‹ La sculpture espagnoleChapitre 53 sur 82 · VI G. I O 3 . — J. 1 H 1 K R R V . — F O N 1 A 1 N E DE · texte numérisé non relu

VI G. I O 3 . — J. 1 H 1 K R R V . — F O N 1 A 1 N E DE

TROIS NYMPHES. (Jardins delà Granja.)

d'Aranjuez. Les travaux de sculpture sont dus à Jean Thierry, René Fréniin, Jacques Bousseau, Antoine et Hubert Dumandré, Pierre Pitué et Robert Michel.

Jean Thierry fut appelé à la cour d'Espagne, avec René Frémin, en 1721; il était de Lyon. On voit de lui, dans les jardins du palais de la Granja : le groupe du Bain de Diane, qu'il laissa inachevé; sur le pont, deux groupes d'enfants^ l'un domptant une biche, l'autre un sanglier; au milieu du bassin de la Yerba, les statues de Vertumne et de Pomoney du Douro et de la Pisuerga, ainsi que d'autres groupes âî' enfants; au parterre de la cascade, devant la façade principale du palais, les statues de Bacchus. Cérès, Zéphire, Amphytrite, de trois naïades, du Tage, de la Guadiana, de VEiirope, du Printemps et d'une dryade; en haut de la cascade, le groupe des trois nymphes (tig. io3), les ornements du berceau et deux grands vases ornés (fig. 104), qu'il ne put achever. Il travailla aussi, avec René Frémin, aux sculptures de l'escalier du palais de Rio Seco, dans le voisinage de la Granja, et au retable de marbre de la chapelle de cette résidence royale, transporté postérieurement dans la cathédrale de Ségovie.

Jean Thierry, resté au service du roi d'Espagne jusqu'en 1 728, retourna ensuite dans sa patrie, gratifié d'une pension de 2 000 livres. Il mourut à Lyon en 1739.

René Frémin, appelé par Philippe V en même temps que Jean Thierry, était né à Paris en 1672 et avait été élève de Girardon et de Coyzevox. Il demeura onze ans en Espagne, jusqu'en 1738, et y fut constamment occupé, comme Jean Thierry, aux embellissements de la Granja. Le roi lui commanda aussi son buste, celui de la reine

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et ceux de son fils Loliis et de la femme de celui-ci. Ces bustes, en marbre, sont toujours au palais de la Granja, ainsi qu'une statue d''Apollon, également en marbre, que Frémin sculpta à la même époque. C'est encore à lui que sont dus, dans les jardins, au premier parterre : les groupes à^enfants et de sphinx en plomb, les vases en marbre décorés de bas-reliefs autour de la cascade; les statues en marbre de Saturne^ de Jiinon, de Neptune et âiunQ nymphe ;3i\i pourtour delà demi-lune, celles des Quatre Eléments; à la fontaine de Persée : les trois groupes en plomb, âi' Andromaque sur un roc, de Persée venant la délivrer, de Minerve tuant le dragon; à la cascade : les statues de V Afrique, de VAsie, de Idi Fidélité^ de la Magnificence, d'une nymphe et d'un berger accompagnés d'un cerf, d'un sanglier^ d'un chien et de chevaux marins; au rond-point des huit allées : les statues de Vesta, de Neptune, de Cérès, d''Hercule, de Minerve et de la Paix, ainsi que le groupe d"^ Apollon et Pandore; au second parterre, les huit grands vases et les statues d^Atalante et de Lucrèce. Il ne fit que les modèles des groupes de Latone, d'Apollon, de Diane et des Paysans de Lycée, de la Fontaine des grenouilles.

Le roi avait autant d'estime pour le caractère de Frémin que pour son talent, qui n'avait cependant rien d'excessif ; aussi le combla-t-il d'honneurs et de biens. Il le nomma son premier sculpteur, en 1727, et lui octroya ensuite des lettres de noblesse. Frémin reprit le chemin de la France, avant d'avoir mis la dernière main, comme on vient de le voir, à bien des travaux entrepris. On voit de lui, au musée du Louvre, les

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Statues de Flore et de Diane; il mourut à Paris, en 1 744. Avant de repasser les Pyrénées, cet artiste avait proposé à Philippe V, qui accepta, de faire venir en Espagne

Cliclic Lacoste, Madrid.

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