‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 293 sur 312 · Cf. Furtwængler, Coll. Sabouroff, notice des pi. 11I-IV · texte numérisé non relu

Cf. Furtwængler, Coll. Sabouroff, notice des pi. 11I-IV

8. Mais on ne doit absolument pas, à mon avis, la faire remonter jusqu'au vr siècle.

9. Peu importe la manière dont le travail des cheveux a été exécuté ; l’essentiel est que ces cheveux sont courts comme ceux d Harmodios. Je citerai bientôt d’autres tètes de la même période qui ont également les cheveux courts, mais exécutés suivant un procédé différent encore. — C’est au même temps qu’il faut aussi rapporter, je crois, un fragment de stèle publié par M. Conze : Att. Grabreliefs, 7, pl. VI, 1. Le sujet représenté est un homme barbu, lançant un javelot. On ne peut pas, tant le morceau est mutilé, en juger avec assurance : le trait principal à remarquer est que les cheveux et la barbe sont simplement massés, sans la moindre indication du détail. Ce procédé-là est exceptionnel dans l'art attique du vi° siècle (le seul exemple, je crois, serait la barbe du Moschop/tore) ; il se rencontre, au contraire, assez

rence entre 480 et 470. La tête Sabouroff aurait ainsi le rare intérêt de nous montrer, se prolongeant jusqu’en plein ve siècle, cet ancien art proprement attique dont les principales productions : frontons en pierre tendre, Moschophore, statue xoanisante , grande coré d’Anténor, forment une chaîne continue d'un bout à l’autre du siècle précédent. Nous le reverrions ici une dernière fois, à l’état pur ou presque pur. Ses caractères n’ont pas disparu, assurément, des œuvres voisines ; mais ils y sont désormais associés de la façon la plus intime avec des traits empruntés soit à l’art ionien ou à l’art de la Grèce occidentale; et, dans ce savant et heureux mélange, le souvenir des ancêtres indigènes ne s’impose plus d’abord à l’esprit. Ce souvenir, la tête Sabouroff le remet au premier plan, et, fort à propos, à la manière d’un affleurement de roc dans une plaine d’alluvions, nous rappelle le fonds primitif et solide qui porte tout le reste.

Les sculptures d’origine sûrement attique, de 480 à 450, sont peu nombreuses 1 , en conséquence de l’état de choses qui existait à Athènes durant cette période2; du moins dégagentelles une conclusion bien nette. Elles prolongent en droite ligne les deux séries entre lesquelles nous avons vu que se partageait la production de l’art attique avant 480 ; c’est à dire que les uns, parmi les sculpteurs d’Athènes, suivent la voie où l’influence de l’art ionien les a poussés, et les autres recherchent plus volontiers les exemples récemment venus des ateliers du Pélo-

fréquemment dans la première amitié du v* siècle : sur la stèle de Nisyros {Rev. arch., 1901, II, pl. XV), dans les frontons et métopes d’Olympie, et, en Attique, dans les quelques têtes qu’on trouvera réunies plus loin.

1. Je répète que j’en citerai quelques autres encore au chapitre suivant; mais on verra de reste que celles-là ne changent rien aux conclusions que j’indique ici. — Pour le dire en passant, il n’y a aucun supplément utile d’information à attendre des monnaies athéniennes. On sait que, pour leurs types monétaires, les Athéniens ont été extrêmement conservateurs (cf. Lermann, Athenutypen auf griech. Milnzen , p. 22). La tête d’Athéna, sur leurs monnaies du vi° siècle, est simplement une tête de coré archaïque. Cette tête prend un aspect un peu différent au ve siècle, et M. Lermann ( op . I., p. 24 sqq.) a démontré, grâce à une certaine découverte faite sur l’Acropole, que le changement fut postérieur à 480, sans qu’on puisse d’ailleurs préciser à quel moment il eut lieu dans la période 480-450. En tout cas, le type nouveau olfre un reflet des caractères propres à la sculpture attique de cette période (cf. Lermann, op. I., p. 32 sqq.), mais ne nous apprend rien que nous ne connaissions déjà d’une façon plus directe et par des œuvres plus importantes.

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