‹ La sculpture espagnoleChapitre 44 sur 82 · DESCENTE DE CROIX · texte numérisé non relu

DESCENTE DE CROIX

(Vieille Castille.)

de los Pardos, dans la collégiale de Salas, sans parler de retables de moindre importance disséminés dans des édifices religieux des environs de Léon et d'Oviedo.

Sanchez Barba, né près de Burgos, dans le premier tiers du xvu^ siècle, taille les statues de saint Pierre Nolasqiie et de saint Pierre Pascual^ et surtout un superbe Christ à l'agonie; il meurt à Madrid, en 1670. Antonio Herrera Barnuevo, né à Alcala de Henares, travaille à Madrid dans les mêmes années; sa réputation fut éclipsée par celle de son fils Sébastian. Geronimo Hernandez, né à Séville, élève de Pedro Delgado, fit, d'après Pacheco, une étude approfondie de l'anatomie; on lui doit un saint Jérôme pénitent^ conservé dans la cathédrale de sa ville natale, que Ponz prit pour une œuvre de Torrcgiano; ses statues de saint Dominique et de sainte Catherine de Sienne agenouillée à ses pieds, du couvent des religieuses de la Mère de Dieu de Séville, sont dignes de sérieux éloges. Francisco de la Dehesa sculpte, en 1673, les deux beaux médaillons du cloître de Saint-Ildefonse de Alcala de Henares, représentant : Tun le cardinal Cisneros^ Tautre saint Thomas de Villanueva. Un artiste anonyme taille, pour une église des Castilles, une Descente de croix (fig. 91), d^un beau caractère, aujourd'hui disparue; un autre, est Fauteur d'un saint François d'Assise (rig. 92), de premier ordre, recueilli par le musée de Valladolid.

Il n'est que juste de faire une place à part à un artiste sévillan de cette époque, Hinestrosa, qui s'adonna à la sculpture des animaux, spécialement des animaux de basse-cour, qu'il taillait dans le bois ou modelait en

ÉPOQUE MODERNE

terre avec une rare perfection. Il exécuta de la sorte des agneaux, des corneilles, des colombes, des poules, des perdrix, des moutons, des chèvres, des chiens, etc. H inestrosa eut trois tilles, qui suivirent la profession paternelle et laissèrent aussi de nombreux témoignages de leur talent en ce genre spécial. Leursproductions sont cependant devenues rares, tant à cause de leur fragilité que de leur facilité de transport qui les a fait éparpiller de tous côtés.

Un des plus grands sculpteurs que le xvn^ siècle ait produit en Es-

GHché Lacoste, Madrid.

FI G. 92. — SAINT FRANÇOIS d'asSISE,

(Musée provincial de Valladolid.

pagne, est sans contredit Alonso Cano. Il naquit à Grenade, en 1 60 r , d'un père, asemblador ou constructeur de retables, qui commença à lui enseigner son métier touchant à l'art par bien des côtés, puis l'emmena à Séville oii il le fit entrer dans Tatelier de Juan Martinez Montanes. Le jeune homme suivit, en même temps, les cours de PAcadémie de peinture, que venait d'ouvrir Francisco Pacheco, où il travailla aux côtés de Velazquez, avec lequel il ne tarda guère à se lier. Mais laissons de côté le peintre que devint Alonso Cano et ne nous occupons que du sculpteur. Il aurait été assez naturel que l'enseignement du fougueux et exubérant Montahes l'eût poussé dans la voie du naturalisme violent; il n'en fut rien, grâce peut-être à la vue et à l'étude des chefs-d'œuvre grecs et romains réunis par les ducs d'Alcala dans leur palais de Séville, la Casa de PiJatos. Toujours est-il qu'Alonso Cano est le plus spiritualiste des artistes espagnols, celui dont les tendances se rapprochent le plus du style florentin de la grande époque et même du style antique. Il montre dans ses ouvrages une noblesse de formes, une simplicité d'attitudes, une sobriété et un naturel de mouvements, une élégance d'ajustements, encore inconnus dans la péninsule ibérique. Dès sa jeunesse, Alonso Cano est ce qu'il restera toute sa vie et ses productions sont déjà, au point de vue de la sculpture, irréprochables. Il n'en est hélas! pas de même de l'architecture de ses autels, commune et lourde. De la première époque de l'artiste datent cinq retables qu'il éleva à Séville : trois dans le collège San Alberto et deux dans le monastère de Santa Paula. Vient ensuite le retable

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de l'église paroissiale de Lebrija, pour lequel il fit une statue de la Vierge, l'Enfant Jésus dans les bras, ainsi que deux ligures d'apôtres, d'un charme et d'une grâce encore inconnus en Espagne.

Sur ces entrefaites, Alonso Cano, qui était; d'un caractère irascible, eut un duel avec le peintre Llano y Valdes dans lequel ce dernier fut sérieusement atteint. Obligé pour ce fait de quitter l'Andalousie, il s'enfuit au plus vite à Madrid. Il y trouva un refuge auprès de son ancien camarade Velazquez, qui lui obtint des travaux et non seulement le fit nommer peintre du roi, mais même maître de dessin de l'Infant Baltasar Carlos. Pendant ce séjour à la cour, qui s'étendit de 1637 à lôSg, il produisit de nombreux ouvrages de peinture et de sculpture pour les églises San Isidro el Real, Santa Maria, San Gines, San Miguel, Santiago et San Martin de Madrid; pour l'Escurial, Avila, Cuenca, Tolède, où, entre autres ouvrages, on lui attribue, sans doute à tort, une statue d'Elie placée dans l'église San Juan de los Reyes. Le prophète est représenté assis et endormi, les cheveux et la barbe longue, la main appuyée sur la tempe droite, vêtu de riches vêtements et les pieds nus. Quel que soit l'auteur de cette œuvre, elle respire la force et la grandeur.

Des racontars assez peu dignes de foi, dont Palomino s'est fait Pécho, veulent qu'Alonso Cano, en i 645, obligé de quitter Madrid sous l'accusation d'avoir tué sa fernme, ait été dans la nécessité d'aller se réfugier au monastère de Porta-Celi, près de Valence, où il laissa de nombreux travaux; ce n'est très probablement qu'une légende apocryphe. Ce qui est hors de doute, ce sont ses démé-

LA SCULPTURE HSPAGNOLK

lés avec le chapitre de la cathédrale de Grenade, auprès

duquel il avait sollicité une place de chanoine vite accordée, à la condition expresse qu'il entrât dans les ordres dans le- cours de Tannée.

L^irascible artiste ne se hâta pas de remplir la condition imposée, aussi le chapitre irrité lui ôtat-il sa chapellenie ; mais, en 1 658, grâce à révéque de Salamanque qui l'ordonna sous-diacre, les difficultés furent enfin aplanies. Alonso Cano entra en possession de son bénéfice, dontil jouit jusqu'à sa mort survenue en 1667.

m^^- ^Sm ^^i^ qu'Alonso

Cano préférait ses statues à ses tableaux et peut-être avait-il raison. Ses meilleurs ouvrages en ce genre sont en bois et le plus souvent peints. Citons les principaux : à Sé-

rie, g 3.

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