ACADEMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
Présidence de M. Ch. JOURDAIN.
M. Adrien de Longpérier lit un mémoire de M. Chabas, de Chalon-sur-Saône, sur le nom du fer chez les anciens Egyptiens.
On se souvient peut-être que récemment M. Soldi présentait à l'Académie des observations intéressantes sur l'emploi du fer pour la taille, la gravure et l'ornementation des roches extrêmement dures qui servaient, sous les Pharaons, aux monuments et aux œuvres d'art. iM. Soldi a
découvert, par Texamen direct des statues, des hiéroglyphes et des tombeaux, que les Egyptiens non-seulement connaissaient le fer et Tacier, mais quils s'en servaient, contrairement à Topinion reçue, dans la construction des édifices sacrés; il a même décrit les espèces diverses d'instruments^ la masse, la pointe, le ciseau, dont il a reconnu les traces sur les monuments.
La note de M. Chabas a un objet différent, mais on peut prévoir qu'elle amènera sans tarder des résultats intéressants pour la thèse que soutient M. Soldi. M. Chabas croit avoir découvert le nom spécial donné par les hiéroglyphes au fer. Ce nom serait J5^ ou Baa; il ne s'appliquerait ni au cuivre, ni au bronze, ni au plomb, ni à aucun alliage.
M. Lepsius a consacré un mémoire à la question du nom des métaux chez les Egyptiens, et ce mémoire a cté complété par des observations de M. Diimichen ; M. Dévéria a inséré dans les Mélanges d'ég/ptologie et d'assyriologie, fondés par M. Em. de Rougé, un article important sur le nom et les emplois du fer et de Tacier. Toutefois, Tétude des inscriptions a laissé chez les égyptologues plus d'un point obscur ou contesté. Cela se conçoit : les Egyptiens n'étaient, à proprement parler, ni métallurgistes, ni minéralogistes; ils se servaient de données empiriques. Leur classement des métaux ne nous offre donc pas une prise bien solide. M. Chabas signale l'exagération ordinaire des textes hiéroglyphiques, où tout ce qui est doré, par exemple, prend le