‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 244 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 38S · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 38S

COURANT ATTICO-IONIEN

Une tête en marbre, à la Glyptothèque de Munich1, me paraît offrir plus qu’une superficielle analogie avec le bronze athénien. Elle est cependant moins ancienne, comme le prouvent, à mon avis, le dessin plus vrai des paupières supérieures et celui de la bouche entr’ouverte et un peu déviée à gauche; ce dernier trait dénotant une recherche du caractère individuel, dont on ne trouverait pas trace dans l’art antérieur à 480'. M. Furtwængler a montré que le marbre de Munich était une copie romaine et que l’original dont il dérive (avec deux autres copies encore) était probablement une œuvre attique; si cette œuvre était intéressante au point d'avoir été copiée à plusieurs reprises, c’était évidemment moins par sa valeur artistique qu’à cause du personnage qu’elle représentait ; ce personnage était un stratège, et, parmi les stratèges athéniens du premier tiers du ve siècle, le nom de Miltiade vient de lui-même à l’esprit3. Or, cette hypothèse ne pourrait-elle pas ricocher jusque sur le bronze de l’Acropole? Il est fort naturel qu’au lendemain de Marathon, le grand stratège vainqueur ait fait dresser sa statue près du temple d’Athéna; et cette image n’a pu manquer d’être détruite en 480'*, mais il est très vraisemblable que Kimon, le fils de Miltiade, en fit plus tard élever une seconde pour remplacer la première. Si l’hypothèse de M. Furtwængler est juste, c’est de cette deuxième statue seulement que peut dériver le marbre de Munich ; et il n’est pas impossible que le bronze de l’Acropole nous ait conservé la tête de la première. Une telle faveur de la fortune serait extraordinaire, et il ne faut pas se presser trop d’y croire5.

1. Cf. Furtwængler, Besclireibuny , 50 ; Id., 100 Tafeln nach d. Bildwerken d Glypt., pl. 11, adroite; Arndt-Bruekmann, Portræts , pl. 21-22; Friederichs- Wolters, Gipsabgüsse, 232. Ne pas oublier que ce marbre est très fortement restauré.

2. La date 490-480, indiquée par M. Furtwængler ( op . p. 54), me paraît

un peu trop reculée.

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