‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 239 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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8. On retrouve ce trait sur des vases peints, qui sont sensiblement de a

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en témoignaient aussi le bas des jambes et les pieds entièrement détachés de la base 1 ; enfin le modelé de la poitrine et du cou est plein de charme et de saveur, et nous laisse pressentir que le visage devait être non moins finement achevé que celui des corés 684 et 674. Un dernier détail est à mentionner : il n’jr a pas de boucles de cheveux tombant, comme à l’ordinaire, par devant sur les épaules et la poitrine ; et, par derrière, la chevelure, au lieu de s’épandre en large nappe, est arrêtée sur la nuque où un cordon la lie en une sorte de catogan. Nous devons voir dans cette mode nouvelle un acheminement vers les chevelures courtes, très simples, relevées, qui seront de règle pour les statues de l’époque classique ; et cela

même époque : cf. Hartwig,

Griech. Meisterschalen , pl.

VI (coupe d'Oltos ; Ménade courarU). Fl0. 31.

1. Cf. le dessin restauré de M. Reichhold ( l . L), d'après lequel le bras gauche était aussi entièrement libre dans l'air, sans être soutenu, comme auparavant, par l’aile éployée.

Statue de .V iké, ri° 690 (Acropole).

nous est un indice de plus que, dès le commencement du vc siècle, même dans les oeuvres qui semblent le plus traditionnelles d’aspect et le plus fidèles à l’ancien idéal, un certain goût de simplicité tend à prévaloir1.

L’autre statue [Au musée de l'Acrop., p. 195, fig. 21), qui me paraît devoir prendre place ici, représentait une figure assise, de grandeur naturelle, probablement une déesse, Athéna ou Aphrodite2. Tout le torse manque, avec la tête et les bras ; il ne subsiste plus que le bas du corps, au dessous du ventre. C’en est assez pour nous apprendre que cette figure était du même style encore que les précédentes et que la qualité de son exécution la mettait hors de pair. Car le pan d’étoffe qui retombe sur la jambe droite, et le second pan qui, par dessous cette jambe, recouvre en partie le siège, sont traités avec une souplesse et un moelleux dignes d’admiration ; et, d’autre part, l’exquis modelé des deux pieds nus montre que l’artiste excellait non moins dans le rendu des chairs que dans celui des draperies. Comme l’auteur plus ancien du fronton de la Gigantomachie , et comme son contemporain l’auteur de la coré 684, il avait pris le meilleur des leçons des maîtres ioniens, et, grâce à lui et à ceux qui travaillaient dans le même esprit que lui, les plus heureuses qualités de l'art ionien devenaient de plus en plus des qualités attiques,

A ces sculptures, presque toutes de grandes dimensions, retrouvées sur l’Acropole, s’ajoutent une tête demi-nature et une statuette qui ont été recueillies à Eleusis. La tête [fig . 32)3 a pour intérêt principal, comme l'a remarqué M. Philios 4, de ressembler beaucoup à la belle tête 684 de l’Acropole : même disposition de la chevelure finement striée sur le haut du crâne et par derrière 5, et ceinte d’un cercle plat, adhérant à la façon

1. En m’appuyant sur ce dernier trait et sur quelques autres, j’ai rapproché la Niké 690 d’une figure de coré de l’Acropole, dont il ne reste qu’un fragment, n* 627 : cf. Au mus. de l'Acrop ., p. 318 sqq.

2. Cf. Athen. Mittheil., XII, 1887, p. 265 (Wolters); Pawlowski, op. I., p. 167, fig. 49 (gravure incomplète, sans les pieds, qui ont été rajustés depuis); Perrot, Hist. de l'art , VIII, p. 619, fig. 313; Lepsius, op. I., p. 71, n° 33 : marbre de Paros.

3. Mus. nat. d'Athènes , 60. Cf. ’Eçr,p,. «py. , 1889, pl. IV, p. 121 sqq. (Philios). — M. Philios a signalé que le marbre avait souffert du feu, d’où on doit conclure que l’œuvre est sûrement antérieure à 480.

5. En règle générale, chez les corés archaïques, la masse des cheveux par

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d’un ruban, au lieu de la stéphané verticale ; mêmes frisures sur le front, étagées sur six rangs pareils, et recouvertes latéralement par d’autres frisures analogues qui s’arrondissent

Fig. 32. — Tête d’une statue de coré (Athènes, Musée national).

derrière est divisée en une douzaine de grosses boucles ou tresses, bien distinctes l'une de l’autre ; dans cette petite tête d’ÉIeusis et dans la tête 684 de l'Acropole, elle forme une grande nappe peignée droit : ce sont, je crois, les deux seuls exemples de ce genre en Attique. Comparer, à ce point de vue, une des corés de Délos : Homolle, De Dianæ simulacres, pl. VU1'; ou Bull, corr, hell. , III, 1879, pl. III.

contre la tempe avant de repasser derrière l’oreille ; le profil du visage, le dessin des yeux et de la bouche sont pareils ; et, malgré l’usure du marbre, on peut s’assurer encore que le modelé, d’où naît l’expression particulière de la face, n’était pas d’une qualité moindre. Notons cependant que, relativement à sa grande sœur de l’Acropole, la petite tête d’Éleusis témoigne d’un goût plus marqué pour la simplicité de la parure : il n’y a pas de boucles de cheveux ramenées par devant sur les épaules et les seins ; et les oreilles, d’une exécution délicate et très réussie, se contentent d’être jolies, sans aucun ornement. — La statuette 1 2 a moins de prix ; c’est un travail ordinaire et peu soigné d’un artiste de second ordre, et nous y discernons néanmoins certaines des tendances observées dans les œuvres de premier rang. Malgré les yeux encore très obliques, la bouche est bien droite, sans sourire : le contraste est le même que dans la statue 674 de l’Acropole ?, mais sans le modelé délicat et la fine expression qui donnent à celle-ci tant de charme. La disposition et le genre des frisures au dessus du front sont identiques à ce que nous avons vu déjà sur une autre petite tête d’Éleusis (fig. 27), classée dans la série atticodorienne 3, et les deux marbres doivent donc être à peu près contemporains. Mais leurs auteurs ne puisaient pas leurs idées exactement à la même source, et celui de la présente statuette a suivi davantage le courant de l’art attico-ionien. Remarquons encore, dans cette petite coré, la forme très allongée, mince et droite, du corps : elle rappelle, à ce point de vue, la coré 685 de l’Acropole 4, que nous avons rencontrée dans la période antérieure et rangée parmi les œuvres certainement imprégnées d’ionisme, non pas assez cependant pour qu’on n’y reconnût pas la production d'une main attique.

Les figures d’homme continuent d’être beaucoup moins nombreuses que les figures féminines. Nous retiendrons d’abord

1. Mus. nat. d'Athènes , 24. Cf. ’Eprjtj.. àpy., 1884, pi. VIII, 5-5" (sans la tête), p. 182 sqq. ; 1889, pl. III (complétée), p. 117 sqq. (Philios) ; Lepsius, op. L, p. 95, n° 272 : marbre des lies. — J’ai signalé ailleurs (Au mus. de l'Acrop., p. 236, note 2) que les boucles de cheveux retombant par devant sur les épaules étaient rapportées, et certainement en métal : bronze ou plomb.

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