LA VAGUE
Pareille à la vague aux longs plis, Au souffle d’une obscure houle,
La Femme replie et déroule Les splendeurs de son corps de lis.
Et sa chevelure est pareille,
Avec son onduleux essor,
A l’écume où le soleil d’or Verse sa caresse vermeille.
Sa croupe a les bonds incessants Des flots que l’orage châtie Ou, de langueur appesantie,
Le nonchaloir des flots dormants.
Sans doute en quittant l’onde amère Astarté rythma les accords Harmonieux de son beau corps Sur les mouvements de sa mère.
Car depuis les temps révolus,
Dans l’amour comme dans la danse, La Femme a gardé la cadence Lente des flux et des reflux ;
Et du ciel profond jusqu'aux grèves Où la pourpre du soir descend,
Berce comme un flot incessant, L’amère douceur de nos rêves.
Pareille à la vague aux longs plis, Au souffle brûlant des caresses La Femme aux grâces charmeresses Déroule son beau corps de lis.