BLANCHARD
PHRYNE
Toi qui, devant l’aréopage, Faisant taire les bruits discords, Ouvris, à la plus belle page,
Le beau poème de ton corps,
Toi qui, par les sots méconnue,
A travers un peuple étonné,
Montras, dans sa probité nue,
Ta splendeur vivante, ô Phryné.
En révélant ainsi tes charmes A l’universelle clarté,
Tu vainquis par les nobles armes De l’Amour et de la Beauté,
Prosternant la foule interdite,
Ainsi qu’aux marches d’un autel,
Tu fis de Vénus Aphrodite Triompher le culte immortel.
Comme Amphion vainqueur des faunes, Par le pouvoir divin des luths ,
Tu vis se courber les fronts chauves Et frémir les fronts chevelus.
Plus haut que le vol des lois vaines Des regards tu grandis l’essor,
Mettant un frisson dans les veines Où le sang viril coule encor.
Et c’est pourquoi ta noble image Que revêt seule sa clarté Se dresse encor devant l’hommage Du temps et de l’Humanité l
Mlle CLAUDEL