‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 265 sur 312 · CONSÉQUENCES DE L’INVASION PERSE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE L’INVASION PERSE

démantelée en partie. C’est seulement après 469, avec l’argent provenant du butin enlevé par Ivimon à la bataille de l’Eurymédon, que fut construit le puissant mur du côté sud et peutêtre aussi, en même temps, le mur de l’est et celui du sudouest1 2. Ce dernier fait me semble éclairer la situation du jour le plus net : dix ans après Platées, l’enceinte de l’Acropole était toujours inachevée, et il fallait, pour qu’on eût les moyens de la terminer enfin 3, l’aubaine d’un butin exceptionnel ; et cependant on ne saurait croire que les Athéniens jugeassent ce travail secondaire, puisqu’on les voit s’empresser, au contraire, d’y consacrer les ressources que l’heureux hasard d’une victoire leur procure. Pour Kimon comme pour Thémistocle, le premier souci, après celui de continuer la guerre maritime, fut de munir la ville d’une bonne ceinture fortifiée 4, de façon qu’elle eût chez elle, contre ses ennemis continentaux, la sécurité que sa flotte lui garantissait du côté de la mer. Cette grande œuvre de fortification sera complétée un jour par les Longs Murs, reliant l’enceinte d’Athènes à l’enceinte du Pirée ; et ces Longs Murs, on ne commencera aies construire qu’en 459 5, juste vingt ans après le retour des Athéniens dans leur ville ruinée.

Pendant ces vingt années donc, tandis que les particuliers relevaient leurs maisons et reconstituaient leurs biens, la cité employait ses ressources pour la flotte d’abord, puis pour la réfection des défenses terrestres. Elle dut aussi, naturellement, pourvoir à certains travaux nécessaires afin de rendre la ville habitable et de permettre à la vie publique de reprendre son cours : dégagement et nettoyage des lieux sacrés, spécialement de l’Acropole ; réparations provisoires aux édifices indispensables du culte ; remise en état de l’agora pour les affaires et les réunions ; édification de quelques portiques ; construc-

1. Plutarque, Kimon , 13; Pausanias, I, 28, 3. — Cf. Keil, Anonymus Argenlinensis, p. 84.

2. C'est l'opinion de M. Dœrpfeld ( At.hen . Mitlheil ., XXVII, 1902, p. 413).

3. En admettant que le mur de Kimon ait rejoint celui de Thémistocle et fermé la boucle ; mais cela n’est pas certain, et il est possible que l'enceinte de l’Acropole n’ait été achevée que par Périclès (cf. Hitzig-BIümner, éd. de Pausanias, I, p. 304).

4. Cf. Keil, Anony mus Argent inensis, p. 88; Athen. Mitlheil XXVII, 1902, p. 413 (Dœrpfeld).

5. Thucydide, I, 104; cf. Busolt, Griech. Gesch . 2, lit, p. 310. — Aux deux Longs Murs, Périclès devait encore en ajouter plus tard un troisième : cl'. Busolt, op. Z., p. 449-480.

tion de quelques bâtisses pour les services administratifs. On attribue d’habitude ces divers travaux à Kimon1, sans qu’on puisse d’ailleurs produire un témoignage formel en faveur de cette attribution ; elle revient simplement adiré que les travaux en question ont dû être exécutés dans le deuxième quart du v° siècle, et ils étaient, en effet, de ceux qu’on ne pouvait guère ajourner. Du même temps datait un petit héroon en l’honneur de Thésée ( Théseion 2), et un autre en l'honneur des Dioscures (Anakeiori) •: tous deux auraient passé inaperçus, s’ils n’avaient eu la chance d’être ornés de peintures par Polygnote et Micon.

L’impression qui se dégage de là est qu’Athènes, après les dépenses militaires assurées (flotte et fortifications), s’emploie à recouvrer peu à peu les organes de sa vie sociale et de sa vie politique; mais le luxe et le superflu ne lui sont pas permis encore3. La preuve la plus manifeste en est qu’on ne relève pas, qu’on ne commence même pas à relever aucun des édifices de l’Acropole. Ce grand temple, dont les fondations énormes soutiennent le Parthénon de Périelès, et pour lequel avaient été déjà traînés à pied d’œuvre quelques tambours de colonnes, on l’attribuait jadis à Kimon ou bien à Thémistocle : nous savons maintenant qu’il est antérieur à 480, que ni Thémistocle ni Kimon n’y ont touché, et qu’il ne vit pas revenir les ouvriers avant l'année 4474. Or, si les Athéniens ont laissé en ruines pendant plus d’un quart de siècle les édifices de l’Acropole, il est évident que ce ne fut point par indifférence ou parce que les temples de la ville basse leur importaient davantage; s’ils n’ont pas reconstruit les premiers, ils n’ont pas

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