Cette tête doit être, en effet, postérieure à
3. A propos de la petite tête de notre fig. 42, M. Winter (,4rc/i. Jahrbuch , VIII, 1893, p. 150), dans le même passage où il la rapproche de la coré d'Eu- Lhydicos , évoquait aussi la Peilhô de la frise du Parthénon. Le rapport entre la coré d'Euthydicos et la tète de Peilhô avait été pareillement indiqué par M. Græf ( Athen . Mittheil ., XV, 1900, p. 36)
ÉPANOUISSEMENT DE l’aRT ATTIQUE
du ve siècle et qu’il avait commencé de se former en Attique (nous savons sous quelles influences) dès la période 500-480. D’autres enchaînements du même ordre se laissent aperce-
Fig. 44. — Tète d’une statue à’Êphèbe (Acropole).
voir çà et là, plus partiels, il est vrai, jusqu’à ce que de nouvelles découvertes viennent les compléter à l’égal du précédent; mais, comme il ne s’agit que de sculptures certainement trouvées en Attique, la rareté relative des sculptures de cette pro-
venance pour les trente années 480-450 rend leur témoignage d’autant plus probant. — Une tête barbue, un peu plus petite que nature, recueillie près de l’Acropole et conservée au Musée national d’Athènes1, précède et annonce certaines têtes de Centaures, encore archaïques, des métopes du Parthénon. — Une petite tête de femme, grossière de travail, qui est aussi au Musée national d’Athènes2, a été signalée par M. Arndt comme marquant une des étapes de la route qu’a suivie l’art attique, pour aboutir au type de la « Sapphô » de Madrid, en laquelle M. Furtwængler3 a voulu reconnaître une Aphrodite de Phidias4. — Pour ce qui est du costume féminin, le péplos que nous voyons dans la statue d 'Athéna sans tête et le relief Athéna au pilier , tous deux découverts sur l’Acropole5, est le premier essai, encore simple et un peu sévère, de celui de la Parthénos ou de la prétendue Lemnia 6. — Et dans la célèbre tête de Bologne, qui ne nous rend peut-être pas la Lemnia, mais est du moins la copie d’une œuvre attique de la seconde moitié du ve siècle, quoi d’étonnant que M. Furtwængler7 ait relevé des ressemblances avec plusieurs sculptures péloponnésiennes, s’il est vrai que le caractère un peu dédaigneux de la bouche évoque, à trente ou quarante ans de distance, la corê d' Eulhydicos, elle-même toute pénétrée des influences doriennes ?
Enfin, depuis que le fronton de la Gigantomachie a été reconstitué, et qu’on a pu se faire une idée exacte de cette œuvre décorative, ordonnée par les Pisistratides, on a dû s’avouer 8 que telles des plus hautes qualités admirées dans la
1. N° 96. Cf. Friederichs-Wolters, Gipsabgüsse, 105; Furtwængler, Coll. Somzée, p. 2, figure. — M. Furtwængler a rapproché, fort justement, cette tête athénienne d’une tête barbue, de l’ancienne collection Somzée (op. L, pl. Il), copie romaine d’une œuvre grecque archaïque. Mais il me paraît que l'original d’où dérive cette tête Somzée ne devait pas être daté de « 500 environ » : le dessin1 de l’œil, notamment de la paupière supérieure, indique une date plus récente.
2. N° 381. Cf. Arndt-Amelung's Einzelaufn., 1203-1204 (Arndt).