Cf. ’Ecprijx. àp y., 1887, p
3. Gallon: cf. Lolling, Catal. inscr. Acrop., p. 30, n° 53; Lœwy, Inschr. gr. Bildhauer, 27. — Onatas, dédicace de Timarcbos : cf. Lolling, op. L, p. 56, n" 66.
4. Lolling, op. L, p. 43-44, nos 35-38; pour la cinquième signature, provenant d’Athènes, mais non de l’Acropole, cf. Lœwy, op. L, 36.
5. N. H., XXXIV, 49. L’identification du Gorgias de ces cinq inscriptions avec le Gorgias Lacon de Pline n'est pas douteuse. Car, malgré l’erreur de date commise par Pline (Olymp. 87 = 432 av. J.-C.), c'est évidemment comme contemporains qu'il cite ensemble Ilagéladas, Callon et Gorgias de Laconie. Or l’inscription rappelée ci-dessus prouve que Callon travaillait pour
brève énumération contenant presque tous les plus grands noms de l’art grec1. Il est probable que, parmi les autres signatures d’artistes, dépourvues d’ethniques, qui se sont rencontrées à l’Acropole, plus d’une encore devrait, si nous étions mieux renseignés, être ajoutée aux précédentes 2 ; mais le nombre importe moins que la qualité. Or, le sculpteur qui parait avoir eu le plus haut renom dans le premier quart du vc siècle3, celui qui amena sur le devant de la scène l’obscure école d’Argos et contribua le plus à lui donner ou à lui préciser sa personnalité, Hagéladas, a travaillé à Athènes ; du moins, y avait-il des œuvres de lui en Attique 4. Ces témoignages relatifs à des sculpteurs natifs de la Grèce dorienne accroissent, naturellement, la valeur documentaire des quelques bronzes que nous avons mentionnés. Et, d’un autre côté, on ne saurait soutenir que ces œuvres-là, comme les deux statues samiennes, sont à part et ne comptent point, puisqu’au contraire on constate que le style particulier représenté par elles a influé sur certaines œuvres attiques contemporaines, tant et si bien influé que l’une de celles-ci, la statue d ’Éphèbe blond , a été soupçonnée d'être, non pas attique, mais véritablement argienne d’origine5.
Ainsi se dégagent peu à peu les causes et les circonstances
Athènes avant 480; nous allons voir qu'il en est de même pour Hagéladas; dès lors, le Gorgias dont on possède plusieurs signatures, antérieures aussi à 480, ne peut être, selon toute vraisemblance, que Gorgias de Laconie.
1. Ce doit être de ce même Gorgias qu'on a retrouvé aussi une signature à Olympie : cf. Lœwy, op. L, 37.
2. Peut-être celle de Pollias, qui se rencontre deux fois : cf. Lolling, op. l.r p. 67, nos 67-68.
3. Cf. G. Robert, Arch. Mærchen, p. 93-98; Collignon, Hist. sculpt. gr., Ir p. 316-317.
4. Cf. C. Robert, op. I., p. 39-40. 11 s'agit d une statue à'Iiéraclès Alexicacos, dans le dème deMélilé. AI. Robert a fait une ingénieuse démonstration pour la dater des environs de l’an 500. L’objection que j'ai présentée à ce sujet (cf. Au mus. de l'Acrop ., p. 423, note 2), et qui avait été faite avant moi par M. Studniczka (cf. Rœm. Mitlheil., II, 1887, p. 99, note 27), n'est pas décisive. Il est naturel d'admettre, d’ailleurs, que, si l’œuvre d'Hagéladas fut détruite en 480, elle fut remplacée plus tard, et que l’inscription qui accompagnait la statue nouvelle rappelait celle du premier auteur. Dans tous les cas, il paraît plus que probable que, si on a pu attribuer à Hagéladas, même à tort, cet Héraclès Alexicacos, c'est parce que d’autres œuvres de lui ou certaines traditions attestaient qu’il avait effectivement travaillé à Athènes ou pour Athènes.
5. Cf. 50“ Berlin. Winckelmprogr., p. 148 et 151 (Furtxvængler) \Arch. Studien II. Brunn clargebr ., p. 85 (F urtwængler). AI. Collignon (Hist. sculpt. gr., I, p. 364, note 6) a cité cette opinion de M. Furtwængler, de façon à laisser voir
COURANT ATTICO-DORIEN
du changement partiel qui s’est produit dans la sculpture athénienne, au commencement du v° siècle. A ce moment l’école attique était, pouvons-nous dire, saturée d’ionisme. Depuis cinquante ans qu’elle s’était mise à suivre de près les exemples des maîtres ioniens, elle en avait tiré tout ce qu’il était juste et bon qu’elle en tirât; elle n'en avait plus rien à apprendre et devait donc se lasser vite d’une imitation désormais stérile. Elle fût restée sans doute plus longtemps encore à la remorque de l’art ionien, si celui-ci eût continué à être représenté par des hommes tels que ceux dont le génie lui avaitassuré la prééminence durant plus d’un demi-siècle. Mais on remarquera que, d’après les témoignages anciens eux-mêmes, la gloire de l’école de Chios paraît s’être arrêtée avecBoupalos et Athénis; ils ont eu des fils 1 et des successeurs, mais qui n’ont pas su, comme avaient fait Boupalcs et Athénis par rapport à Archermos, comme avait fait Archermos par rapport à Mikkiadès, maintenir l'avance de l’Ionie, grâce à une maîtrise toujours plus haute et à de nouvelles inventions de types propres à exciter ] intérêt de tous. Au contraire, dans la génération qui a suivi celle de Boupalos et d’ Athénis, les sculpteurs qui s’avancent au premier plan, d’après la tradition ancienne, sont Hagéladas d’Argos, Callon et Onatas d’Ægine, Gorgias de Laconie, tous artistes delà Grèce dorienne :1a renommée semble avoir changé de camp, elle a délaissé l’école de Chios ; c’est de l’Ouest que vient maintenant pour l’Attique une lumière nouvelle.
Ceux des Attiques d’alors qui, par nature, se sentaient le moins portés vers l’ionisme, étaient donc plus libres que ne l'avait été Anténor vingt ans auparavant, plus aisément capables de réagir contre un entraînement d’imitation dont la force allait déclinant. Et dans le même temps, s’offraient à eux d’autres modèles dont les qualités de sobriété, d’énergie, de beauté sévère, s’opposaient en plein à celles de la sculpture ionienne : par la vue de ces modèles devait encore se préciser et s'accroître leur désir d’émancipation , puisqu’ils y découvraient, déjà toute tracée, la voie neuve qu’ils cherchaient. — Convient-
qu’il ne la partageait pas. En elfet, si personne ne songe à reconnaître dans la cové d'Euthydicos une œuvre argienne, on ne voit pas pourquoi la tète à'Êphèbe , qui ressemble à lu coré comme un frère à sa sœur, ne serait pas une œuvre attique.
1. La signature Archermos de Chios, retrouvée sur l’Acropole, doit être celle d'un fils de Boupalos ou d’Athénis (cf. ci-dessus, p. 190, note 2).
il de rapporter exclusivement àun seul des ateliers de la Grèce occidentale celles de ces œuvres étrangères qui eurent l’action la plus efficace sur l’art attique contemporain? On attribue d’ordinaire le rôle prépondérant à l’école d’Argos, et nommément à Hagéladas1. Mais, en vérité, il ne nous est pas loisible de trancher cette question aAœc certitude; et pour moi, je croirais volontiers à un jeu d’influences plus complexe. A côté des stimulants venus d’Argos, et, plus généralement, du Péloponnèse, on a déjà reconnu qu’il avait dû exister aussi un certain courant æginétique2; et il est possible qu’une place doive être réservée à des écoles auxquelles on n’en a voulu faire aucune jusqu’à présent: c'est à dire les écoles de la Sicile et de la Grande Grèce. Nous les connaissons fort mal; cependant tout fait présumer qu’elles ont dû être des plus actives dans le commencement du ve siècle, au temps où les tyrannies siciliennes furent le plus fastueuses et où Tarente fut le plus prospère. Il n’est pas sûr qu’elles se soient contentées de prendre le mot d'ordre dans le Péloponnèse, ainsi qu’on est trop porté peut-être à le croire3. L’unité de style qu’on a depuis longtemps constatée entre les plus anciennes et les plus récentes sculptures de Sélinonte4 donne à penser que, parmi les écoles de la Grèce
1. Cf. rtœm. Miltheil., II, 1887, p. 98 sqq. (Studniczka) ; Allien. Miltheil.,XX, 1890, p. 32 (Græf) ; Collignon, llist. sculpl. gr. , I, p. 337 et 365.
2. Cf. ’Eçy)(jl. àpy., 1887, p. 147 (Studniczka); Athen. MiUheil., XX, 1S90, p. 32 et note 2(Græf); Àrch. Jahrbuch, VII, 1892, p. 136 (Kalkmann).
3. Par exemple, à propos de la tête de Tarente en terre cuite, mentionnée ci-dessus, M. Furtwængler réunit tous les indices propres à faire admettre une forte influence du style d’Ilagéladas sur les productions des ateliers de Tarente (cf. München. Sitzungsh., 1897, II, p. 133). M. Collignon aussi penche à voir dans les ateliers de la Sicile et de la Grande Grèce de simples « tributaires de l’art péloponnésien » (cf. IILtl. sculpl. gr., I, p. 330 et 460); en un autre endroit cependant ( op . /.,■ p. 247), il avait très justement reconnu le caractère autonome de l’ancien art de Sélinonte. — On sait que M. Kékulé a soutenu une opinion radicalement opposée à l'opinion commune, en rattachant à une école sicilienne les grandes sculptures du temple d'Olympie, les plus considérables qui aient été trouvées sur le sol péloponnésien : cf. Arch. Zeilg, XLI, 1883, p. 241. Cela peut être inexact en fait (cf. Furtwængler, dans Arch. Sluclien H. Brunn dargebr., p. 83), mais n’est pas invraisemblable a priori ; je ne crois pas que l’hypothèse puisse être acceptée, mais le point de départ en est juste, à savoir que les écoles doriennes de la Sicile et de la Grande Grèce ont dû avoir plus d’importance que nous n’avons été enclins jusqu’ici à leur en accorder.
4. Cf. ci-dessus, p. 144. — Il est nécessaire de revenir toujours à cet exemple, Sélinonte étant la seule des cités de la Sicile ou de la Grande Grèce pour laquelle on possède un ensemble important de sculptures, répandues sur un assez long espace de temps.