‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 232 sur 312 · Cf. Au mus. de l'Acrop., p · texte numérisé non relu

Cf. Au mus. de l'Acrop., p

COURANT ATTICO-DORIEN

que la bouche un peu morose de YÉphèbe blond et de la coré d’Euthydicos n’ait été empruntée de quelque tête du Péloponnèse ou de la Sicile. Et quand on compare la tête de la coré athénienne à cette petite têtede Sélinonte mentionnée ci-dessus1, il devient malaisé de croire que, pour le dessin des yeux aussi et le caractère du profil, les Attiques n’aient pas profité des modèles nouveaux qui s’offraient à eux. Certainement il faut tenir compte de ce qu’ils pouvaient eux-mêmes acquérir par leur observation personnelle et par le progrès normal de leur art, aidé encore, chez quelques-uns, du désir de réagir contre l'ionisme; il faut admettre qu’ils auraient bien atteint tout seuls ce dessin plus juste des yeux, au globe moins saillant, aux paupières plus mobiles. Mais, puisqu’un tel dessin se rencontre en général dans des sculptures doriennes qui ne doivent assurément rien à l’art attique, et puisque les Attiques ont connu de ces sculptures doriennes et s’en sont en partie inspirés, il suit de là que c’est à elles qu’ils ont pris aussi, très probablement, ce dessin nouveau de l’œil, lequel apparaît soudain à Athènes peu avant 480. Je serai plus affirmatif encore pour le redressement du profil. Rien n’annonce ce trait dans l’art attique antérieur; au contraire, il est le terme logique de la structure des têtes doriennes, au crâne plat, au front presque vertical2, qui complètent et couronnent, selon les mêmes principes de construction, la forte et raide architecture du corps. Ce dernier trait et les deux précédents frappèrent l’esprit des artistes athéniens, qui se sentirent attirés vers l’imitation des œuvres doriennes ; ils les ont adoptés, et heureusement amalgamés, non sans des différences selon leur nature à chacun, avec ceux qu’ils tenaient des traditions de leur propre école.

Car il est nécessaire d’en revenir à ceci et d’y insister, à savoir que les sculptures de cette série présentent un mélange d’éléments de l’ancien art attique indigène et de l’art dorien nouvellement importé. La formule de ce mélange n’a rien de fixe, parce que l’imitation n’est pas servile, mais voulue, raisonnée, et par conséquent capable de choisir et de nuancer. En certaines œuvres, les influences doriennes affleurent si légèrement qu’on serait en droit de n’en pas tenir compte, tandis que, dans d’autres œuvres voisines, on les voit se manifester

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