‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 227 sur 312 · COU K AM’ ATTICO-DORIEN · texte numérisé non relu

COU K AM’ ATTICO-DORIEN

est changée en certitude, grâce à des découvertes faites sur l’Acropole même. — Une tête en bronze, trouvée en 1866 provenant d’une figure de jeune homme2, est considérée unanimement comme ne pouvant pas avoir une origine attique3. Cette tête, qui est un chef-d’œuvre de fin et précieux travail4, dont durent s’émerveiller les sculpteurs athéniens, jusque-là peu experts dans l’art du bronze5, a été comparée tour à tour, et avec raison, à celle de Y Apollon des frontons d’Olympie6, à celle de Y Apollon en bronze de Pompéi 7, à celle de Y Apollon

mencement du v" siècle, a été bien faite par M. Græf : Alhen. Mittheil ., XV, 1890, p. 1 sqq., notamment p. 13 sqq.

1. N° 14 de l’ancien petit Catalogue (1888) du musée de l'Acropole. Aujourd’hui conservée au Musée national d’Athènes. Cf. De Ridder, Cotai, bronzes Acrop., n° 767, pl. VI; Les musées d'Athènes (éd. Rhomaïdis), pl. XVI ; Alhen. Mittheil ., XII, 1887, p. 372 sqq. (Studniczka) ; Collignon, Hist. sculpt. <jr., I, p. 323, flg. 163 ; Pawlowski, op. I., p. 154, fig. 44 : Bulle-H irth , Schœne Mensch : Altertum, pl. 53, en bas ; Brunn-Bruckmann's Denkmæler , 462, C, et notice de la pl. 506 (Arndt); Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 679, fig. 347.

2. M. De Ridder (op. I., p. 288) suppose sans raison que la tête pourrait être « féminine », et, sur ce mot, renvoie le lecteur aux Meisterwerke de M. Furtwængler, p. 80, où je ne crois pas qu’il soit rien dit de tel.

3. M. Studniczka (Athen. Mittheil., XII, 1887, p. 375) pense qu’elle pourrait être d’IIagéladas ; M. Furtwængler ( Meisterw . gr. Plastik, p. 80) l’attribue à Hégias, un Athénien, il est vrai, mais « élève d’Hagéladas ». Ces deux hypothèses s’accordent au moins en ceci, que iadite tête est étrangère à l’art attique, tel qu’il s’est développé jusqu’au commencement du v siècle.

4. Je ne puis que rappeler en passant quelques détails d’ordre technique, d’après les notes que j’ai prises devant l’original. L’exécution de la chevelure, sur le crâne et sur l’espèce de petit chignon roulé contre la nuque, est d'une ravissante finesse ; la baguette de métal qui ceint la tête, et autour de laquelle les cheveux forment bourrelet par devant, d’une oreille a l’autre, a été ciselée avec un scrupuleux souci de vérité : elle est à section semi-circulaire, la face aplatie appliquée sur les cheveux, la face arrondie tournée vers le dehors. Les yeux révèlent un travail de la plus délicate minutie : la sclérotique était faite d’une sorte d'émail blanc (il en subsiste un morceau à l’œil droit), au milieu duquel était fixée, pour l’iris, une rondelle de métal sombre, percée elle-même, au milieu, d’un trou profond que remplissait une matière noire et brillante comme du jais, pour figurer la pupille. Les cils devaient être rapportés un à un, car le bord des paupières est finement dentelé comme une scie (à moins que cette dentelure ne dût suffire à donner l’illusion, à quelques pas, de la masse des cils). Les sourcils sont faits d’une mince bande de cuivre plus claire que le reste du visage. Et, par un procédé semblable, les lèvres étaient plaquées d’une feuille de cuivre rouge (à moins que l’espèce de « cloison » qu’on y observe aujourd'hui fût destinée seulement à être peinte en rouge ou à être dorée).

5. Cf. Michaelis, Altattische Kunst , p. 33; Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 674-675.

6. Cf. Athen. Mittheil., XII, 1887, p. 373 (Studniczka); XV, p. 16, n" 1 (Græf).

7. Cf. Brunn-Bruckmann’s Denkmæler, 302; Collignon, Hist. sculpt. gr., Il, p. 666, fig. 350. M. Wolters ( Arch . Jahrbuch, XI. 1896, p. 1 sqq.) a cru pouvoir démontrer que l’original d'où dérive ce bronze, et d'où dérivent aussi l 'Apollon de Mantoue et plusieurs autres, se trouvait à Sparte.

en marbre de Mantoue’, bref à des œuvres qui toutes ressortissent à l’art de la Grèce occidentale. J’ajoute que, non seulement pour la disposition générale de la chevelure et pour le travail des yeux et des sourcils, mais pour la coupe du visage vu de face et pour le caractère du profil, elle offre aussi une grande analogie avec le Sélinous de Castelvetrano1 2. La tète de l’Acropole me paraît se placer à peu près à mi-chemin entre ce Sélinous, qui ne peut guère être postérieur à l’an 500, et Y Apollon d’Olympie, qui date d’environ 460. Or, si on la compare avec la tête d 'Éphcbe blond , sa contemporaine, on constate qu’il existe entre les deux (à côté d’une grave dissemblance dans la structure du visage, qui prouve que les deux œuvres ne peuvent pas être de la même école) une remarquable analogie dans la forme des yeux, aux paupières lourdes, celle du haut à demi remontée, et plus encore dans le dessin de la bouche avec la lèvre inférieure épaisse et arquée et la supérieure mince, presque droite, légèrement abaissée aux deux coins; et ces ressemblances-là ne sauraient être le fait d’une rencontre fortuite.

Parmi les rares petits bronzes recueillis aussi sur l’Acropole, il y en a trois qui, pour des raisons diverses, doivent également être considérés comme des importations étrangères. L’un3, qui représentait sans doute Apollon , tenant dans les mains l’arc et la flèche, a été justement rapproché, par M. Furtwængler, d’une figurine analogue trouvée à Olympie4, et M. Hauser l’a rapproché, non moins justement, de 1’ « Apollon b> de Girgenli 5 6; les deux archéologues s’accordent d’ailleurs pour évoquer à ce sujet le souvenir de l’art æginétique — Le second bronze7, un pied de miroir, et l’un des plus charmants qui aient subsisté

1. Pour ces rapprochements, et d’autres du même genre, cf. notamment 50°* Berlin. Winckelmprogr., p. 140-141 et 148 (Furtwængler).

2. Comparer la planche XVI des Musées cl' Athènes (face et profil du bronze de l’Acropole) et les photographies 371-372 des Arndt-Amelung’s Einzelaufn. (face et profil du Sélinous ), ou Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 496-497, fig. 254- 255 {ici).

3. Cf. De Ridder, Calai, bronzes Acrop., n° 740, pl. III-IV ; Mvï|[xsïa rfj; 'EXXâSo;, pi. IX et X, 2, p. 35-36 (Sotiriadis).

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