LA SECOTNDE CONFÉRENCE DE LA PAIX
que le programme, qui sera élaboré av.int la troisième Conférence de la Paix, règle la procédure môme de l'Assemblée. Il faut souhaiter que le temps des discours soit limitativement fixé, et que les orateurs soient tenus de ne parler que sur le sujet en discussion, et pendant un temps relativement court. Comme on l'a vu maintes fois au cours de cet ouvrage, les discours ont été, le plus souvent, fort longs ^; souvent intéressants, mais souvent aussi confus, parce qu'ils étaient prononcés au cours de discussions générales, vagues et imprécises. 11 devrait être interdit à un orateur de s'expliquer Sur un sujet autre que celui qui est mis en discussion : les discours y gagneraient en clarté, et plus clairs, seraient moins longs. La Conférence pourrait ainsi faire plus vite besogne utile, et ne pas perdre un temps précieux à écouter des discours, qui auraient pu — au moins pour la plupart — être facilement condensés.
Ce sont là des points de détail que le programme de la troisième Conférence de la Paix pourra et devra fixer. Puisque les Conférences de la Paix sont devenues et deviendront de plus en plus une institution mondiale se tenant à échéance fixe, puisqu'elles possèdent ou posséderont leur temple propre, leur secrétariat, leur greffe, leurs bureaux, il sera utile qu'elles possèdent aussi leur règlement, comme tout Parlement.
Ainsi, elles pourront achever avec le temps, la grande œuvre civilisatrice qui leur est dévolue, et qu'elles ont commencée : ainsi, aussi, elles créeront cette solidarité morale entre les peuples, dont parlait si justement M. Nelidow dans son discours de clôture, et qui est moins le but que le résultat qu'obtiendront les Conférences de Paix. En codifiant le droit international, en posant des règles pour régir les rapports réciproques des Puissances entre elles, les Conférences de Paix mettront de l'ordre dans le désordre, et du fixe dans l'arbitraire : ainsi, elles diminueront les chances de conflits, et travailleront pour la Paix. Elles assureront aussi la paix, parce que par elles, les peuples apprendront davantage à se connatlre, et se connaissant mieux, se haïront moins. La principale signification de la deuxième Conférence de la Paix, c'est, abstraction
1. Nous avons reproduit ces discours dans la forme même où ils ont été prononcés, sans corriger les fautes do français qu'ils pouvaient contenir. Nous avons agi de môme quant aux propositions ou amendements présentés. Les documents officiels de la Conférence auxquels nous avons emprunté nos citations, ont laissé subsister ces fautes, d'ailleurs fort excusables de la .part d'étrangers, connaissant plus ou moins bien la langue française.
faite des résultats positifs qu'elle a atteints, d'avoir favorisé l'établissement entre les peuples, dont les représentants ont vécu et travaillé ensemble quatre mois durant, « de relations multiples et « variées, dont le réseau toujours plus étendu finira par créer entre « eux une solidarité morale et matérielle de plus en plus réfractaire « à toute entreprise guerrière. » Plus les nations se connaîtront, plus elles échangeront de vues, plus les rapports entre elles seront fréquents, — et plus rares seront les chances de conflits. En réunissant des peuples jadis ennemis, en vue d'un même travail, les Conférences de Paix créeront entre eux une fraternité, qui n'évitera pas à tout jamais les guerres, — parce que la guerre existera sans doute aussi longtemps que le monde, — mais qui les rendra certainement aussi moins fréquentes. A ce titre, les Conférences de Paix à venir, comme les Conférences passées, mériteront bien de l'humanité, parce qu'elles auront et qu'elles ont déjà reculé le domaine de la force, et étendu celui du droit, de la loi et de la civilisation.