‹ La sculpture égyptienneChapitre 36 sur 46 · CAMPOS UBI TROJA FUIT · texte numérisé non relu

CAMPOS UBI TROJA FUIT

ARMi les objections qui ont été adressées à M. Schliemann pour lui prouver qu'il n'avait point trouvé les restes de Troie, il en est une qu'il est bon de mentionner, car il me semble que, loin d'infirmer la découverte, elle plaide en sa faveur. On a dit que les objets recueillis dans la seconde couche des décombres d'Hissarlik remontaient probablement au xvii*, peut-être même au xviii" siècle avant l'ère chrétienne, et qu'ils se rapportaient à l'âge de bronze, tel qu'il se manifeste dans toute l'Europe. Ceci ne serait sérieux que si la date habituellement attribuée à la prise de Troie (1184 avant J.-C.) était

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appuyée sur un document quelconque. Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette objection, qui semble contradictoire au premier abord, est en concordance exacte avec toute Viliade, qui appartient, sans contestation possible, à rage de cuivre. Le mot chalcos, que Ton traduit par cuivre, bronze, airain, est le seul employé par Homère lorsqu'il décrit les armes offensives et défensives; le mot sidiros, qui signifie exactement fer, est presque toujours suivi de Tépithète polykmitos, difficile à travailler ou qui a coûté beaucoup de travail.

C'était une richesse; Dolon, lorsqu'il est pris par Ulysse, offre, en rachat, du fer; Adraste promet à Ménélas, s'il veut lui laisser la vie, a du cuivre, de Tor, du fer difficile à travailler • . On semble l'avoir gardé, à cette époque, pour les travaux de l'ag^riculture. Lors des jeux en l'honneur de Patrocle, Achille, montrant le bloc de fer qu'il s'agit de lancer, dit : « Celui qui le gagnera aura du fer pendant plus de cinq années ; quand même il posséderait des champs étendus, ses bergers et ses laboureurs ne seront point contraints d'aller en acheter dans les villes, car ils en auront suffisamment. » Bien longtemps après cette époque, dans le traité. de paix que les Romains conclurent avec Porsenna, il fut juré que le fer serait désormais exclusivement réservé à l'agriculture (Pline, XXXIV, ch. 14). L'art de bien forger le fer fut une des causes des succès militaires des Romains ; nos pères, les Gaulois, en firent la dure expérience.

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