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La sculpture aux Salons de 1896

Yous tenez une trop grande place dans ce livre pour que je ne vous prie pas d'en accepter la dédicace.

Yous y apparaissez sous votre aspect si complexe de chantre éperdu de la Beauté, de Poète profond de la Mort, d'interprête troublé de la Yie, et vous n'y êtes pas cependant tout entier. Le grand ouvrier des étains et des bois y semble oublié.

Mais que vous importe !

Ces pages dureront moins que votre œuvre et n'ont d'autre ambition que de vous dire mon admiration et mon amitié.

Armand SILVESTRE

31 Mai 1896.

Et, clef d’or ouvrant les Sésames,

Tombeau des mythes outragés,

Il fait revivre pour nos âmes,

La Déesse des pas légers.

Comme un papillon sur la rose,

Comme sur la bouche un baiser,

C’est sans avoir l’air d’y poser Que son pied sur le sol se pose.

Comme les oiseaux et les fleurs.

Aérienne dans l’espace.

Radieuse et séchant les pleurs.

Devant nos regards elle passe.

C’est l’image de la gaîté,

C’est le sourire de la vie ;

Car, au rythme seul asservie.

Son génie est la Liberté !

N’obéissant qu’à la cadence Dans son élan capricieux.

C’est la Déesse de la danse Qu’un beau rêve rend à nos yeux.

Comme, au ciel clair, les nuits sans voiles, Sur les firmaments grands ouverts.

Ecrit la loi des univers La marche auguste des étoiles.

Le front ceint d’étoiles aussi,*

Terpsicore, sœur d’ Uranie,

Dans un ciel hélas ! obscurci,

Réveille l’antique harmonie .

Car ses filles au cœur fervent, Désespérément charmercsses,

Restent les dernières prêtresses Du seul culte resté vivant.

Vestales aux vœux peu sévères,

Elles gardent le feu divin.

Comme on respire, au fond des verres, L'haleine exquise d’un vieux vin.

De même que votre modèle,

Consolant nos sorts odieux.

Vous êtes les enfants des Dieux, danseuses à votre art fidèles !

SYAMOUR

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