EXTRAIT DU JOURNAL OFFICIEL
nom de Tor. N'est-ce pas ainsi qu'ils ont désigné Tor au moins par quatre noms différents, ce qui a donné à M. Lepsius ridée que Tun de ces noms s'appliquait spécialement au mélange d'or et d'argent, appelé électrum dans l'antiquité, et dont M. Schliemann vient de trouver des spécimens si nombreux en Troade? De même le cuivre et les différentes espèces de bronze sont désignés par des groupes assez nombreux. Le nom du fer est très-controversé.
Pour élucider le problème, il faudrait, à côté d'un instrument qui ne pourrait être que du fer, ou dans un texte s'occupant de cet instnunent, trouver le nom cherché. M. Chabas croit y être parvenu. Ce nom serait Ba ou Baa. M. Dévéria a donné la Uste des amulettes utilisées dans l'opération mystique qui consistait à ouvrir la bouche et les yeux du mort. L'ouverture, suivant un texte du Louvre, se faisait avec divers instruments, l'un desquels a la forme d'une cuisse d'dnimal, et doit être de Baa. Notre musée possède justement un objet de cette forme, et il est de fe*. Un instrument employé également à l'ouverture de la bouche avait la forme d'une hachette et s'appelait Nou. La collection du Louvre possède plusieurs exemplaires de ce type ; l'un d'eux a un manche d'ivoire, la lame, la douille et la goupille en fer ou en acier ; l'autre a un manche de bois dur j il a perdu sa lame, mais conserve encore sa douille et sa goupille de fer.
Les textes appellent aussi cet outil Nou d'Anubis. Ce
Dieu, comme on sait, préside aux cérémonies de la momification et des funérailles.
Une belle stèle du musée de Leyde, récemment publiée par M. Leemans, prouve d'une manière décisive, suivant M. Chabas, que le nom du fer est baa. Cette stèle est celle d'un gardien du trésor de Memphis. Elle n'est pas datée par un cartouche, mais elle présente tous les caractères de la bonne époque pharaonique (de la dix-huitième à la vingtième dynastie). Dans l'une des scènes de cet important monument, on voit le défunt debout devant quatre plateaux chargés d'oflrandes. Au-dessus est un tableau qui donne le détail des objets offerts, au nombre de plus de soixante espèces, par lesquels il y a cinq noms. M. Chabas traduit ainsi les cinq légendes, où il ne rencontre, dit-il, aucune difficulté.
« I . — Nou d'ivoire à lame de baa (fer) , selon son nom. Nou I.
« 2. — Nou de bois d'ouan, à lame de baa (fer), son nom Oerhakou. Nou i.
«3. — Nou d'ivoire, à lame de baa (fer), son nom Neterha. Nou 1.
a 4. — Nou de bois dô Mer, à lame de baa (fer), son nom Anubis. Nou i.
« Ç. — Nou d'ivoire, à lame de baa (fer), son nom Lève-main. Nou i. »
On le voit, la lame de tous ces instruments est du métal