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CHAPITRE XVIII

FRANCE

Le cycle de l’art plastique. — La sculpture religieuse chez les Grecs et chez les modernes. — Les maîtres gothiques. — Le travail dans l’atelier. — Au temps des corporations d’imagiers. — David d’Angers dans la cathédrale de Chartres. — Le rationalisme et la sculpture religieuse. — Une parole de Hegel. — Aucun genre en sculpture n’est moins indépendant de l’enceinte architecturale que l’art religieux. — Des Iliades de pierre. — Le terme dernier de la sculpture est la manifestation du divin. — M. Alfred Lenoir ■ Christ au tombeau. — M. Gautherin : la Vierge immaculée. — M. Schœnewerk : Saint Thomas d’Aquin. — M. Guillaume : Baptême de sainte Valère par saint Martial; Sainte Valère condamnée au martyre; Martyre de sainte Valère; Sainte Valère apparaît à saint Martial; statue de Sainte Valère; Saint Louis. — M. Falguière : Tarcisius.

Nous diviserons les œuvres plastiques que renferme la section française, en sculptures religieuses, historiques, allégoriques et ironiques. C’est ainsi qu’il nous plaît de procéder toutes les fois que nous franchissons le seuil d’un musée. Or, la section française a les proportions d’un musée. Tous les genres s’y trouvent représentés par des marbres de valeur, et nous ne pouvons mieux faire

que d’appliquer à son analyse une méthode logique et sans lacunes.

Il est vrai, la sculpture d’animaux n’est pas comprise dans l’énumération qui précède; mais Barye est mort, et ses proches n’ont rien voulu mettre sous nos yeux qui pût rappeler ce sculpteur. Quant à MM. Frémiet, Jacquemard, Rouillard et Caïn, nous avons déjà parlé de leurs ouvrages dans notre description du Trocadéro.

En fait, la sculpture d’animaux est absente du Champ de Mars. Nous aurons donc parcouru le cycle de l’art statuaire si quelque occasion nous est offerte, par l’école française, de traiter d’une œuvre individuelle, typique, historique ou religieuse. Car il ne faut pas l’oublier, l’art de Phidias se renferme dans ces limites. Le statuaire n’est pas, comme le peintre, sollicité par le jeu de la lumière à travers l’espace, par la majesté de la forêt, la grâce éphémère de la fleur ou du roseau. La nature physique dans ses manifestations les plus nombreuses échappe au ciseau du sculpteur. En retour, le divin lui demeure accessible au même titre qu’à tout homme de génie, et de plus, c’est au sculpteur qu’il appartient de saisir et de fixer pour les siècles les vertus d’un peuple, le type d’une passion, l’individualité d’un grand citoyen.

Si nous observons le développement des quatre genres entre lesquels se divise l’art plastique, nous constatons que la sculpture religieuse est la plus délaissée chez les modernes.

Pourquoi?

N’est-ce donc pas au contraire la sculpture religieuse qui tint le premier rang chez les Grecs? Il y a plus, l’art du statuaire, à Corinthe ou à Athènes, puisa son principe

dans la religion elle-même. Sans doute le paganisme a vécu. « Une religion spiritualiste, dit Hegel, peut se contenter de la contemplation intérieure et de la méditation; les ouvrages de sculpture sont alors regardés comme un luxe et une superfluité, tandis qu’une religion qui s’adresse aux sens, comme la religion grecque, devait produire incessamment des images1. » Le christianisme est spiritualiste par essence. La prééminence de l’âme sur le corps découle de chacun de ses dogmes, et nous convenons volontiers que l’image tangible, la représentation de l’homme dans l’étendue avec la totalité de ses dimensions corporelles est plus difficilement en relation exacte avec l’impalpable, l’idéal, le divin, que ne pourrait l’être par exemple l’œuvre du peintre. Celle-ci, en effet, n’occupe qu’une surface; elle "échappe au toucher; elle vit de fictions. L’apparence, qui est la poésie de la réalité, constitue sa force et lui donne de séduire le regard.

Cependant, le christianisme a eu ses sculpteurs. Les gothiques datent d’hier. Leurs images sont vivantes. Ce ne sont pas nos maîtres d’œuvres, nos architectes du moyen âge qui auraient jamais taxé la sculpture de superfluité.

Les cathédrales sont peuplées de symboles en pierre vive, et si parfois l’inexpérience du ciseau se trahit dans les proportions d’une figure modelée, en retour quelle puissance, quelle sève, quelle personnalité dans la plupart de ces conceptions suaves ou grandioses que notre sol français compte encore par milliers !

1 Hegel. Esthétique, trad. franç. par Ch. Renard. Deuxième édition , Paris, Germer Baillière, 1875, 2 vol. in-8°, tome I, p. 461.

Si donc une religion spiritualiste a trouvé des statuaires éminents et nombreux à tels siècles de son histoire, on ne doit pas s’en prendre à ses lois le jour où la sculpture déserte les temples.

La cause de cette désertion doit être cherchée ailleurs. D’une part, l’Occident a cessé de construire des cathédrales et des monastères; de l’autre, les artistes ont voulu travailler isolément.

Aujourd’hui chaque peintre, chaque sculpteur a son atelier. Nous ne prétendons pas que cette coutume ait rien de singulier. L’homme d’étude travaille-t-il sur la place publique ? Est-ce que ces lignes ne sont pas tracées loin du bruit, sur une table qui n’appartient qu’à nous, et que nous pourrions comparer au chevalet du peintre, à la selle du sculpteur?

D’accord.

L 'inspiration vit de recueillement. L’homme qui veut interroger sa pensée a besoin de solitude, et nous inclinons à croire qu’à toutes les époques, depuis Phidias jusqu’à Rude, les statuaires comme les peintres ont dû posséder leur atelier. C’est là que, dans le silence, lorsqu’ils étaient seuls avec leur génie, de grandes œuvres ont été projetées par eux, conçues, mises au jour et longuement caressées.

Mais à de certaines heures, l’artiste du moyen âge ouvrait la porte de sa maison, et il s’en allait trouver les grand’gardes, les gardes en charge, le doyen de l’année, les chefs qu’il avait élus et placés à la tête du « corps de communauté ». — Voilà ce que j’ai composé, disait-il à ses chefs, et il déroulait l’esquisse dessinée d’une frise, d’un fronton, d’une porte gothique. Le drame mys-

tique entrevu par l’artiste renfermait des personnages innombrables. L’exécution plastique de cette œuvre réclamait un labeur gigantesque. Les grand’gardes, les gardes et le doyen entraient en conseil, et le lendemain cent hommes, cent imagiers, la plupart déjà maîtres, gravissaient l’échafaud qu’on avait dressé devant la porte du Jugement ou la porte Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris, et là, dirigés par l’artiste qui les avait appelés, ils entreprenaient de faire vivre la pierre des voussures et des galeries.

Ainsi se passaient les choses au temps d’Étienne Boileau. Non-seulement les prud’hommes du métier pouvaient assurer à l’artiste, au maître d’œuvre le concours dévoué de ses pairs devenus ses disciples ; mais en ces temps héroïques, on n’obligeait pas le granit à pénétrer par fragments dans d’étroits réduits, on allait de soi-même vers l’édifice. On se suspendait à ses flancs, et pendant des mois, des années, quelquefois des siècles, le monument impassible voyait se succéder des générations d’imagiers, enthousiastes, fiers de leur tâche, incapables d’en être distraits avant que la parure du temple fût achevée.

Nous avons désappris cet usage. Le travail augrandjour, l’exécution de l’œuvre peinte et de l’œuvre plastique à la place qu’elles doivent occuper n’est plus dans nos mœurs. Il nous faut les divans d’un salon alors que nos pères savaient vivre sur une planche , à cent mètres du sol. Cette réforme n’a pas été féconde. Le peintre y a perdu 1 habitude de la fresque, à laquelle il substitue de nos jours des toiles marouflées; le statuaire a perdu à cette révolution tout un genre de sculpture : l’art religieux.

Direz-vous que cette assertion manque de justesse?

Comment expliquer alors qu’avec une science inférieure à la nôtre, une esthétique moins vaste, moins raisonnée que celle possédée par nous, les gothiques nous aient sur" passés dans l’interprétation du divin?

Je le sais, plusieurs maîtres de ce temps ont cherché la cause de cette décadence de l’art religieux en sculpture et l’ont voulu voir dans le déclin des croyances. Ce serait au rationalisme de nous rendre compte des défaillances du ciseau de nos artistes lorsqu’ils sont en face d’une Pietà ou de quelque scène de la Bible. L’un des statuaires dont nous parlions tout à l'heure ayant achevé d’écrire plusieurs pages éloquentes sur les sculptures de la cathédrale de Chartres, David d’Angers s’exprime en ces termes : « Adieu, charmantes figures sculptées autour du chœur, qui rappelez la vie si touchante du Christ... Devant vous, je me sens près de verser des larmes; j’ose à peine lever les yeux jusqu’à vous, car je suis un homme qui doute1. » Soit; le doute a pu appauvrir la source inspiratrice d’où jaillit dans l’âme du statuaire l’art religieux; mais l’art religieux n’est pas l’art total. Et nul ne voudrait prétendre que le génie des hommes supérieurs a subi quelque atteinte. Si leur activité s’est déplacée, elle n’est point tarie. L’œil de l’artiste depuis Adam discerne ce que l’homme vulgaire ne voit pas. Son intelligence est toujours le creuset où se fondent, à la flamme de sa pensée , ces œuvres surhumaines qui semblent un reflet de l’infini. Et la foi n’est pas absolument en cause dans cette opération de l’esprit. L’image de Psyché ou de

1 David, d’Angers, sa vie, son œuvre, ses écrits, etc., ut supra, tome II , p. 264.

Prométhée peut émerger du marbre sans que l’homme habile qui lui donne sa forme ait foi en l’existence de ces êtres. Nous admettons donc que le rationalisme ait pu diminuer le nombre, mais non pas la valeur des pages religieuses sculptées par les modernes. Est-ce que l’artiste n’a pas le choix de son sujet? Lorsqu’il aborde un genre de composition, il le fait de son plein gré; ce n’est point le rationalisme qu’il faut rendre responsable de l’infériorité de la sculpture religieuse à notre époque. Ecoutez plutôt le philosophe ;

<( L’image façonnée par la sculpture reste dans un rapport essentiel avec les objets qui l’environnent. On ne peut faire une statue, un groupe, encore moins un basrelief, sans prendre en considération lejieuoù ils doivent être placés. Et déjà cette appropriation à la nature extérieure, à la disposition de l’espace ou du local, doit exister dans la conception première 1 . »

Tel estle grand principe oublié, la loi dont les modernes ont voulu s’affranchir, et du même coup ils ont rapproché les frontières de l’art, amoindri l’horizon, constitué à leur préjudice l’inaptitude, quand par ailleurs la science les faisait plus puissants.

Aucun genre, en sculpture, n’est moins indépendant de l’enceinte architecturale que l’art religieux. L’image de la Divinité veut être vue dans le temple. Ce n’est pas nous qui posons la règle; les Grecs l’ont observée les premiers. N’est-ce pas dans le sanctuaire antique, la cella, que l’on plaçait les statues des dieux? Les métopes, les frises, les frontons où se trouvaient racontés les actes des

1 Hegel, Esthétique, etc., ut suprà, tome I, p. 395.

demi-dieux et des héros formaient corps avec l’édifice. C’est dans le marbre du Parthénon que les sculpteurs d’Athènes ont écrit la genèse de Minerve, comme après eux les gothiques, dans la pierre de nos cathédrales, le Pèsement des âmes ou la vie des prophètes.

Qu’y a-t-il donc de surprenant qu’une oeuvre modelée perde toute harmonie lorsqu’elle passe de l’atelier du statuaire dans une cathédrale? Des dissonances imprévues, fatales, se révèlent dès le premier instant. C’est que la cathédrale est elle-même oeuvre d’art. Elle est un poëme magnifique, une épopée pleine de grandeur. Essayez donc, si vous l’osez, d’ajouter un chant à Y Iliade. Ces Iliades de pierre , que des Homères innomés ont dispersées.à travers l’Europe, n’ont nul besoin de statues exécutées loin d’elles par des maîtres qui n’ont pas vécu sous leurs voûtes. Ceux que le demi-jour de l’ogive, la lumière mystérieuse des vitraux, la poésie du temple, en un mot, n’a pas séduits, sont incapables d’ajouter eux-mêmes une stance, un seul vers, à l’hymne que leurs aïeux ont chanté. Vienne un peuple qui élève de nouveau des basiliques, si les statuaires témoins de ce mouvement national savent quitter leurs ateliers pour concourir à la décoration du temple; si surtout un seul maître digne de ce nom les dirige, la sculpture religieuse pourra revivre. Hors de là, nous verrons sans doute quelques artistes produire des œuvres , remarquables, mais la beauté désespérante des cathédrales découragera le plus grand nombre : on n’ajoute pas à ce qui est parfait. Enfin le mode de travail qui prévaut aujourd’hui, et, si l’on veut, le rationalisme qui éloigne de tout culte, rendent difficile le réveil ou le développement du genre religieux en sculpture. Or, ce

n'est point, il s’en faut, une des branches secondaires de l’art. Nous avons vu, c’est Hegel qui l’aflirme, que la sculpture elle-même a pour principe la religion, ce qui revient à dire que son terme dernier est, à des degrés divers, la manifestation du divin.

Nous serons bref sur le Christ au tombeau de M. Alfred Lenoir : c’est une oeuvre achevée, que nous avons décrite en son temps1, et qui fait grand honneur au jeune artiste.

La Vierge immaculée de M. Gautherin est d’un beau style. Le statuaire a condensé sur les traits du visage une expression sereine unie à un caractère d’idéalité qui fixe le regard. Il n’y a pas jusqu’au voile, au tissu léger, posé sur la tête de la Vierge qui ne parle d’innocence et n’impose le respect. Le calme du sanctuaire ne sera pas troublé par l’image virginale que vient de sculpter M. Gautherin.

M. Schœnewerk a représenté Saint Thomas d'Aquin orateur. L’artiste nous permettra de regretter que les lèvres du personnage soient entr’ ouvertes : ce détail nuit, selon nous, à la majesté de la tête. Le geste suffisait à marquer l’action, et le marbre s’accommode plus volontiers de l’attitude qui suit un mouvement oratoire que de celle qui souligne la parole.

M. Guillaume expose le modèle des bas-reliefs qui ornent l’église Sainte -Clotilde, et dans lesquels il a retracé la vie et la mort d’une jeune vierge de Limoges, sainte Valère. Le Baptême de sainie Valére par saint Martial est une composition dans laquelle domine la figure

Voir notre ouvrage : la Sculpture au Salon de 1877, p. 43.

de l’évêque. Ses traits sont expressifs, et la scène, pleine de simplicité, est sobrement rendue. Sainte Valère condamnée au martyre, tel est le thème du second bas-relief. Ici la jeune vierge concentre tout l’intérêt. Son juge semble l’inviter avec instance à ne pas persévérer dans sa foi; mais elle, avec le calme et la dignité qu’elle puise dans ses croyances, se retire du prétoire sans faiblir. La sentence est exécutée. Nous assistons au Martyre. Un soldat aux formes athlétiques s’est approché de la jeune fdle; d’une main brutale il écarte la longue chevelure qui ruisselait sur ses épaules, et il va séparer la tête. Valère lève les bras au ciel tandis qu’un ange pose une couronne sur son front. Sainte Valère apparaît à saint Martial. Elle porte sa tête dans ses mains et s’achemine, guidée par deux anges, vers l’évêque de Limoges. Pareil sujet réclamait beaucoup de tact et d’adresse chez l'artiste : un personnage décapité devient aisément hideux. M. Guillaume, sans sortir de la lettre même du récit, a su maintenir sa composition dans une gamme harmonieuse et sévère qui captive la pensée. Et le couronnement de ces épisodes douloureux est dans l’image glorieuse de Sainte Valère, debout, l’œil radieux, la palme et l’épée dans les mains. Deux anges effleurent ses épaules de leurs doigts légers, et la symétrie de leurs corps aux profils inclinés, le style élégant et grave de l’image principale, nous ont fait songer aux gothiques.

Signalons, du même statuaire, le Saint Louis du Palais de justice. Il est représenté sous le chêne légendaire de Vincennes, et l’expression de ses traits, non moins que son geste d’apaisement, disent la lutte intérieure du juge.

Mais l’image d’un second martyr que sa jeunesse rap-

FRANCE.- SCULPTURE RELIGIEUSE. 177 proche de sainte Yalère appelle notre étude. C’est Tarcisius que M. Falguière a sculpté, couché sur le sol, les mains croisées sur la poitrine, le regard éteint, les lèvres muettes, mais le front lumineux.

« — Mon jeune âge sera ma meilleure protection. » Et il avait reçu des mains du pontife l’hostie sainte, enveloppée dans un linge blanc. Un grand massacre était annoncé. Les chrétiens allaient être livrés aux lions. Rome, la cité païenne, était tumultueuse...

Tu garderas fidèlement ces dons sacrés, lui dit le prêtre.

Je périrais plutôt que de les livrer, avait répondu Tarcisius.

Son historien raconte qu’après avoir fait au pontife un salut profond, il partit, emportant le viatique aux condamnés. Comme il traversait d’un pas rapide les rues de la vieille Rome, chemin faisant, non loin de la porte d une vaste maison, la maîtresse du logis, riche matrone sans enfants, le vit venir, et fut frappée de la beauté de ses traits.

Arrête un instant, dit-elle en se plaçant sur son chemin; dis-moi ton nom, mon enfant, et apprends-moi où demeure ta famille.

Je me nomme Tarcisius; je suis orphelin, réponditil avec un sourire.

— Alors, entre dans ma maison et prends-y quelque repos ; que n’ai-je un enfant comme toi !

I as maintenant, noble dame, je ne puis entrer aujourd’hui.

Alois promets-moi du moins de venir demain; cette demeure est la mienne.

— Si je vis demain, je viendrai, dit l’enfant.

Et il s’éloigna, se dirigeant vers la prison. Mais, à la rapidité de sa démarche; à l’attitude qu’il gardait, ayant les mains posées sur sa poitrine; à la clarté joyeuse de son regard, Tarcisius trahit l’objet de sa mission. Quelqu’un l’arrêta. L’enfant voulut résister et fuir. On le retint. Sommé de dire ce qu’il cachait avec tant de soins, Tarcisius n’en voulut rien faire. La foule se rua sur lui. L’adolescent tomba, préférant mourir sous les coups que de livrer le corps du Christ.

M. Falguière a merveilleusement traduit ce drame où tout est rayon. Son marbre apaisé parle de conviction, d’héroïsme, de candeur, de joie, d’impuissance et de beauté.

C’est d’une main savante que l’artiste a su répandre sur l’image de l’enfant martyr toutes les séductions que comporte un jeune corps vêtu de la robe prétexte. Ce fut le meilleur succès de M. Falguière au Salon déjà lointain de 1868. Nous attendons de l’habile statuaire une nouvelle œuvre d’un style aussi pur, aussi franc. Jusqu’à ce jour, M. Falguière n’a rien produit de comparable à sa statue de Tarcisius.

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