‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 297 sur 312 · S. fieinach, l. L, p · texte numérisé non relu

S. fieinach, l. L, p

2. N° 644. Hauteur, 0m,115. Cf. Avch. Jahrbuch , VIII, 1893, p. 146, figure (Winter) ; Mv^geïa --/p 'EXXâSoç, pl. XXXI, 4, en bas. — Je rappelle (cf. ci-dessus, p. 400, note 6) que M. Winter a proposé d’attribuer cette tête à un groupe, dont on a retrouvé quelques débris, lequel représentait un jeune homme débouta la tête de son cheval. Mais ce groupe serait antérieur à 480 ; or, il me semble que la tête doit être d’une date plus récente.

nuque, par une sorte de correspondance avec la verticalité du profil, et, de chaque côté, la joue très aplatie continue exactement la face latérale du crâne. Les jeux montrent un globe relativement petit sous deux paupières très épaisses ; la bouche close, sérieuse, repousse un peu les lèvres en dehors; la physionomie est fixée dans une immobilité grave. M. Winter', très justement, a comparé cette tète de jeune homme, pour l'esprit de son exécution, à celle de la coré il'Euthydicos. — Vient ensuite (fig. 43) une seconde petite tête1 2, dont les

Fig. 42. — Tète ('.'une statuette de jeune homme (Acropole).

cheveux aussi étaient simplement massés sur le crâne, mais, sur le front, étaient figurés par de minces fils de bronze tordus, de manière à donner l’illusion de mèches légères et frisées3.

2. N° 657. Hauteur, 0",125. Cf. Athen. Mitlheil VII, 1882, pl. IX, 1, p. 193 sqq. (K. Lange); XV, 1890, p. 20, n° 4 (Græfj; Mv/ijxsïa rr,; 'EXXiôo;, pl. XXXI, 1, en bas; Lepsius, op. /., p. 71, n’38 : marbre de l'aros. La tête était faite pour être vue de profil à droite; car elle est inachevée sur toute la partie gauche.

3. On compte 45 petits trous destinés à recevoir ces mèches de bronze; mais à gauche, les trous et, par conséquent, les mèches, au lieu de se continuer jusqu’à la tempe, s'arrêtent à hauteur du milieu de l’œil, la tête ne

ÉPANOUISSEMENT DE l’aRT ATTIQL'E

On ne se laissera pas tromper à son apparence grossière, laquelle est due aux mutilations du marbre ; elle est, en réalité, d'un travail large et facile, dénotant une main très sûre. Et je l'estime un peu moins ancienne que la précédente, à cause de quelques modifications survenues dans le dessin de la bouche et de la région des yeux. La bouche (détail important) est entr’ouverte, sans qu’il y ait sourire, d’ailleurs, puisqu’au contraire les lèvres un peu avancées donnent à la physionomie je ne sais quel air chagrin1. Quant aux yeux, si on considère la

Fig. 43. — Petite tête à frisures en bronze (Acropole).

forme du globe et l’épais bourrelet des paupières, on n’y trouvera pas de changement ; mais on remarquera que l’arcade

devant pas être vue de ce côté. — Comparer la tête colossale de déesse, peutêtre à' Aphrodite, qui est à Rome, au Musée des Tliermes, ancienne collection Boncompagni-Ludovisi (Ilelbig, Filhrer -, II, 927; Brunn-Bruckmann’s Denkmæler, 223; S. Reinach, Tètes antiques, pl. 20-21) : elle avait sur le front, outre les boucles frisées sculptées dans le marbre, un supplément de seize petites boucles rajoutées en bronze. — Autres exemples débouclés en métal associées à une chevelure en marbre : petite tête de femme, du musée de l’Acropole, n° 640 {Au mus. de l'Acrop., p. 236, n" 9, ûg. 24) ; petite coré d’Éleusis (Mus. nat. d'Athènes, 24), déjà mentionnée ci-dessus, p. 398, note 1.

1. Ce trait a été justement noté par M. K. Lange ( Athen . Mittheil., VII,

sourcilière, devenue plus forte et plus charnue, s’est comme abaissée, de façon à surplomber l’œil et à mieux l'enchâsser. — Ces deux traits se retrouvent, avec tous les autres déjà signalés, dans la troisième tête [fg. 44), qui provient d’une statue d’éphèbe, presque de grandeur naturelle1 : chevelure courte et seulement massée; crâne arrondi en haut, ne fuyant pas en arrière ; verticalité du profil et joues très aplaties; épais bourrelet des paupières sous une arcade sourcilière très rapprochée et surplombante; bouche entr’ouverte avec lèvres en dehors; physionomie neutre, n’exprimant ni joie ni chagrin, mais à laquelle, par suite d’un certain accent indéfinissable des coins de la bouche, on est en droit pourtant d’attribuer un air légèrement maussade. Et les traits que je viens d'énumérer, nous les voyons ici, non plus hésitants, mal formés ou exagérés, susceptibles encore de progrès, mais bien achevés, précisés, définitifs, en exacte conformité avec le vouloir de l’artiste, absolument maître de son métier, qui les a fait venir sur le marbre2.

Il y a entre ces trois têtes une parenté évidente ; elles se tiennent toutes trois, à intervalles inégaux, sur la ligne droite que trace le développement régulier du type auquel elles ressortissent. Or, la dernière [fig. 44) est déjà tout à fait, peut-on dire en abrégé, une tête du Parthénon : elle offre une fraternelle ressemblance avec les têtes de certains jeunes cavaliers ou de jeunes dieux, voire d’une déesse comme Peithâ, dans la frise de Phidias; cependant que la première (fg. 42) tient de si près àl 'Ephèbe blond et à la corfi d'Euthydicos. Je ne crois pas qu’on puisse contester l’enchaînement rigoureux qui existe entre cette série de marbres3, par quoi il apparaît que le style de Phidias, en ce qui touche la manière de figurer les traits du visage, s’est graduellement constitué durant la première moitié

1. N” 693. Cf. Brunn-Bruckmann's Denkmæler , 461, A\ Lepsius, op. L, p. 71, n” .39 : marbre de Paros. — C’est cette tête qui avait été jadis replacée fcf. Alhen. Mittheil ., V, 1880, pl. 1) sur le torse de la statue A'Ëphèbe 698 (cf. ci-dessus, p. 453, fig. 38), avant que la véritable tête de celle-ci eût été retrouvée.

Page 1