plus fine et pure; ces gestes des bras, encore anguleux ou gauches, vont s’assouplir, s’arrondir, selon un rythme secret, dans quelque harmonieuse Aphrodite du ve siècle4; et ce sourire à fleur de lèvres, tendu, excessif, monotone et mécanique, deviendra le profond et mystérieux sourire, attirant et indéfinissable, de la Sosandra de Calamis.

D’autre part, on a maintes fois signalé5 ce que les exemples des Ioniens, trop servilement suivis et avec cette tendance à l’exagération qui est le défaut fréquent des imitateurs, eussent pu avoir de pernicieux pour les Attiques. Cette élégance et cette grâce séduisantes s’accompagnaient souvent d’une certaine mollesse; cet art souriant sourit trop continûment; l'habileté du travail tournait parfois à un exercice inutile de virtuosité. Certes, l’archaïsme attique primitif était un peu âpre et rude, et c’était donc un bienfait pour lui qu’il s’adoucit sous

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