‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 229 sur 312 · COURANT ATTICO-DOR1EN · texte numérisé non relu

COURANT ATTICO-DOR1EN

de l’époque archaïque, est probablement d’origine corinthienne. En tout cas, les détails du costume, notamment la manière dont est porté l’himation, et l’espèce de petit bonnet brodé qui couvre le crâne, sont choses nouvelles à Athènes, et la tête, par ses traits et l’aspect de sa physionomie, n’a riende commun non plus avec les têtes attiques. — Enfin, le troisième bronze, le plus récent, petite œuvre fort bien conservée et très remarquable, est une Athéna Promachos, avec dédicace au nom de Mélésô 1 ; son costume, composé par dessous d’un chitônà peine visible en bas, etpar dessus d'un himation ample et long, drapé simplement, est déjà tout voisin du costume classique. M. Studniczka2 n’hésite pas à voir en cette statuette le produit d’un atelier d’Ægine, et non des moindres; en tout cas, il ajustement montré l’étroite parenté qui existe entre la tête de cette Athéna de bronze et celle deY Athéna ayant appartenu au fronton oriental d’Ægine.

Il est vrai que la présence de quelques petits bronzes étrangers est chose peu surprenante dans un sanctuaire renommé, où se concentraient des offrandes nombreuses ; ces échantillons d’un art non attique pourraient n’avoir pas eu plus d’importance relativement à l'art attique que n’en avaient eu auparavant les deux statues samiennes, qui font si complètement bande à part au musée de l’Acropole. Mais, d’abord, dans le temps même que ces offrandes étaient apportées sur l’Acropole, des artistes venus de diverses régions cle la Grèce occidentale travaillaient à Athènes. On y a retrouvé une signature de Gallon et une d'Onatas3,qui furent les deux plus illustres sculpteurs d’Ægine au début du ve siècle ; on a recueilli jusqu’à cinq signatures de Gorgias 4, qui était, nous le savons par Pline, un Laconien5, et un Laconien illustre, puisque Pline lui a donné place dans une

1. Cf. De Ridder, Calai, bronzes Acrop., n° 796; Arch. Jahrbuch, XI, 1896, p. 44, flg. 18 (Kalkmann); Perrot, op. L, p. 612, fig. 308. Pour l’inscription, cf. Lolling, Calai, inscr. Acrop., p. 9-10, XXVIII.

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