‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 70 sur 117 · A4 IV · texte numérisé non relu

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sieurs manuscrits et versions ajoutent #u&v à oouar . [C’est une glose juste].

v. 40. — Pourquoi ce perpétuel martyre ? « Afin que la vie de Christ se manifeste aussi (xæœé), comme la mort, en nous. Si nous soutfrons avec lui, il est bien juste qu’aussi nous vivions!» ef. Phil. HE, 10, où Paul joint à la xowovia nadmuzov œdroù la Odvaus Tics dvacrdosws adrod. — Cow à élé expliqué de diverses manières. MEYER, HOFMANN, KLÔPPER, Weiss, HeiNrici y voient les délivrances journalières de tous les dangers de mort qui font que la vie de Paul est comme une résurrection continuelle ; il est supplicié avec Christ, il ressuscite incessamment comme lui. Mais So vo ’Inooù serait une expression bien malheureuse pour désigner ces délivrances extérieures ; il faudrait plutôt Ütrams ed. — D’autres entendent: la résurrection future ;: |ainsi par exemple LIETzMANN, qui s'appuie sur le v. 1%, et selon qui Paul penserait au corps spirituel qu’il décrit dans 4 Cor. XV, 36- 93. LIETZMANN compare, comme passages exprimant la même pensée que notre verset: 1 Cor. XV, 51: Rom. VIIL, 17; cf. VIIL, 36 et VI, 8 (avec rapport spécial au baptême)]. Mais ce sens est tout à fait en dehors du contexte, et impossible d’après les v. 41 et 12. — Il faut entendre (avec DE WETTE, OSIANDER) : la vie spirituelle de Jésus-Christ, la vie dont le Christ glorifié est déjà maintenant la source, et qui éclate en Paul d'autant plus qu’il est plus faible et plus mortifié selon la chair : quand il est faible, il est fort (XIL, 10). Cette puissance spirituelle se manifeste avec éclat dans cet organisme fragile exposé à tant de misères. Plus on contemple en lui les souffrances du Crucifié, plus ressort aussi en lui, dans cette faiblesse, la vie du Glorifié! L'idée est done: « Afin que, mourant tous les jours, nous soyons vraiment morts et ne vivions plus nous-mêmes, mais Christ en nous; que notre vie ne soit pas notre vie, mais celle de Christ qui nous relève et nous fait vivre. »

Le v. 41 explique et motive (y&o) l’idée exprimée au v. 40 d’une communion de mort et de vie avee Christ: « Car voici ce qui se passe chaque jour ». — dei: « à chaque moment », CÉ. OÂnv tv fuéoar, Rom. VIII, 36. — sic Sévarov TapaÔr- Odueda explique la véxçwors du v, 10: « nous vivons en con-

tinuel péril de mort et nous menons un genre de vie propre à nous tuer ». Le magaôtéooëas à lieu par les persécutions (v. 8. 9). — di ’Incodr reprend, avec une nuance, le 705 ’Incoÿ du v. 108. — où Süvres ne signifie pas: «tout le temps de notre vie, tant que nous vivons» (Reuss : «une mort de tous les jours, une existence où l’on meurt tout en vivant ») ; ni non plus : « vivant quand même, en dépit de cette véxowois continuelle » ; ni: « nous qui vivons de cette vie de Christ qu’il nous communique » (OSIANDER) ; ni: «nous qui vivons sur la terre pendant que Christ est déjà là-haut » (HormMANN). Ce oë Sôvres fait tout simplement contraste avec es Jdévaroy, soit pour dire : « livrés, tout vivants que nous sommes, à la mort par un passage subit, plein d’effroi, et au prix d’un grand sacrifice » (ainsi KLôPPer, Weiss, MEYER-HEINRICI), — soit dans le sens: «n’étant miraculeusement conservés en vie à travers tous ces périls que pour mourir toujours de nouveau! »

Le v. 41? reproduit l’idée de 10° comme 112 areproduit, en lexpliquant, l’idée de 10%. — êv 7 Svnrÿ oagxi juv, substitué à &v 7® oœuar, désigne le corps dans sa faiblesse et sa fragilité terrestres; cette expression fait ressortir d’autant plus l’antithèse de ia £wÿ 70û ’Inoo® qui s’y manifeste : même dans une telle o&gé éclate la vie débordante et victorieuse de Christ. Il y a du triomphe dans cette phrase, remarque avec raison MEYER-HENRICI. — ’In00ù : le Seigneur glorifié est encore pour Paul l’homme Jésus; l’emploi de ce nom marque une relation personnelle d’amour. Voir Reuss, p. 311.

Le v. 12 indique sous une forme paradoxale [et peut-être même douloureusement ironique, ef. 4 Cor. [V, 8-10, la conséquence (Gore) qui résulte de cette vie crucifiée de l’apôtre dans laquelle éclate la vie de Christ: elle aboutit pour l’apôtre à la mort, pour l’Église à la vie ! — Le yé» qu’on lit dans le T. R. (d’après K L) doit être retranché (avec AB etc. Ii. Vulg. Copt.). L’absence de uéy correspondantau ôéfait mieux ressortir le contraste : Paul n’annonce pas l’antithèse; elle est ainsi d'autant plus frappante qu’elle est inattendue. — Sens: «La mort (de Christ) se reproduit, se continue, déploie son énergie en nous (les ministres), qu’elle fait mourir continuellement ; et la vie (de Christ) exerce sa puissance

en vous, l’Église, en vous sanctifiant et vous renouvelant. Sans doute, la vie est aussi en nous, mais vous êtes le but : elle passe par nous pour agir sur vous et se déployer en vous. Quant à la mort, elle agit en nous seulement, et cela pour vous : r& ndvra Ôv bu&s (v. 15). Ainsi, notre part est la mort incessante, la vôtre est la vie !» Paul et ses compagnons se sacrifient pour les Corinthiens comme un médecin qui meurt pour conserver la vie à son malade. __ v. 43. — La liaison avec le v. 12 est la suivante: « Mais (dé adversatif) ce fait que la mort est pour nous et la vie pour vous, ne nous empêche pas d'accomplir hardiment et librement notre ministère (4æloôuer), en dépit des épreuves, en dépit de cette véxowors journalière, puisque nous possédons (éyovres) l'Esprit de foi, par lequel nous savons (V. 14: eiddres) que nous aussi, un jour, nous aurons part comme vous à la os (sans dévarog) ». — 70 adrd nvedua : Hormann entend : «le même que vous » ; Paul voudrait dire : « Nous vivons intérieurement de la même vie spirituelle que vous ». Mais ce sens est oiseux ; quel besoin y a-t-il d’affirmer que. si les Corinthiens croient, Paul croit aussi ? [Bous- SET voit ici une ironie: Paul se consolerait en constatant qu’il a du moins encore. le même esprit de foi que l’Église, malgré tout le dédain qu’on lui témoigne (?)]. Il nous paraît beaucoup plus naturel d'expliquer : «le même Esprit qui a agi et parlé par le psalmiste» [ainsi BACHMANN et LIETZMANN |. — nvedua 19 niotews ne signifie pas « l'esprit de foi » dans le sens de : « la disposition de la foi » (be WerrE), mais: « le Saint-Esprit qui produit la foi » (la joyeuse confiance) et qui a inspiré la parole de foi scripturaire. Pour Paul, la foi est l'essence véritable de l’Ancienne Alliance, comme de la Nouvelle : la promesse a précédé la Loi (Gal. IT: Rom. IV). L'apôtre retrouve en lui-même la disposition fondamentale (confiance en la promesse de Dieu) qui était celle du psalmiste. — xarà Tr yeyoauuévor doit être rapporté, non à &xovres (la construction serait traïnante et incorrecte), mais aux verbes zozebouer et 2xloduer. Paul veut dire que les choses se passent pour lui et ses compagnons conformément à ce qui est dit dans le texte cité ; pour eux aussi (xai fueïs), comme pour le psalmiste, la foi orodoit le témoignage. — Le

texte scripturaire est tiré de Ps. CXVI, 10, et cité d'après les LXX (Ps. CXV, 1). L’original hébreu peut être entendu de diverses manières : « J’ai cru, car j'ai parlé » — « Je crois, car je parlerai » — «J'ai cru, quand j’ai parlé ». Mais quel que soit le sens du texte hébreu, l’idée exprimée par le 6 des LXX et de Paul est celle-ci: « La parole est l’effet ou la preuve de la foi». — Le xaœi qu’on trouve devant &444n60@ dans 8 F G Syr. ne modifie pas le sens. — Le 2axloduer, qui reprend le &4&Ânoa du psalmiste, désigne la prédication apostolique ; cf. IE, 17. | V. 14. — siddres 8m. indique lé motif de la joyeuse confiance (mozebouer) qui rend Paul et ses compagnons capa- . bles de parler (2æ/oûuer), de s'acquitter courageusement . de leur ministère de prédication, malgré toutes les souffrances qu’il leur attire. [ls ont cette confiance et cette hardiesse parce qu’ils savent que Dieu qui a ressuscité Jésus, les ressuscitera aussi (cf. Rom. VIIL, 11), Le fondement de leur confiance, c’est la résurrection de Christ, avec la conséquence qui en découle: leur propre résurrection. Voilà le savoir (eiôdres) qui les soutient dans leur 2œ4stv ! (Pour la résurrection de Jésus-Christ comme objet spécial de la foi chrétienne, cf. 1 Thess. L, 10; 1 Pierre I, 21). Il faut remarquer que Paul ne parle pas ici de la Parousie, qu'ailleurs (1 Thess. IV, fin) il espère voir. Mais cette espérance-là est toujours + conditionnelle : la mort peut atteindre l’apôtre avant, il est sûr néanmoins du triomphe, par la résurrection. Cf. déjà 4 Cor. VI, 14. — éyeoet désigne la résurrection corporelle finale, la pleine et parfaite apparition de la £w# pour Paul et ses compagnons aussi bien que pour les Corinthiens (oùv duiv à la fin du v.). — Gette vie est la vie du Christ: £œÿ zoù ’Incoë (v. 10. 11); c’est pourquoi Paul ajoute les mots oùv ‘Incoÿ [qui n’impliquent pas la simultanéité, mais signifient: «en communion avec Jésus » (LIETZMANN)]|: «notre. résurrection est renfermée dans celle de Christ, qui en est le principe ; la nôtre sera une participation, une association à la sienne» ; cf. Rom. VII, 17 ; Eph. IE, 5. 6 (au spirituel). La leçon du T. R. &:& ’Inooù est une correction qui s'explique par le fait que Jésus était déjà ressuscité au moment où Paul écrivait. — xaœi naçpauoroe : « et nous fera comparaître avec

vous ». C’est ici le couronnement: après la mort (les souffrances) avec Christ, la résurrection ; et après ou avec la résurrection, la glorification! Il ne fâut pas suppléer, avec Weiss et MEYER-HEINRICI, l’idée devant le tribunal (d’après V, 10) ; il n’est pas question ici de jugement, mais de gloire, comme dans Éph. V, 27 au sujet de l’Église (tva naçaotoy adtyr éavtr@ ëvôoËor). — oùv buir: «avec vous, les fruits de tant de travail et de souffrance ! » La pensée d’être pour toujours réuni à ses chers Corinthiens est douce à lapôtre. Ce sera là sa récompense, et c’est cet espoir qui le soutient. Cette pleine possession de la £ww dans.la gloire finale abolira complètement le contraste du v. 12. — Plusieurs (KLÔPPER, RückerrT) entendent les verbes éyeoët et xapaoroe non dans le sens eschatologique, mais en les rapportant au temps présent : « nous fera revivre en nous délivrant glorieusement et nous réunira avec vous pour une activité commune de foi.» Mais que ce sens est faible pour d’aussi solennelles paroles! L'identité des termes éyetoas… éyeoet s'oppose à une telle explication ; les deux résurrections doivent être de même nature. Et puis, comment ce éyepet (au sens de la revivification actuelle) s’accorderait-il avec la destruction graduelle -du corps dont Paul va parler au v. 16? On objecte que Paul attendait, non la mort, mais la Parousie, non la résurrection, mais la transmutation. Mais on peut citer des passages à l’appui des deux opinions ; l’apôtre attend l’une ow l’autre. Il parle de la Parousie comme pouvant arriver de son temps (4 Thess. IV, fin ; 4 Cor. XV, 51. s.), mais il exprime plus d’une fois la prévision de sa mort (2 Cor. V: Phil. I. 21. ss. : H17;-cf. Act-XX, 95):

v. 15. — Le yép motive d’une manière touchante le où» duiv: «Etre avec vous, vous retrouver un jour auprès de Ghrist, voilà notre désir, car tout ce que nous souffrons (7& advra résume les v. 7-13), c’est pour vous; il n’y a aucune de nos souffrances qui ne soit en votre faveur !» — iv. indique le but suprême, le résultat auquel doit aboutir cette œuvre en ce qui concerne les Corinthiens : la gloire de Dieu ! — # ydeus désigne la grâce divine en général ; selon Weiss : la grâce qui se manifeste dans les nombreuses délivrances dont les ministres sont l’objet, et qui abonde toujours

plus par leur répétition. — Si on regarde xeçroceton comme intransitif (HOFMANN), on peut faire dépendre de ce verbe ou du participe x£sovdoaoa les mots à vyv edyagiotiar, et de ceux-ci le génitif 25 xAavor : « que la grâce multipliée surabonde à la gloire de Dieu à cause de l’action de grâces du plus grand nombre » (HorMANN), ou bien : « que la grâce multipliée à cause de l’action de gràces du plus grand nombre, surabonde à la gloire de Dieu. » Mais on attendrait, après dia, le génitif plutôt que l’accusatif; en outre, le génitif toy nÂedvor devrait être, non avant l’article zv (ou 7%), mais entre cet article et le substantif. Il faut donc prendre megoce6on dans le sens transitif (cf. IX, 8 ; Éph. I, 8), avec tv edyaorotiar pour objet direct, et faire dépendre üv& 6» nÂevor soit de zAeovdoaca : « afin que la grâce (de Dieu) s’étant multipliée par plusieurs, fasse surabonder l’action de grâces », — soit de xeococeéon, Ce qui vaut mieux : «afin que la grâce (de Dieu) se multipliant fasse surabonder l’action de grâces par la bouche (ô& : passant par la bouche) de plusieurs ». — 15» x Aaôvor: l’article désigne ceux qui ont été rendus plus nombreux par le zAsovdber de la grâce. Oi nÂeioves peut signifier: «la majorité » ou bien : « plusieurs » ; voir BLASSS 44, 3. — Pour l’idée et la tournure, cf. [, 11. — Cette action de grâces aura lieu, non à la Parousie seulement, mais dès maintenant; c’est un grand sujet de bénir Dieu et de lui donner gloire que d’avoir des hommes qui consentent à mourir chaque jour pour la vie de l’Eglise. T& névro Ô bus ivæ.…, Voilà le motif que les Corinthiens ont de rendre grâces !

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