‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 72 sur 117 · V, 1-10). IV · texte numérisé non relu

V, 1-10). IV

Ch. V. Car nous savons que s’il arrive que notre demeure terrestre de cette tente soit détruite, nous avons dans les cieux un édifice venant de Dieu, une demeure qui n’est point faite de main d'homme, éternelle. ? Et en effet, dans celle-ci, nous gémissons, souhaitant revêtir notre domicile, celui qui vient du ciel, ? quoique à la vérité, même dévêtus, nous ne serons pourtant pas trouvés nus. 4 Et en effet, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés: et dès lors, nous ne désirons pas nous dévêtir, mais au contraire nous survêtir, afin que ce qu’il y a de mortel soit englouti par la vie. * Or celui qui nous a formés (et établis) pour cela même, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit.

6 Ayant donc toujours bon courage, et sachant que tant que nous séjournons dans ce corps, nous vivons exilés loin du Seigneur, — 7 car c’est par la foi que nous marchons, non par la vue — 8mais nous sommes remplis de courage et nous aimons mieux déloger de ce corps et aller habiter auprès du Seigneur. C’est pourquoi aussi notre ambition est de lui être agréables, soit que nous délogions (de ce corps), soit que nous y restions. {0 Car il faut que tous nous soyons manifestés devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive ce (qu’il a mérité) par son corps, selon ce qu’il a fait, soit bien, soit mal.

L’apôtre vient de dire : « Nous mourons à la peine » (v. 7- 12), «mais nous savons que nous revivrons » (v. 13-15). Cette dernière idée fait la transition au second paragraphe (celui que nous abordons), dont elle forme le sujet.

V. 16. — d:6 peut être rattaché soit au v. 14 : « à cause de la certitude de la résurrection » (MEYER-HEINRICI), — soit au v. 15: «parce qu’il s’agit en tout ceci du salut des lecteurs et finalement de la gloire de Dieu » (Wetrss), — [soit encore à l'ensemble des versets 13-15 (LiETzmanN)]. La première explication nous paraît la meilleure : « à cause de cette glorieuse perspective, dont la vue nous maintient constamment en état de poursuivre notre travail ». — oôx éyxaxoduer, cf. IV. 1, avec une transition très semblable. Toutefois il y a une nuance entre ce passage et le nôtre dans l’application de

l’idée oëx éyxaxetv. Au chap. IV, 1, le sens est: « Ayant un si glorieux ministère, nous ne sommes pas lâches, c'est-àdire nous n’employons pas des moyens qui dénoteraient un manque de confiance dans la force de notre message ». Et dans notre verset: «ayant cette certitude de la gloire future (eiddres ôt, V. 14), nous ne nous laissons point abattre par la vue de la déchéance (véxowous, v. 10) croissante de notre corps, qui s'use au travers des luttes et des souffrances. » — &i&...: «mais voici notre position ». — ei xœi est concessif : « si même », ou: «si, comme c’est en effet le cas», «quand bien même », cf. v. 3. — 6 co &vdownos : « l’homme extérieur, physique », c’est-à-dire le corps, le éorgdxivor oxedoç (v. 7) qui, en vertu de sa nature fragile, s’use, se mine et finalement se détruit. — 6 &6o (sc. &vdçownos) ne signifie pas: «l’homme nouveau, régénéré » (6 xawvdç &v9çwnmos, Éph. IV, 24), mais: «l’être moral, spirituel », en opposition à l’être physique. — Le second &444, introduisant l’apodose (ef. 4 Cor. IV, 15), accentue l’opposition exprimée dans celle-ci (MEYER- HEINRICI). — dvaxavodræ: cet être intérieur subit un renouvellement, une transformation journalière de la volonté, des aspirations ; la force divine le remet chaque jour sur pied; Christ habite là et y prend vie de jour en jour, jusqu’à ce qu’il soit complètement formé en l’homme et que le renouvellement ait ainsi atteint son terme (cf. III, 18). MEYER- Henkici entend, comme nous, le dvaxœivoüræ d’un renouvellement de l’être moral, celui-ci recevant tous les jours des forces nouvelles de l’Esprit de Dieu. En revanche, Werss estime que l’opposition exprimée par le premier 44 ne permet pas de donner à dvaxawvodra ce sens moral ; il s’agirait uniquement du renouvellement de courage, de foree, que Paul puise dans les délivrances répétées que Dieu lui accorde. Et le v. 17 n’autoriserait que ce sens. — quéoa xai uéoa correspond à l’hébreu 6m vdiôm. — Notre verset oppose donc deux mouvements qui ont lieu en sens contraire: destruction du corps, renouvellement de l’être intérieur. L’un dédommage de l’autre. Aussi pas de découragement!

Le v. 17 explique (y#o) comment cetterénovation intérieure se produit, en dépit de la déchéance extérieure: nos souffrances sont précisément le moyen d’un semblable: renou-

vellement! — 7 é4apoôr: adjectif employé substantivement (comme souvent en grec) pour mettre en relief l’idée exprimée ; voir BLASSS 47, 1 et cf. des expressions comme 7à dervdy 100 noÂéuov, 1ù yahkendv r0ù Blov (Platon). — zaçavtixa (de ag” adr&, « sur le champ, à l’instant »), adverbe traité comme adjectif (usage fréquent chez les classiques aussi) : «momentané et par conséquent passant promptement» (Weiss). La Zliyis est donc légère (élapodr) et passagère (naçavrixa) ; c'est comme une plume que le vent emporte. Elle est légère en comparaison du poids de gloire qu’elle produit (cf. Rom. VIIT, 48: « il n’y a pas de proportion. ») Elle est passagère en raison de la proximité de la Parousie qui y mettra fin. — Néanmoins, elle ne passe pas sans laisser de traces : elle a la puissance d’opérer quelque chose pour nous (narepydGerar fuir), à Savoir un œiovror Bagos ÜdEns ! De ces trois mots, le premier s'oppose à xagavrixaæ, le second à &àapoôy, le troisième à FAipes. — Bdoos renferme l’idée de quantité, cf. 8tços xhovrov (Eurip., Sophocle); en hébreu, la notion de «poids » (+23, «êtrelourd, pesant») est connexe de celle de « gloire, honneur » (123). Ce « poids de gloire éternelle » est la compensation de la 25 actuelle, compensation produite par la &27wrs elle-même. Celle-ci, en effet, développe en Paul et ses compagnons la £owÿ 17605, en les faisant mourir à eux-mêmes (v. 40. 11); elle assure ainsi le renouvellement intérieur (v. 16) qui aboutit à la gloire (Rom. VIIL, 11). — za dmeoBolv sis dmeoBoÂr porte soit sur le verbe (Weiss), soit sur la notion collective œicviov Bägos O6Ens. Le xard indique le mode, le sëç marque le degré ou le terme: « d’une manière surabondante jusqu’à une surabondance toujours plus grande ». cf. dd Ô6Ens eis Ü6Ear, III, 18.

v. 18. — Le génitif absolu #7 oxomobvror uv, après fuir, accentue l’idée mieux que ne le ferait le simple datif. Il indique la condition dans laquelle s’opère le mouvement de glorification dont a parlé le v. 17 : «en tant que nous ne regardons pas. » (Selon Weiss : la raison pour laquelle la 3Apus peut produire l'effet décrit au v. 17). Le datif vois uÿ oxonodow aurait pour effet d’opposer les wÿ oxonodvres à d’autres, qui agissent autrement. — ## marque un

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point de vue subjectif : «vu que... » — oxomeiv: «fixer les regards sur un but (oxox6s) ». Ce but n’est pas dans les choses qu’on voit, il est plus haut. Le regard de l’apôtre ne s’arrête pas au visible, c’est-à-dire à l’homme extérieur, qui passe, se détruit (d&apdeigera, V. 16), mais il s’attache à ce qui demeure, se conserve, se renouvelle et s’augmente sans cesse, bien qu’encore invisible, c’est-à-dire la gloire, objet d’espérance, dont parle le v. 17. — uw Baendueva est dit au point de vue subjectif des #ueïs: ces choses ne sont pas invisibles en elles-mêmes (on les verra un jour !), mais nous ne ies voyons pas maintenant. Cependant, si on ne peut pas les voir (Blëénew), on peut les viser (oxoxei») par le regard de l’espérance, de la foi, qui est une vue intérieure.

Le v. 18P indique la raison (yée) pour laquelle Paul agit comme il vient de le dire dans 182. — zodoxœça : «ne durant qu’un temps », que jusqu’à la Parousie ; cf. 4 Cor. VII, 31. Ce qui doit passer avec le monde n’est pas digne d’être notre oxondçs (cf. 1 Jean IT, 17). — va: les choses éternelles, au sens absolu.

La pensée qui vient d’être développée dans IV, 16-18 se poursuit dans V, 1-10.

[Et d’abord: V, 1-5 : Certitude de posséder un nouveau corps. Cette certitude résout le contraste qui existe entre la misère extérieure et la gloire intérieure du ministère de Paul, entre le éco &vdownos et le éco ävdçownos (BOUSSET) |.

v. 4. — Le y&o justifie l’affirmation triomphante de IV, 17: «Nous pouvons dire cela, car nous savons que si..., même alors, nous avons... » — oÿôauev: Paul ne dit pas cela de tous les chrétiens en général; il parle de lui et de ses collaborateurs, comme dans tout ce qui précède. « Nous savons » : « nous avons déjà les arrhes » (v. 5. 6). — dv n’est synonyme ni de x&v, « simême », ni de dzav, «au moment précis où il arrivera que ». Il signifie simplement : « s’il arrive que », ce qui laisse place à une autre possibilité : celle de la conservation du corps jusqu’à la Parousie. L'hypothèse introduite par éév (qui présente sa réalisation comme tout à fait incertaine) est celle de la mort du corps : xarælväÿ ne peut désigner autre chose ; c’est le point d’aboutissement du Gapdeigeoda (1V, 16) : « À supposer même que ce dapdrei-

peode aille jusqu'à son terme, la mort, eh bien ! même alors, nous ne perdons pas courage (IV, 16), car nous savons...» — oixia rod oxvovc: «Une demeure qui à le caractère d’une tente », ou: «une demeure qui consiste dans une tente ». C’est évidemment le corps. Le mot oxvos est employé aussi chez les classiques pour parler du corps. Gette image (en relation avec le métier de Paul? ?) exprime la fragilité, la destination toute temporaire du corps ; ce n’est pas une demeure définitive. — Le terme éxiyecos n'implique pas encore cette notion de fragilité, mais veut dire simplement : «c’est dans cette demeure que nous séjournons et voyageons tant que nous sommes sur la terre ». Ce domicile terrestre s’oppose au domicile céleste: (év roëïs odpavots, fin du v.) qui sera le nôtre quand notre vie sur la terre aura pris fin.

v. 4. — «Si ce cas a lieu, c’est-à-dire si le xaralvd vou se produit, eh bien! nous avons... » — Le présent éyouer exprime la possession de droit, non pas seulement à partir du moment de la mort, mais dès maintenant: c'est une possession idéale, qui ne devient réelle qu’à la Parousie. — oixoôouÿv êx deoû ne peut désigner, vu l’antithèse oëxiæ dans 42, que le corps glorifié, et non pas la oixia 10ù xaro6s, dans laquelle les croyants entrent dès l’heure de la mort (HorMANN, EwaALD). Dans cette explication, qu’on appuie sur le présent éyouer, la notion oixodouÿ êx 9eoù ferait antithèse à celle de y7 [implicitement comprise dans le terme éxéysros], non à oxiæ toù ouivovs (— oua). Le terme oëxoüou oppose une demeure solide, un édifice en règle à la fragile tente qu'est le corps terrestre. — Les mots êx 4e00 se rattachent étroitement à oéxodoury : la solidité de cet édifice doit être réelle, car il est une création directe de Dieu (éx). Sans doute le corps terrestre, lui aussi, vient de Dieu, mais indirectement; en passant par la génération naturelle. Le corps ressuscité est l’œuvre divine, le miracle de Dieu (Lue XX, 36: #œi viot eloiv Deod, 1ÿç dvaoréoews vioi ôvres). — L'’épithète d'ye10omoinrov insiste sur ce caractère de création divine et miraculeuse du corps glorifié, en opposition à la naissance naturelle du corps actuel. Gette épithète qui, à parler rigoureusement, ne convient pas au corps, est amenée par l’image de la maison. Le corps actuel a été représenté comme une

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tente (oxÿvos), ainsi une oëxlæ yeiçomoinros. Le corps glorifié est aussi une maison, mais une maison qui n’est pas bâtie par les hommes (les moyens naturels) ; elle est construite par la puissance miraculeuse de Dieu. Cela n’exclut pas, du reste, l’idée d’un germe existant dans le corps actuel, et d’une relation entre celui-ci et le corps futur (1 Cor. XV, 42 à 44). — aiwvoy fait antithèse à l’idée de demeure passagère qui est contenue dans oxÿvos. — êv rois oùdgavoïs correspond et s’oppose à éxéyeros. Ces mots dépendent de &youev : le corps glorifié est là, dans le ciel, comme en réserve. Il ne faut, toutefois, pas prendre ce &youer êv vots odgavois au pied de la lettre, comme si ce corps existait déjà, tout formé, nous attendant, pour ainsi dire en magasin! La certitude de le recevoir, de le posséder, est exprimée par l’image d’un édifice déjà tout prêt. Cf. êyesv noavodr êv odpavois (Mtt. XIX, 21) et 7 Co our xéxgunra (Col. II, 3). — Pour expliquer autrement le présent éyouer, on a sousentendu: «dès la mort», et on a supposé qu’il s’agit ici d’un état intermédiaire entre l’état actuel et l’état de gloire, entre la mort et la Parousie ; d’un corps intermédiaire, spirituel, caché et préparé sous l’enveloppe grossière du corps actuel], et qui sert d’organe à l’âme (laquelle, ainsi, n’est pas « nue »}) dès le moment de la mort: ce corps intermédiaire serait l'enveloppe provisoire de l’âme, en attendant que celle-ci soit pourvue de son domicile éternel. Mais rien de tout cela ne se trouve dans le N. T., et dans notre passage l’expression oéxiæv.… êv roïç odgavots ne convient pas à cette interprétation, qu’exclut d’ailleurs positivement le terme aivrov. — Nous retrouverons cette idée au v. 3 .

Le v. 2 apporte une confirmation, une preuve (y&o) du otdauer du v. 1: «Nous le savons si bien, si certainement, que même (xai y&o : «car aussi, car même »), dans ce corps actuel, nous soupirons après l’émigration dans notre domicile céleste ». Le corps glorieux.fcéleste, est si certain pour l’apôtre que déjà maintenant il y aspire et voudrait y entrer sans passer par la mort. Ainsi le v. 2 mentionne un fait nouveau, qui confirme le précédent (la déclaration du v. 1): «Nous tenons si peu à notre corps actuel que même nous soupirons après un autre!» — év zodro (SC. T@ oxpves) :

« pendant que nous sommes encore dans ce corps-ci [(ainsi LierzMANN) };, maintenant déjà », et non pas seulement quand le xaravdmvo sera réalisé ; cf. au v. 4: où Ovres êv 1@ oxhve orevdbouer. D'autres prennent y zo67w au sens logique : propterea, cf. 4 Cor. IV, 4 (ainsi HOFMANN, RÜCKERT, [Bousser, BacaManw]). Mais cette explication, dans laquelle êv ro61o porterait sur la fin du v. 1, est moins naturelle: le v. 4 suggère autre chose. — orevdbouer : c’est un fardeau que ce corps (v. 4), un corps d’infirmité et de souffrance (cf. Phil. IL, 21 : «le corps de notre humiliation »). — émxododvres explique le contenu de ce soupir (ézé marque la tendance du désir : xéÿov éyeuv êxi x) : Paul désire revêtir son domicile céleste. — oëxnrçror est l’équivalent de oixodour, oixia &yevgonoinros du v. 1», mais avec une nuance dans la pensée : ce domicile est maintenant considéré comme allant être occupé par son propriétaire ; ce n’est pas seulement une maison, c'est une habitation. — En employant le verbe éxevôtvacdœ, Paul change d’image: il passe de celle de demeure à celle de vétement (qui se rapproche de celle de tente). Ce changement s’explique par ce que Paul va dire : il voudrait revêtir le corps nouveau par-dessus le corps actuel (v. 4). Or, on ne peut pas mettre et pour ainsi dire emboîter une maison sur une autre, mais on peut passer un vêtement sur un autre. Le terme éxevôtoaoÿa ne peutsignifier que: «revêtir le nouveau corps par-dessus l’ancien ». L’apôtre passe à la transformation glorieuse indiquée 1 Cor. XV, 50. ss., dans laquelle le piægrèv rovro (le corps même) doit revêtir (évôtoaoda) l’incorruptibilité, c’est-à-dire le corps glorifié. Dans notre passage, l’apôtre, revêtu de son corps terrestre, désire revêtir par-dessus ce dernier (xerddoaoda) son nouveau corps glorifié. Il ne craint pas la mort (v. 1), mais il préfère la transmutation de la Parousie (v. 4), grâce à laquelle il serait, sans avoir à passer par le dépouillement, revêtu immédiatement de son nouveau corps, qui absorberait le corps actuel (ef. 1 Cor. XV, 53. 54 ; voir également le v. 4 de notre chapitre: ÿva xarano9ÿ 1ù Synrdr dnd 1ÿs Loÿc, et 1 Cor. XV, 55: xazendôn 6 Sévaros), tandis que, dans le cas de la mort, il serait d’abord dépouillé de son corps, lequel serait détruit (xaralvÿ, v. 1), puis, après un inter-

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valle, revêtu de son nouveau corps. — Ce corps nouveau est appelé rù &£ oûgavod (— 8x deod, v. 1) et non plus év vois oôgavoëis (V. 1), car l’apôtre, encore vivant, est sur la terre et s'attend à le recevoir sur la terre, non dans le ciel : ce corps descend pour ainsi dire du ciel avec le Seigneur glorifié (Phil. IIE, 20. 21 ; 4 Cor. XV, 47. 48 ; 1 Thess. IV, 17).

v. 3. — À côté de la leçon eÿye (RC K LP, presque tous les Minusc. et les Pères), admise par la plupart des modernes, on trouve la leçon exee (BDEF G), défendue par Weiss. La différence de sens n’est pas considérable. Æÿye exprime plutôt la certitude : siquidem, «si du moins, comme on n’en peut douter. » Le ye accentue, distingue la notion (comme minimum ou comme maximum) soit dans le sens de quidem, certe, saltem(« ceci du moins est certain »), soit dans le sens de etiam, « ja ». (65 ye: « der ja », cderes ja ist, welcher», Rom. VIII, 32). Eïye nai: siquidem etiam, « si du moins certainement », et de là: « puisque », «attendu que ». D'autre part ei xai peut se traduire : sé efiam, si quoque, elsi licet, «quoique ». Et ainsi eÿye xai peut signifier « quoique certainement », «bien que»; F. Goper traduisait: «si même certainement », « bien qu’assurément. » En revanche, eÿxeo exprime un léger doute: si modo, si omnino, «si seulement», «s’il en est bien ainsi ». Le xeçp (voisin de xeçé) indique que la notion doit être prise dans la plus grande généralité: circiter, cumque. allemand: « immerhin », «Wenigstens », € ja ».

En outre, on peut lire soit évdvoduevor (avec BCEK LP Vulg. Syr. Copt.), soit éxôvoduevor (avec D F G Ital. Tert. Chrys. Marcion).

La leçon évdvoduevor est admise par la grande majorité des modernes |y compris BACHMANN et LiETZMANN]. Voyons si elle donne un sens satisfaisant.

4. Les v. 2 et 4 conduisent à une première interprétation : évôvoduevor signifie « revêtus du corps actuel », en opposition à éxev0doaodaæ (v. 2) qui désigne le revêtement du corps glorieux. Et youvoi s'oppose à évüvoduevor : «nus, c’est-à-dire dépouillés du corps (par la mort)». Le sens du v. 3 serait donc : « si du moins nous sommes, lors de la Parousie, trouvés encore vêtus (du corps actuel), encore en

158 V, 3 vie, et non pas déjà nus, c’est-à-dire dépouillés de notre corps par la mort (l’âme sans corps est nue) »; le désir exprimé au v. 2 se réalisera si l’apôtre est trouvé vivant encore au moment de la Parousie (BENGEL, 3. MÜüLLER). Mais le participe aoriste évüvoduevor décide contre cette explication. Il n’est pas possible de faire de évdvoduevor un attribut (parallèle à yvuvoi) qui désignerait l’état : l’aoriste indique un acte momentané. Le participe évôvoduevos doit donc nécessairement être lié au sujet du verbe : «si du moins (ou : puisque), ayant été revêtus, nuus ne serons pas trouvés nus ». Et par conséquent, la construction qui met une virgule après évôvoduevor ne convient pas. Il faudrait le parfait évôedvuévoul, Quant à lier évôvotuevor (entendu comme on l’entend dans cette interprétation) au sujet (« si, ayant été vêtus de notre corps actuel, nous ne serons pas trouvés nus »), cela ne donne aucun sens.

. 2. Une autre explication est celle qui voit dans le év- Ovoduevor la reprise de l’idée éxevddoaoÿa du v.2 (revétement du corps nouveau). Reuss, par exemple, .traduit : « puisque (eixee) après l’avoir revêtu, je ne serai pas trouvé nu, c’est-à-dire dans l’impossibilité de vivre, mais je me trouverai, au contraire, vêtu ». Ce sens est aussi celui de Weiss, WEIZSÂCkER, HEINRICI, [LIETZMANN|. Le «puisque » justifie le désir ardent (émexododvres) du v. 2: « nous désirons.. parce qu’alors nous sommes garantis contre toute yvuvôrtns. » Mais le v. 1 ne donne-t-il pas déjà cette garantie ? Pourquoi répéter ? Le xai ne trouve pas d'explication dans ce sens. — MEYER, KiôdPPEerR entendent plutôt : « si du moins (eiye), comme cela est certain, nous sommes trouvés (quand la Parousie aura lieu) déjà revêtus de notre corps céleste, et non pas nus, privés de corps ». (évovoduevor est pris comme attribut, parallèle à yvuvoi, comme dans l’interprétation de BENGEL). Mais cette explication est inadmissible. Elle suppose que la transmutation a lieu avant que le Seigneur paraisse, pour que les transmués puissent se porter au-devant de lui (1 Cor. XV, 51. 52; 4 Thess. IV, 17).

! Ceci condamne également le sens : « trouvés vêtus de Christ, et non pas nus. » (Voir plus loin sous chiffre 3).

Cela n’est pas faux, sans doute (cf. le passage cité de 1 Thess.), mais on ne voit pas sur quoi porterait le si. — Si l’on fait de évôvoduevor la reprise de éxerd6oaodæ du v. 2, on pourrait encore, avec CHRYSOSTOME, THÉODORET, UsTERI, BONNET (qui mélange ensuite ce sens avec le sens moral de évôvoduevor, et qui d’ailleurs fait de ce participe l’attribut de eooeÿnodmea), essayer d'entendre yvuvoti dans le sens de « privés de la gloire, privés du corps glorieux », comme le sont les méchants. Le sens serait: «si du moins, tout en étant ressuscités (revêtus), nous ne sommes pas (en un autre sens) trouvés. nus» (cf. Phil. LIL, A1: &ÿ moç xaravrnow sis tv éfavdoraorv tv x vexg@r, ainsi que Matth. XXII, 11.s.: la robe de noces, et Apoc. III, 18: les vêtements blancs qui doivent recouvrir la nudité: voir aussi Dan. XIL 2: les uns pour une vie éternelle, les autres pour une infamie éternelle). EwaALD propose un sens analogue, emprunté à THÉODORE DE BÈZE : « SI, après avoir été ressuscités, nous ne sommes pas trouvés nus, c’est-à-dire coupables, comme Adam et Eve » ! — Mais ces interprétations de yvuvot sont impossibles ; yvuvoi, opposé à « revêtus d’un corps », ne saurait signifier ni « privés de gloire », ni « coupables ».

3. Toutes ces difficultés ont conduit plusieurs exégètes à prendre les images dans un sens moral (CALVIN, OLSHAUSEN, etc.): «si du moins nous sommes trouvés ayant revêtu Christ, et non pas nus, c’est-à-dire dénués du vêtement du salut ». Ce sens rendrait bien compte de la restriction eye xat. Et l’image «revêtir Christ » se retrouve Rom. XIE, 14 : évôdoacde Tùv xdçgoy ‘Inooùdr Xoordv, cf. Phil IX, 9: sboeté êv adr@. Mais ne faudrait-il pas dans notre passage : évovoduevor Xçvordv? Et comment évôvoduevor, avec ce sens moral, pourrait-il être la reprise de érerôdoaodar (v. 2), qui a bien, semble-t-il, le sens physique ? Il faudrait voir dans éxevô6oæoÿa l’idée du revêtement extérieur, glorieux, par-dessus le revêtement intérieur, spirituel, moral, désigné par évévoduevor. Mais en tout cas, on devrait modifier la traduction ci-dessus (qui prend évôvoduevor comme attribut) et lui donner la forme suivante: «si du moins, ayant revêtu Christ, nous ne sommes pas trouvés nus. »

Somme toute !, la leçon évôvoduevor ne donne pas de sens acceptable, simple, clair. On tombe toujours dans la subtilité.

Essayons donc de la leçon éxôvoduevor, admise déjà par GRIESBACH, puis par SaBATIER et F. Goper (dans la Revue chrétienne, 1894), et enfin par BousseT.

Le sens est alors : « puisque certainement » (SABATIER) ?, ou : «bien que certainement» (F. Goper), « même ayant été dépouillés (le xæi peut porter sur éxdvoduevos), c’est-àdire même s’il en était autrement que je ne le désire en souhaitant le revêtement, la transmutation de la Parousie (v. 2), nous ne serions pourtant pas trouvés nus, privés de corps. »

SABATIER entend ces derniers mots dans ce sens : que dès le moment de la mort, Paul sait qu’il sera revêtu d’un corps; au dépouillement succèdera immédiatement le revêtement glorieux, c’est-à-dire la résurrection, le corps dont il a parlé Y. 1. SABATIER presse le présent éyouer, dans lequel il voit un présent réel: dès l’instant de la mort, nous avons ce Corps. SCHMIEDEL donne la même explication, tout en lisant &vôvoduevor. Ces interprètes admettent un changement dans les idées de l’apôtre. Dans 1 Cor. XV encore, comme dans 1 Thess., Paul plaçait la résurrection lors de la Parousie. L'expérience dont il parle dans 2 Cor. [, 8-14, lui a fait sentir mieux le lien indissoluble qui l’unit au Christ vivant, et il lui est devenu clair qu’il ne peut y avoir interruption dans cette vie avec Christ qui est la sienne, même par la mort, et que son entrée dans la gloire suivra immédiatement sa mort (s’il meurt avant la Parousie). Cette conception aurait pour effet de rendre inutile (pour tous les chrétiens) la résurrection finale, le jugement, etc. — Mais ceci est en contradiction avec une foule d’assertions subséquentes de

1 [Nous devons mentionner ici la très intéressante explication de BacHmANN, dont l’auteur ne pouvait pas encore tenir compte. Bacx- MANN (p. 228) propose de regarder le si comme interrogatif, et il traduit (p. 229) : « Nous poussons des soupirs, (nous demandant) si nous serons vraiment trouvés vêtus et non pas nus. »]

? SABATIER : «J’y, aspire — et avec raison — puisque même la mort ne m'en privera pas. »

# F. Goper : «J'y aspire dès maintenant, bien que, si même je passe par la mort, je sois sûr de n’en être pas privé. »

l’apôtre ; cf.. par exemple, 2 Cor. V, 10 (jugement universel) ; Phil. IT, 20. 21, où Paul rattache expressément à la Parousie la résurrection de son corps. Bousser objecte avec raison (p. 161) qu’on ne peut attribuer à Paul un changement d’idées si brusque (entre 4 et 2 Cor.), ni le rejet de toute l’eschatologie juive (résurrection et jugementuniversel final).

Selon F. Goper, Paul est certain que même s’il passe par le dépouillement de la mort (éxdvoduevoi), il ne sera pourtant pas trouvé nu, privé de tout organe d’action et de vie. F. Goper en vient ainsi à l’idée d’un état ou corps intermédiaire, d’un organe provisoire, entre la mort et la résurrection (Parousie), organe formé sous l’enveloppe du corps actuel. Cette idée était déjà celle d’AUBERLEN, de SCHNECKEN- BURGER, etc. (voir MEYER-HEINRICI, p. 179. s., Anmerk. L.). Mais elle n’a aucun point d’appui dans le N. T.; on l’imagine de toutes pièces pour sortir d’embarras.

Conclusions !. Il faut poser d’emblée :

4° que yvuvds ne peut se rapporter qu’à la privation du corps. Ce terme est l’antithèse évidente de l’idée d’être vêtu ou revêtu, qui se rapporte, v. 2 et v. 4, au corps, et qui ne peut se rapporter à autre chose au v. 3. L'application à la vie morale (revêtir Christ, etc.) n’a rien à faire dans ce contexte. La « nudité » est l’état misérable des âmes sans corps ; cf., chez les anciens, les ombres, les mânes, et dans l'A. T., les Rephaïm dans l’Hadès.

20 que évdvoduevor, si c’est la vraie leçon, ne peut pas se rapporter au corps actuel (il faudrait alors le prendre comme attribut de edoednodueda, ce qui est impossible), mais seulement au corps futur ; évüvoduevor ne fait donc pas antithèse au éxerddoaoda du v. 2, mais reprend cette idée ; — et que éxôvoduevor, si on lit ainsi, ne peut se rapporter qu’au COrps actuel et au dépouillement qui a lieu au moment de la mort.

3° que l’idée de ne pas être trouvé nu ne peut se rapporter dans l’avenir qu’au moment de la Parousie, et non à celui de la mort, puisque cette dernière interprétation oblige ou bien

1 Voir HoLTzMANN, Neutest. Theologie, I, p. 197-199, note [2me éd., p. 220-221, note].

à placer la résurrection déjà à l'instant de la mort (SABa- TIER), ou bien à imaginer le corps intermédiaire (F. Goper), deux hypothèses contraires à l’enseignement de Paul dans ses autres épîtres.

Si on adopte la première leçon, la plus généralement admise, une seule interprétation est possible, selon moi, entre toutes celles que nous avons indiquées ; c’est celle de Reuss, KzôPPer, HeINRici, Weiss, etc., [LIETZMANN|, qui fait de la phrase du v.3 l'explication ou la justification du éæexodoürtes : « puisque (—si du moins, si réellement), ayant été revétus (de ce corps glorieux, v. 2), nous ne risquons plus d’être trouvés nus ». Sens : «La mort ne pourra plus nous dépouiller, si une fois nous sommes glorieusement transmués ». Mais cette idée me parait oiseuse : il va sans dire que si Paul a été transfiguré à la Parousie, il est à l’abri de toute yvuvdzns. D'ailleurs, n’était-il pas garanti contre cette «nudité » même en cas de mort : la résurrection (v. 1) ne l’assurait-elle pas qu’il ne serait pas trouvé nu, n’aurait pas à se présenter nu devant le Seigneur à la Parousie ? cf. 1 Thess. IV, 16. 17, où les morts ressuscitent préalablement (avant même la transmutation des vivants) pour être enlevés avec eux au devant du Seigneur. Ce sens ne me satisfait donc pas. Mie jugeait les essais d’explication de la lecon évdvoduevor « pleraque absurda, omnia dura, coacta et incongrua » 1.

Si on admet la leçon éxüvoduevor, avec MiLr, GRIESBACH, REICHE, RÜCKERT, SABATIER, F. GopET, et en dernier lieu Bous- SET, je ne puis accepter ni l'explication de SABATIER, ni celle de F. Goper. Je ne vois de possible que celle de Bousser, déjà proposée par KLING (« Studien u. Kritiken », 1839) et même par CHRYSOSTOME (MEYER-HEINRICI, p 4180) : « Nous désirons avec ardeur être revêtus par-dessus (étant vivants à la Parousie), (et ce désir sera certainement en ce cas accompli) puisque certainement (ou: attendu que), même ayant été dépouillés (par la mort), nous ne nous trouverons pourtant pas (nous ne serons pas trouvés) nus (quand le Seigneur viendra), puisque nous serons à ce moment-là (avant de paraître

! [L'auteur aurait sans doute rejeté aussi l'explication de BAcHMANN (voir plus haut, p. 160, note 1), qui fait de &vôvoduevos l’attribut de edpednoouEedd. |

devant lui) revêtus de notre corps ressuscité ; nous sommes, à défaut de la transfiguration désirable amenée par la Parousie, sûrs de notre résurrection; de sorte que, dans un cas comme dans l’autre, nous ne serons pas dans un état de nudité. » — Je modifierais toutefois cette interprétation de Bousser en traduisant eye xai par «quoique», ou: «bien que » (KING et aussi F. Goper), sens tout à fait possible, nous l’avons vu ; le lien logique avec le v. 2 apparaît plus clairement : « Nous désirons surtout être revêtus (sans mourir) lors de la Parousie, quoique à la vérité [nous soyons certains que], même sii nous avons été dépouillés par la mort, nous ne paraîtrons pourtant pas nus, Sans Corps, au jour du Seigneur, puisque Dieu nous donne(ra) le corps ressuscité.» C’est donc l’idée du v. 1 (domicile céleste préparé pour le cas de mort) qui reparaît iei comme consolation pour l’apôtre au cas où il n’atteindrait pas la Parousie : la résurrection le dédommagerait de la transmutation. Dans la traduction de Bousser («puisque »), il y a une espèce d’a fortiori: « si, même dépouillés (morts), nous avons la certitude de n’être pas nus quand le Seigneur viendra, à plus forte raison sommes-nous sûrs que si nous sommes encore vêtus (vivants) alors, nous serons “vêtus par-dessus ?”, nous recevrons le corps glorieux ». Si la vie de Christ glorifié a la puissance de vaincre la mort, à plus forte raison aura-telle celle de glorifier, transformer (revêtir) la vie! Avec notre traduction («quoique »), l’idée est simplement que l’un console de l’autre, si celui-ci manque.

Mais alors, que dire de l'intervalle entre la mort et la Parousie ? Comment Paul, qui craint tellement la « nudité », la privation d’un organe de vie, peut-il accepter cet intervalle? Ce que l’apôtre redoute, c’est l’état de yuuvdrns; voilà pourquoi il a un si grand désir de vivre jusqu’à la Parousie, afin d'échapper à ce dépouillement de la mort. Il devra, après tout, s’il n’atteint pas à la Parousie, passer par cet état, connaître la nudité de la mort ! — On peut répondre que cela sera en tout cas très court, que cela ne compte pas, vu la

1 [L'auteur semble rattacher le xaf à la fois d’une part à eÿye et d’autre part à éxdvoduevor.]

proximité de la Parousie, et que l’essentiel pour Paul, c’est de n’être pas trouvé, quand le Seigneur paraîtra, dans un état de «nudité » (privation de corps, d’organe de vie) qui ne lui permettrait pas d’entrer avec Christ dans la gloire, qui lempêcherait de participer à la vie du royaume futur. La résurrection (v. 4 et 3) le garantit contre ce danger. Cela est vrai. Mais il reste néanmoins toujours un point noir, c’est-àdire le temps plus ou moins long qui s’écoulera entre la mort et la Parousie et pendant lequel Paul sera yvuvds! Eh bien ! les versets suivants nous montreront comment l’apôtre triomphe de cette crainte, {de la perspective de cette douloureuse expérience que peut-être il devra faire.

Le v. 4 reprend l'idée du v. 2 pour la préciser (cf. le rapport de IV, 10 à IV, 11). — xai y&o confirme la déclaration du v. 2: «Oui, nous gémissons, car aussi (ou : et en effet) nous sommes sous le poids. » Cette idée de poids (Bægoëuevou) est une idée nouvelle. — où 8yres a l’accent: « déjà maintenant, pendant que nous sommes encore ». — êv 71@ oxver : dans la tente déterminée dont il a été parlé au v. 2 (év rovro). DEFG It. Vulg. Syr. Copt. ajoutent zo67@. — II s’agit toujours de Paul et de ses compagnons, et non pas de tous les chrétiens, comme le veut Weiss. — Bagoduevor doit être rapporté au poids du corps, lourde tente (comme celle du soldat) que Paul doit porter et qu’il ne porte qu’en gémissant, à cause de toutes les misères dont le corps est la source (ef. I, 8: ÉBaoñmuer dnèe Odvamr, en parlant d’un danger de mort physique). L’apôtre est accablé du poids des infirmités et souffrances présentes et soupire après une délivrance (cf. Phil. I, 23: 9» émdvuiar Eyov sis 1 dvaldou). Dans ce sens (HOFMANN, KLÜPPER, etc.) Baçotuevos indique la cause du soupir. Selon MEYER Baçoëmevor indiquerait le contenu du soupir: « Nous soupirons de ce que nous sommes accablés », ou: « Nous soupirons, accablés que nous sommes de ce que. » Et le ép” & (équivalent de éxi roër@ ôu, propterea quod, quia, cf. Rom. V, 12) désignerait la cause {, la raison de ce poids : «accablés parce que nous désirons non pas.

1 [De même: Scamienez, Meyer-Heinricr, Bousser, BACHMANN, LiETZMANN ; cf. BLass $ 43, 3.]

mais. ». Ce qui pèserait à l’apôtre, ce serait la possibilité de voir à chaque instant son corps brisé par la mort, de devoir éx0d%oaoÿa : il a une antipathie contre ce dépouillement qui le menace ; de là son gémissement. Mais il est difficile d'accorder cela avec le v. 8, où Paul exprime le désir de mourir. — Dans notre interprétation de Baçoduevor, qui nous semble beaucoup plus naturelle, le &p° & ne peut pas signifier «parce que ». Il faut, avec HormanN, KLôPPER, le rendre par: «sur le fondement de quoi», «en raison de quoi », sens qui, à la vérité, n’est pas fréquent en grec classique. L’idée est : «Nous gémissons, en raison de quoi (cependant) nous ne désirons pas mourir, mais... », C’est-àdire : «Nous gémissons, toutefois ce n’est pas pour nous une raison de désirer mourir. » — 06 #élouer indique le désir, le souhait : « notre sentiment naturel n’est pas le désir d’être dépouillés (&x060œæo%a : la mort), mais bien plutôt d’être revêtus de notre céleste domicile (éxevd6oaoÿa : la transmutation à la Parousie) ». Être revêtu du corps nouveau de la Parousie, voilà ce que l’apôtre souhaite; quant à la mort, il ne la désire pas, lors même qu’elle serait pour lui une délivrance. Ainsi son gémissement ne devient pourtant pas pour lui une aspiration à la mort. Si toutefois celle-ci a lieu, il Paccepte, la préfère même à la vie, car il ne sait la compensation (v. 8). Mais son vrai désir est autre: c’est d’être trouvé vivant par la Parousie. Le poids de la vit le fait gémir, mais il ne soupire pourtant pas après la mort qui l’en affranchirait : il désire bien plutôt que la Parousie arrive avant sa mort. — Îva xaranodñ : alors le sombre passage, la dissolution violente de la mort lui serait épargnée, la vie divine absorbant le vieux corps et y substituant le nouveau sans que Paul ait eu à traverser cette crise! Cf. 4 Cor. XV, 53. 54, qui cite Esaïe XXV, 8, non pas d’après les LXX (xarémev 6 dévaros ioydoaæs), mais d'après Théodotion (xarexddn à Pavaros eis vixoç).!

1 [Cette exégèse des v. 3 et 4 est assurément ingénieuse et intéressante. Mais est-elle à l’abri de toute critique? Et n’y aurait-il pas des raisons sérieuses de contester, par ex., la préférence donnée à la leçon éxôvoduevor, ou la traduction de eîye #ai, ou lexplication du

pp?

v. 5. — Le ôé est progressif ; il marque une gradation : «Or, celui qui... » L’apôtre indique le fondement de son espérance (v. 2. 4), qui n’est pas un vain désir, mais une certitude (oïôauer, v. 1. :; eiôdres, IV, 14): « C’est Dieu lui-même qui nous a préparés pour cela !» — sig œôrû 1où10: pour ce énevôdoaodÿœæ, pour ce triomphe de la vie absorbant la mort (V. 4). = xarepyaoduevos, cf. le xareoyd£eror fuir de IV, 17. L’aoriste doit être préféré au présent (xaæzeoya£ôuevos) qu’on trouve dans DEF G It. Vulg. Cette préparation a eu lieu par toute l’œuvre rédemptrice au moyen de laquelle se réalise la destination divine des fidèles. — %? ajoute la preuve ou la garantie que c’est bien Dieu lui-même qui prépare les fidèles à ce triomphe (v. 52), ou bien : que Dieu mènera certainement cette œuvre à bonne fin. Le don de l'Esprit, c’est le gage (1, 22) : la vie de l'Esprit en nous est la garantie de la possession du corps glorieux (corps pneumatique, 4 Cor. XV); ef. Rom. VITE, 114: la résurrection en vertu de la possession de l’Esprit (ô1& 7ù évouxodv .. nveduaæ êv duiv). — rod nvebuatos est un génitif d’apposition.

Les v. 6-10 indiquent quels sont les effets (oëv) de la certitude que l’apôtre a développée dans v. 1-5.

V. 6. — Premier effet : garder bon courage, quoi qu’il arrive. — daçoeïv, bene Spero confido, audax sum, est le contraire de éyaaxetr, de sorte que apgoôvres correspond, sous forme positive, affirmative, au oùx éyxaxoduer (négatif) de IV, 16: «Ayant donc toujours bon courage, bravant les souffrances, quelles qu’elles soient». Iévrore : en toutes circonstances, tous les jours, ce courage se renouvelle (IV, 8-11). — Il y a anacoluthe : la phrase commencée v. 6 est interrompue par le v. 7, et la construction se brise ; mais l’idée de Sagçoürres est reprise dans le Zœægçoüuer du v. 8. L'idée principale, que Paul avait en vue dès le début de la phrase, est celle de eddoxoduer (V. 8). —xai etôdres sert aussi, comme Sappoürtes, à motiver le ed0oxoduer du v. 8: « Pleins de confiance sur l'issue finale et sachant d’ailleurs que... » — évômuodvres : €lant que nous habitons dans notre corps comme dans notre patrie » (évôqueiv — « être chez soi, dans son pays, au milieu de son peuple »). — éxômuoüuer : « nous sommes en exil loin du Seigneur, nous appartenons: à une autre sphère que

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