‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 41 sur 312 · Cf. A/hen. Mittheil., XIII, 1888, p. 1 17-11S (Win ter · texte numérisé non relu

Cf. A/hen. Mittheil., XIII, 1888, p. 1 17-11S (Win ter

FRONTON DE L’OLIVIER

vier, je n’ai pas l’intention de le présenter comme le plus récent de tous. Celui-là reste hors cadre, parce qu’il est tellement mutilé, réduit à un si petit nombre de fragments, surtout en ce qui concerne les personnages humains1, qu’on ne se trouve pas posséder les moyens d’un jugement assuré. Le nom même que je lui donne est emprunté à un accessoire, et le sujet véritable nous échappe.

Ce sujet avait un curieux caractère pittoresque ; car le motif central en était fourni par un édifice dorique figuré en fort relief, avec sa corniche à mutules décorés de gouttes, et son toit où alternent les tuiles plates et les files de couvre-joints ; dans l’aile gauche (par rapport au spectateur) s’allongeait un mur bas, qui devait partir de l’édifice même, comme le mur d’un enclos contigu à un temple ; et au dessus de ce mur se dressent à l’arrière-plan les rameaux feuillus d’un olivier, figurés non pas en relief, mais par une gravure en creux sur le fond même du tympan. Contre le mur de l’édifice est représentée de profil une femme debout, vêtue du péplos et de l’himation ; la tête manque et le bas des jambes a également disparu. Contre le mur d’enclos était représenté un homme debout, de profil aussi et dans la même direction ; il n’en subsiste plus qu’une jambe nue, fort mutilée2. — L’identification de l’édifice nous aiderait grandement à découvrir le sujet du fronton entier ; M. Wiegand pense à la fois à un temple et à une fontaine monumentale, comme les peintures de vases nous en montrent quelques exemples. Si c’était une fontaine, la pensée se porterait le plus naturellement vers l’épisode célèbre de Polyxène, Troïlos et Achille; si c’était un temple, ce serait probablement l’ancien Érechtheion, dont l'enclos voisin, appelé Pandroseion, renfermait l’olivier sacré d’Athéna. Cette dernière hypothèse n’est pas seulement séduisante; elle s’adapte mieux que l’autre aux indications matérielles qui résultent des rares fragments conservés3. En ce cas, le reste du sujet aurait été vraisemblablement constitué par une procession religieuse : hommes et femmes en deux files, l’une à droite, l'autre à gauche, se dirigeant vers l’entrée du sanctuaire; et le geste

1. Cf. Wiegand, op. L, p. 197 sqq., fig. 214-221, pl. XIV (en couleur).

2. Tous les fragments proviennent de l’aile gauche du fronton ; on n’a rien retrouvé de l’aile droite.

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