Cf. ci-dessus, p. 149, et p. 152, note
avec évidence et s’imposer à l’attention. On a pu quelquefois trop généraliser leur rôle; on tenterait en vain de l’annihiler. Elles n’étaient pas absolument indispensables pour qu’une partie des artistes attiques s’éloignassent du style ionien1; mais, grâce à elles, l’éloignement fut plus rapide et l’opposition plus nette, et, par elles, se précisa tout de suite l’idéal nouveau qui allait se développer cinquante ans durant jusqu’à son rayonnement magnifique dans les marbres du Parthénon. — Le premier élan vers cet idéal, la première fusion des éléments nécessaires pour le réaliser, les uns puisés au vieux fonds de l’art attique, déjà enrichi par les alluvions ioniennes, et les autres fournis par les enseignements de l'art dorien, puis les progrès à venir et les résultats définitifs, tout cela peut-être se résume, se rappelle et s’annonce dans le nom d’un artiste athénien, de qui, par malheur, nous ne savons pour ainsi dire rien, sauf que son nom nous apparaît aujourd’hui comme encadré entre deux autres, plus glorieux : Hégias2, élève d’Hagéladas et maître de Phidias.
1. Cf. Au mus. de l'Acrop ., p. 314, note 1. Je rappelle ici cette note, surtout pour dire que j’en considère aujourd’hui les trois dernières lignes comme une erreur.
2. Signature d’Hégias retrouvée sur l’Acropole : cf. Inscv. allie., I, Suppl., 373-59 ; Lolling, Calai, iriser. Acrop., p. 45, n° 40. — Qu'Hégias ait été élève d’Hagéladas, c’est seulement une hypothèse ; mais M. Furtwængler ( Meis tenu. gr. Plaslilc, p. 80) la tient pour certaine. J'ai rappelé déjà (ci-dessus, p. 317, note 3) que M. Furtwængler attribuait à Hégias la petile tête en bronze de l’Acropole, comme il lui attribue aussi (l. I.) l’original d’où dérivent l’ Apollon cle Pompéi et Y Apollon de Mantoue ; mais ce ne sont là qu’hypothèses.