XXX VIII - GEORGES GODET
directrices de nos deux orphelinats qu’il avait si souvent soutenues et encouragées à distance par ses lettres fut un grand bienfait pour elles. »
Voici maintenant ce qu’écrivait Mlle Stucky, de l’Orphelinat de Sivas :
« Oui, nous pleurons avec vous le départ si inattendu de notre respecté et aimé président, de notre excellent ami. Cette nouvelle nous a profondément émus, nous, l’orphelinat, et moi personnellement. Est-ce possible que cet homme si actif ait passé si brusquement de la communauté combattante à la communauté triomphante? Que les voies du Seigneur sont difficiles à comprendre 1... Nous sentons tout ce qui va manquer à nos orphelinats. Ce vrai cœur de grand-prêtre, qui a si souvent intercédé pour nous, a cessé de battre. Nous ne devons pas penser à nous seuls, car beaucoup sont frappés pour lesquels il était un pasteur d’âmes et un secours. »
Mie Zenger, du même Orphelinat, écrivait de son côté : « À tout instant, je me surprends à dire: il faudra écrire ceci ou cela à M. Godet. Les derniers mots que j'ai reçus de lui étaient au sujet de la mort de Larouhi et de la maladie de Gulwart. Ces quelques lignes étaient pleines d’encouragement et de consolation.
« Quand nous avons annoncé la nouvelle à l’orphelinat, c’était à la fin de l’École du Dimanche, le 30 juin. Il y eut un silence de mort pendant quelques instants. Elmas (institutrice) paraissait atterrée, et Hagop Effendi (instituteur) est devenu tout blanc. Badveli (le directeur) a dit quelques mots, mais sa voix était trop tremblante, il n’a pu continuer. Tous les yeux étaient mouillés de larmes. »
Les jeunes gens de l’Union chrétienne et les directeurs de la station missionnaire de Sivas tiennent un langage analogue. Miss Newnham, de l'Orphelinat de Bardezag, exprime de même son vif chagrin de la mort de G. Godet : « Son énergie et sa décision étaient admirables. Il voulait se rendre maitre de tous les détails d’une question et savait stimuler les autres à agir Nous comprenons combien il va manquer pour ce travail et pour beaucoup d’autres. »
Et M. Favre, après avoir transcrit ces messages, ajoute :