Cf. Busolt, op. L, p. 361 sqq
i. Il n’a rien de commun avec le grand temple que nous appelons « Théseion », lequel date de la seconde moitié du v° siècle.
3. Les dépenses de certaines constructions publiques, antérieures à 450, furent supportées par des particuliers : ainsi Peisianax, un parent de Kimon, fit les frais d’un portique près de l’agora; c’est ce «portique de Peisianax » qui s’appela ensuite le « portique peint » ( Pœcile ), quand Polygnote, Micon et Panænos l'eurent décoré de peintures. 11 est probable que le petit Théseion fut pareillement construit aux frais de Kimon, qui avait eu l'honneur de rapporter de Skiros à Athènes les ossements de Thésée.
4. Cf. Athen. Mittheil., XXVII, 1902, p. 403 sqq. (Dœrpfeld) ; Wiegand, Poros-Architeletur , p. 114. La démonstration que M. Foucart avait tentée (Rev. de philol.,\X\ll, 1903, p. 7-8), pour faire admettre que les fondations du temple dataient de 469, se trouve annulée par l’étude de M. Dœrpfeld. (Cet article de M. Foucart, bien que daté de 1903, est pourtant antérieur à celui de M. Dœrpfeld.)
CONSÉQUENCES DE L’iNVASION PERSE
reconstruit non plus les seconds1; et ce long retard pour les uns et pour les autres est dû uniquement au manque des ressources convenables2. Car il ne s’agissait pas d’une reconstruction vaille que vaille : non seulement les édifices nouveaux ne devaient pas être inférieurs aux anciens, mais ils devaient leur être supérieurs en dimensions et en beauté ; ils devaient nécessairement être en marbre, puisque déjà avant 480 les Athéniens avaient érigé des monuments tout de marbre3; enfin, on comprend aisément que, à mesure que la puissance d’Athènes grandissait, ces orgueilleux projets, loin d’être ramenés à des proportions plus modestes, aient au contraire grandi aussi, et que la ferme confiance de pouvoir les réaliser un jour ait conseillé d’attendre patiemment et de laisser mûrir les fruits de la fortune. De bonne heure ces fruits mûrissants de la fortune prirent une forme concrète et définie : ce fut quand les réserves d’argent commencèrent de s’accumuler dans la caisse de la Ligue maritime, à Délos ; les Athéniens durent vite s’habituer à espérer en cette caisse pour reconstruire leurs temples et réparer leur Acropole ; et, pour l’accomplissement de cet espoir, ils n’avaient plus qu’à laisser faire l’habileté et la hardiesse de Périclès4.
1. Le prétendu serment qu’auraient fait les Grecs à Platées, de ne pas relever les temples brûlés par les Barbares, est une invention, ainsi que l’a démontré M. Kœpp ( Arch . Jahrbuch , V, 1890, p. 271 sqq.) ; mais M. Dœrpfeld [Athen. MitlheiL, XXVII, 1902, p. 413-416) a remarqué avec raison que l’origine de cette légende devait être le fait que les temples de l’Allique étaient en réalité restés très longtemps à l’état de ruine.
2. M. Foucart [Rev. de philol., XXVII, 1903, p. 8), voulant expliquer pourquoi le grand temple, dont les fondations dateraient, selon lui, de 469, n’aurait pas été continué, dit : « (C’est qu'alors) Athènes s’engagea dans des entreprises multiples, en disproportion avec ses forces réelles. L'énorme dépense en hommes et en argent fut une cause de ralentissement dans les travaux. » De même, M. Keil (Anonymus Argentinensis , p. 115), qui croit que le premier projet du Parthénon de Périclès est de 456, l'année où fut tentée la réunion d'un congrès panhellénique, invoque, pour expliquer que la réalisation du projet ait tardé dix ans, les dépenses et les difficultés où Athènes était engagée, à cause de la guerre contre les Perses qui durait toujours, et de ses efforts pour étendre sa suprématie en Grèce. — Une sorte de contreépreuve, très intéressante, nous est fournie à ce sujet par l'histoire de l'Érechtheion, construction bien limitée cependant, commencée peut-être avant la guerre du Péloponnèse (cf. ci-dessus, p. 429, note 4), et qui n'était pas encore terminée plus de trente ans après, sans cesse interrompue et reprise, interrompue dès que la guerre reprenait, reprise quand laguerre s'interrompait.
3. Stoa des Athéniens et Trésor des Athéniens à Delphes; anciens Propylées de l'Acropole ; grand temple commencé sur l’Acropole avant 480. Cf. Athen. Mitlheil., XXVII, 1902, p. 405 (Dœrpfeld).
4. La tentative du congrès panhellénique (456), le vote des prémices par les
En opposant, avec le plus de précision que j’ai pu, la période 479-450 et la période postérieure à 450, en montrant par les témoignages historiques et archéologiques les plus sûrs quel contraste complet il a existé entre les deux, je crois avoir réussi à éclairer un peu Thistoire confuse de la sculpture attique dans le second quart du ve siècle. C’est une grosse erreur, de dire qu’une intense activité artistique régna à Athènes dès le lendemain de 479, et que l’invasion perse fut cause, pour l’art attique, d’une poussée immédiate, telle qu’il n’en avait pas connu encore. L’activité d’Athènes, dans le deuxième quart du ve siècle, se porta sur d’autres objets que l’art1; les grandes œuvres athéniennes d’architecture et de sculpture qui sont venues après 479 appartiennent toutes à la seconde moitié du siècle ; les grandes entreprises artistiques qui furent l’éclatante réparation du désastre national sont dues à Périclès, qui n’eut pas seulement à les poursuivre et les achever, mais qui les conçut et les commença : elles sont étrangères au temps de Thémistocle et de Kimon. Si l’on passe en revue les temples et édifices en marbre qui, à la fin du Ve siècle, couvraient l’Acropole et se dressaient çà et là dans Athènes et dans l’ Attique, dont ils faisaient l’orgueil, on n'en
alliés (454), le transfert de la caisse de Délos à Athènes (430), sont autant d’étapes vers le même but.
1. On pourrait me reprocher ici d'oublier Polygnote et les deux autres peintres qu’on cite avec lui, Micon et Panænos. Je ne les oublie pas; mais quelles furent les œuvres de ces artistes à Athènes? Il y eut la décoration du Pœcile, commune à tous les trois, et la décoration du Théseion et de Y Anakeion, commune à Polygnote et Micon. C’est tout, et les deux derniers édifices doivent n’avoir été que des temples très petits. Polygnote paraît, d’ailleurs, avoir eu une raison particulière de séjourner à Athènes, dans l’amitié qui l’unissait à Kimon et à la famille de Kimon; et on remarquera qu’en n'acceptant pas d’être payé pour ses peintures de la stoa de Peisiana.r (Pœcile), il complétait par sa générosité celle qu'un parent de Kimon venait de faire à sa patrie. Le même fait a pu se reproduire pour le Théseion, si celui-ci fut élevé aux frais de Kimon, comme la stoa l’avait été aux frais de Peisianax (cf. ci-dessus, p. 432, note 3). En tout cas, les quelques peintures dont il s’agit, même si elles ont été des commandes de l'État, ne représentaient ensemble qu'une faible dépense, et il n'y a donc là rien qui contredise notre démonstration actuelle. — 11 faut ajouter que, grâce à Polygnote, c’est la peinture, non pas la sculpture et encore moins l’architecture, qui occupe le premier plan à Athènes au temps de Kimon. J'aurai plus loin l’occasion de rappeler qu'il put y avoir là un nouveau bienfait pour la sculpture attique, si les exemples de Polygnote ne furent pas inutiles à la formai ion de l’art de Phidias. Mais la disparition des œuvres originales ne permet pas d’aller au delà de cette vraisemblable hypothèse, exprimée seulement d’une façon très générale.
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trouve pas un que le témoignage des textes anciens ou des ruines ne nous oblige à placer après 450.
Il découle de là une conséquence des plus graves : c’est que, de 480 à 450, la sculpture décorative subit à Athènes une éclipse totale. Durant ce laps de temps, il n’y eut pas de frontons, pas de métopes, pas de frises à décorer de statues ou de reliefs. Mais il restait aux sculpteurs les statues isolées, les reliefs votifs, qui constituaient, en dehors des édifices, la parure artistique des sanctuaires? Il est vrai, et ce genre d’offrandes ne pouvait faire entièrement défaut. Cependant, je ne crois pas qu'elles aient dû être abondantes, d’abord à cause de l’amoindrissement des fortunes particulières, et puis parce que l’Acropole se prêtait mal à en recevoir beaucoup, tant qu’elle fut un champ de ruines, destiné à se transformer un jour en un chantier de construction pour des édifices dont le plan et l’emplacement n’étaient pas encore fixés. Il restait aussi les sculptures funéraires? Sans doute; mais on a remarqué précisément que les stèles funéraires en marbre, très nombreuses avant l’invasion’, et qui reparaissent de nouveau en très grand nombre à partir de la seconde moitié du ve siècle ?, manquent presque complètement pour la période qui nous occupe ici1 2 3. Cette disparition momentanée doit tenir, en premier lieu, à l’état des fortunes privées, et, secondement, à ce que la plupart des ateliers de marbriers devaient s’être fermés, n’ayant guère de travaux à espérer pendant quelque temps. Et en effet, les signatures de sculpteurs, recueillies à Athènes pour la période 480-450, ne sont qu’en nombre infime4.
1. Nous n’en possédons pas beaucoup; mais elles étaient certainement abondantes, pour que Thucydide (I, 93 : noXhxi te «rrf^at ànb <rv)p.ârtov) les ait mentionnées expressément parmi les matériaux de hasard employés à la reconstruction de l'enceinte de la ville. — Rappelons cependant que nombre de ces stèles étaient peintes, non sculptées (cf. ci-dessus, p. 287) : cette circonstance en rendait le remploi plus aisé.
2. Surtout dans le dernier quart du siècle, c'est à dire lorsque les grands travaux commandés par l’État sont achevés ou interrompus, et qu’ainsi les marbriers ont, en quelque sorte, retrouvé plus de loisir pour les commandes des particuliers.
3. Nous en avons cité ci-dessus (p. 363) une petite, provenant du Pirée, qu’on peut dater de 480 à 460 : c'est à peu près la seule connue pour cette époque.
4. À celles de Critios et Nésiotès, M. Lœwy ( Inschr.gr . Bildh., n°s 37° et 42) n’a pu en joindre qu’une d’Eunostidès et une de Micon. 11 y a bien deux signatures, aujourd'hui connues, de Micon ; mais une seule (Lœwy, op. I., 42; Lolling, Calai, inscr. Acrop ., p. 36, n" 65) provient d’Athènes; l’autre (Lœwy, op. L, 41) provient d’Olympie.
Or, n’y a-t-il pas entre ces divers faits un accord frappant? Ne témoignent-ils pas ensemble d’une sorte de crise — le. mot convient très bien aux circonstances — traversée par la sculpture athénienne jusqu’au retour de la richesse et de la paix?
Et si l’on demande ce que devinrent, durant ces années maigres, les sculpteurs attiques, ceux du moins qui, n’ayant pas d’autre métier pour vivre, ne trouvaient plus à pratiquer leur métier à Athènes, il faut répondre qu’ils firent nécessairement ce qu'avaient fait leurs confrères ioniens, du jour où le travail leur avait manqué en Ionie, par suite de la conquête perse1, et ce que firent maintes fois, à toute époque, sans même y être poussés par la nécessité, quantité d’artistes grecs : ils quittèrent leur ville, s’en allèrent dans d’autres cités, à proximité d’autres sanctuaires, là où ils pouvaient espérer de gagner leur vie en exerçant leur talent. Tel dut être, pour quelques sculpteurs d’Athènes (mais quelques-uns seulement), le résultat le plus immédiat des événements de 480-479; et je croirais volontiers que cette dispersion forcée, cette existence nomade qui leur fit voir de près bien des œuvres d’autres écoles, ne fut pas inutile pour élargir l’esprit des plus jeunes de ces artistes, et contribua peut-être à achever la formation de l’art attique, à le mûrir pour les grandes tâches qui devaient lui incomber, vingt-cinq ou trente ans plus tard. — Ainsi, parmi les sculptures qui s’exécutèrent en Grèce, ailleurs qu’à Athènes, dans le deuxième quart du v° siècle, il y en eut qui furent taillées par ces Attiques errants. Aucune ne mériterait davantage, semble-t-il, d’être attribuée à l’un d’eux, que ces trois reliefs de Thasos, maintenant au Louvre, qui décoraient un autel consacré à Apollon, aux Nymphes et aux Charités2 3 : n’y retrouve-t-on pas, dans une note plus sobre et plus aisée, en traits déjà un peu plus éloignés de l’archaïsme, l’équivalent de la XçTrxi-ï;; et de la de certaines métopes du Trésor des
Athéniens à Delphes et du bas-relief d’Hermès à l’Acropole^? Cependant nous ne pouvons, à ce sujet, aller au delà d’une simple hypothèse ; et ce n’est point par d’hypothétiques attributions que nous fonderons plus solidement notre connaissance