Cf. ci-dessus, p
COURANT ATTICO-IONIEN
une petite statue de cavalier, dont il ne subsiste plus que les jambes de l’homme, et le corps du cheval sans les jambes {fig. 33) Si on la compare avec la plus récente des statues
Fig. 33. — Statue de cavalier, n° 700 (Acropole).
de cette espèce que nous ayons rencontrées, à savoir le Cavalier multicolore , on s’aperçoit à maints détails qu’elle est d’un
1. Musée de l'Acropole, n" 700. Cf. Arch. Jahrbuch, VIII, 1893, p. 140 sqr|., n° 13 (Winter). A la bibliographie donnée par M. Winter, ajouter : Brunn-
art notablement pins avancé, et qu’elle est donc très proche de 480*. Les plus visibles différences sont dans l’exécution de la crinière de l’animal, dans la pose des jambes du cavalier par rapport à sa monture, et surtout dans l’attitude de la tête du cheval, tournée à gauche, ce qui implique, à mon avis, une pose analogue de la tête du cavalier : pour les animaux comme pour l’homme, la loi de frontalité n’existe plus. Mais ce progrès, d’ordre général, ne signifie pas que ce marbre doive être classé dans la série attico-ionienne plutôt que dans l’attico-dorienne ; on peut assurément hésiter, et ce n’est que sur de faibles indices que j’ai déterminé mon choix. Cependant l'exécution de la crinière, avec ses fines ondulations serrées et minutieuses, rappelle le travail des menus plis du chitôn sur la poitrine des corés ioniennes 2 ; et les minuties de ce genre sont celles qu’ont délaissées le plus vite les artistes qui portèrent leurs préférences vers les modèles doriens 3. D’un autre côté, les jambes du cavalier, surtout dans leur partie inférieure depuis le genou jusqu’aux orteils, font souvenir, par leur dessin net et leur forme un peu sèche, de la petite coré 672 4, où nous avons relevé le même trait. Cette ressemblance ne permet pas de douter que l’œuvre soit bien sortie d’un atelier attique.
On ne doit pas, je crois, séparer de la statue qui précède le beau fragment de cheval n° 697, du musée de l’Acropole5. Tout l’ avant-train de l’animal, moins Jes jambes, est fort bien conservé, avec le cou et la tête entiers. Le cheval n’était pas monté ; nous n’avons donc pas affaire, cette fois, à une statue de cavalier, mais, comme l'a montré M. Winter 6, à un groupe qui se composait d’un cheval et d’un homme debout devant la
Bruckmann’s Denkmæler, 459, A ; Pawlowski, op. I., p. 260, fig. 91 ; Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 639, fig. 327.
1. Cette comparaison a été faite avec soin par M. Winter ( l . I. , p. 149 sqq.).