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FIG. 89. — PIETRO TACCA

iTATUE ÉQUESTRE DE PHILIPPE IV

(Place del Oriente, Madrid.)

timent de la vie qui distingue ses ouvrages à un si rare degré, si la profonde et intelligente imitation de la nature qu^ils décèlent, sont parfois déparés par Texagération des formes, l'exubérance du mouvement et l'outrance des attitudes, les aspirations de l'artiste, sous ces apparences de réalisme surexcité, n'en demeurent pas moins exclusivement spiritualistes.

Montanes laissa de nombreux élèves, dont certains, comme il n'arrive que trop, d'ordinaire, exagérèrent ses défauts, les rendirent plus palpables et plus appa-^ rents. Parmi les meilleurs d'entre eux, il faut noter Alonso Martinez qui exécuta de nombreux bas-reliefs et statues et de non moins nombreux retables pour les sanctuaires de Séville et participa notamment à la décoration des églises des religieuses de Saint-Léandre et de Saint-Clément. Avec Francisco de Ribas, il collabora aux retables de l'église de la Merci et de Saint-Paul. Deux autres élèves de Montanes, également appelés Ribas, travaillèrent à la même époque dans la capitale de l'Andalousie, Gaspar de Ribas, l'auteur du retable de Notre-Dame du Rosaire de la chapelle des religieuses de Saint-Paul, et son fils Gonzalo, peintre en même temps que sculpteur, un des fondateurs de l'Académie de Séville.

Citons encore, parmi les élèves de Montanes, José de Arce qui en iGSy sculpte, à la cathédrale de Séville, huit statues colossales d'évangélistes et de docteurs, et un peu plus tard, travaille à la chartreuse deJérès; Solis, qui fut le collaborateur de son maître dans ses travaux à la chartreuse de las Cuevas et dont on conserve au musée de Séville les statuettes

ÉPOQUE MOrJERNE

de la Justice (fig. 90), de la Force^ de la Jeunesse et de la Vieillesse; Diego de Truxillo, comme Gonzalo de Ribas, un des premiers membres de TAcadémie de Séville; Juan Garcia, auquel on doit quelques bonnes siaïues, entre autres : un Paso pour les moines de la

Cliché Lacoste, Madrid.

FiG. yo. — soLis. — LA JUSTICE. (Muséc provincial de Séville.)

Merci de Séville, traité avec un grand sentiment de vérité et de franchise.

D'autres artistes de cette époque méritent d'être signalés : Andres Araoz, fils de Juan Araoz et neveu d^Andres, auteur d^un saint Michel en pierre, placé sur le porche de l'église d'Eibar, qui n'a cependant plus

LA SCULPTURE ESPA(iNOLE

déjà la grandeur et le caractère des œuvres de son oncle et de son père ; Alfonso de Sardina qui, en 1 626, exécute, avecTItalien Giovanni Antonio Ceroni, les bas-reliefs et les autres décorations du monastère et de Téglise Saint- Etienne de Salamanque; Francisco Velazquez, de Valladolid, occupé en i63o au grand retable de l'église du couvent de Saint-Paul de cette ville; Giuseppe Micael, d'origine italienne, qui taille aux environs de i63i,àla cathédrale de Malaga, la stalle de l'archevêque, ainsi que les statues des autres stalles et l'image, devenue miraculeuse, du Christ à la Colonne, appelée del Salud. Juan de Iralzu et Juan Arismendi, tous deux basques de la province de Guipuzcoa, en collaboration avec Juan Vascardo, Navarrais de Viana, dressent en i632, le grand retable de l'église de Fuenmayor, dans la province de Rioja; Arismendi seul entreprend la décoration de Téglise de la Guardia, et de son côté Juan Vascardo celle de l'église d'Irun. Agustin Pujol, de Catalogne, qui ne semble pas avoir quitté sa province, exécute à Barcelone une Vierge de Montserrat pour l'église de la Procure, un très remarquable bas-relief représentant Saint Thomas de Villanueva distribuant des aumônes aux pauvres, pour l'église des Augustins déchaussés et une statue de saint Alexis, d'un style sobre et plein de distinction, pour l'église Santa Maria de la Mar; plus tard, à la chartreuse de la Scala Dei, il sculpte un Ensevelissement du Christ; à Sarria, le retable de l'église paroissiale, à Alforja et à Martorell diverses statues ; il meurt à Tarragone en 1 643, à l'âge de cinquantehuit ans. Luis Fernandez de la Vega, né dans les premières années du siècle, aux environs de Gijon, dans

EPOQUE MODERNE

les Asturies, d'une famille noble, sans [doute disciple de Gregorio Fernandez dont il s'approprie le style, érige dans sa ville natale les statues de saint Joseph et de saint j^ntoine dans la chapelle des Valdes, aux frais et dépens d'un membre de cette famille, le capitaine Don Fernandez de Valdes, qui en guise de paiement, lui donna un moulin avec sa digue, le tiers de sa terre de Caliero, le huitième d'une autre terre à Terrabrana et les arbres fruitiers qu'il possédait à Liamedo. Luis

Fernandez de la Vega dresse ensuite les statues de la Vierge et de la Madeleine dans la chapelle de Bergoha, celles de la Vierge, de la Madeleine et de VAnge Gardien^ au Carmel; d'autres statues dans la cathédrale d'Oviedor; il construit le grand retable de la chapelle

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