Cf. Au mus. de l'Acrop., p
COURANT ATTICO-DORIEN
déjà plus rien à désirer. On notera aussi la justesse avec laquelle l’artiste a relevé et un peu écarté le vêtement autour du cou. Tout ce travail est d’une observation sincère et intelli-
Fig. 2û. — Tète d’une statue de coré , n” 68S (Acropole).
gente, d’une vérité franche, sans les petites conventions habituelles. Les cheveux sont encore, suivant l’usage ancien, répandus en longues boucles sur le dos et sur les seins; mais, par devant comme par derrière, l'himation les recouvre et les cache. Et cette absence de' coquetterie est confirmée, en outre,
par le manque d’un objet de parure qui ne fait presque jamais défaut : les pendants d’oreille.
Ainsi la statue, quoiqu’elle diffère beaucoup de la coré d'Euthydicos par le premier aspect du corps, a du moins en commun avec celle-ci un certain goût de simplicité, qui dénote une même satiété à l’égard du type ionien de la coré, tel qu’il avait régné pendant tout le demi-siècle précédent. Le visage fortifie et précise cette impression (ftg. 26). Front droit, dessiné en triangle sous les deux bandeaux de la chevelure1; globe de l’œil petit et trop rentré, entre des paupières à bordure épaisse; paupière supérieure remontée sous l’arcade ; bouche sans sourire, avec la lèvre d’en haut un peu abaissée aux commissures; menton carré et joues à larges plans : c’est le même caractère général et les mêmes détails significatifs que dans la coré d'Euthydicos , sauf ce léger excès d’un dessin trop appuyé, par quoi le non-sourire passait à un air morose et boudeur. En raison de ce modelé plus juste de la bouche, joint à ce que la paupière supérieure est remontée davantage, et surtout à cause de la belle et franche exécution de la draperie posée sur les épaules, je crois que la coré 688 doit être d’une date un peu plus récente que la coré d'Euthydicos.
Une petite tête de femme ( fiy . 27), découverte à Eleusis2 3, et non publiée jusqu’à ce jour, me paraît devoir être rangée à côté des deux coré s de l’Acropole que nous venons de décrire. Elle provient d’une statuette minuscule, et, comme il arrive presque toujours en pareil cass, présente des négligences d'exécution et ne saurait nous renseigner d’une façon aussi claire et complète que les grandes statues contemporaines. Elle en dit assez, cependant, pour qu'on ne puisse douter qu’elle appartient à notre présente série. Il est vrai que les cheveux sur le front, avec leur double étage de fines frisures alignées en arc de cercle4, sont encore tout à fait selon la mode des « Ioniennes ». Mais, en arrière de ces frisures, au lieu de
1. La chevelure est divisée au milieu par une raie, comme dans la coré d'Euthydicos. On se rappellera que cette raie ne se rencontre quasi jamais dans les coiffures compliquées des statues de la période antérieure (cf. Au mus. de l'Acrop., p. 201).
2. Mus. nat. d'Athènes , 59; cf. ’Eçripi. àp y., 1889, p. 130 (Philios).