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lui » (éxdmueir — «émigrer», puis: «vivre en émigré, en exilé ») ; «nous sommes éloignés de lui, auprès duquel est notre vraie patrie ». Cf. Phil. [, 23 (« déloger pour être avec Christ»); II, 20 («notre zoZirevuaæ est aux cieux»). Le demeurer en vie jusqu’à la Parousie, qui est le désir de Paul (v. 2. 4), a donc aussi son côté sombre (Weiss); et ceci explique la préférence exprimée au v. 8 pour un départ plus prochain.
Le v. 7 forme une parenthèse qui doit démontrer la vérité du éxômuoduer &nd r0ù xvçiov :« Eten effet, notre vie actuelle, ici-bas, est bien un exil, car elle n’est pas telle que nous puissions voir le Seigneur ou les choses invisibles, les glorieuses réalités célestes, comme nous les verrions si nous étions réunis avec le Seigneur (évdmuñoo nos 1ùv xvdçuov, V. 8); pour le moment, nous en sommes réduits à croire». Cette condition de notre existence actuelle est marquée par à miotews : miowus, Voilà la sphère dans laquelle se meut notre vie morale et religieuse ici-bas. Tant que nous sommes dans ce monde, nous ne pouvons saisir l’invisible que par la foi. (Cf. dans le grec classique les expressions : à drxarooëvns lévar, nopebeoda di 1@v 0ovr, et dans Apoc. XXI, 24: neounarmoovorr d& roù pwrôs). Mais c’est là un état provisoire. Nous attendons mieux ! — où ü& etôous : le mot eidos n’est pas synonyme de ôwrs et ne doit pas être traduit par: «vue ». Il signifie toujours: « forme, figure extérieure, image » (Vulg.: per speciem). Il s’agit de la forme, de la tigure qu'ont les choses invisibles dans leur vraie réalité (Christ dans sa ÔdEa). Av signifie: «nous ne marchons pas au milieu de ces formes véritables des choses divines, elles ne nous entourent pas encore de leur rayonnement lumineux : nous ne les contemplons pas zodoœnov noùs ngdownmor (1 Cor. XII, 12); elles sont pour nous des wÿ Baenduera » (IV, 18). Ainsi : «Nous nous mouvons dans la sphère de la foi, non dans celle des formes, des réalités visibles. » Cf. Reuss : « Ma vie présente est celle d'un croyant et non celle d’un voyant. » Tous les autres traduisent: «par la foi... non par la vue ». ! —
1 [Nous avons cru pouvoir garder cette traduction usuelle qui, au fond, exprime la même pensée que la paraphrase à laquelle l’auteur a recours. |
Quelques interprètes (TirrmANx, Lipsius, voir dans Osran- DER) appliquent à tort efdoç aux choses visibles de ce monde : «Nous ne sommes pas dominés par la externa (vana) rerum species » (IV, 18). Il est faux également d’entendre ef6oç, comme le fait HormMANN, d’une forme extérieure glorieuse qui sera un jour la nôtre, mais qne nous ne portons pas encore (où à etdovs); cette forme extérieure à venir s’opposerait à la vie intérieure, spirituelle, qui est actuellement la nôtre, à savoir la foi (ef. 4 Jn. LIL 2; Col. IIE, 3. 4).
v. 8. — Après la parenthèse du v. 7, Paul reprend le dapoodvres du v. 6 sous forme du verbe principal (%æpç05wev) pour l’affirmer plus énergiquement et l’opposer au xeçrnaroduer Au v. 7 ;le ôé est adversatif : cette condition de la vie actuelle marquée par le ü& miorews, condition difficile, pénible, entraînant toutes sortes d'épreuves et de privations, pourrait inspirer à Paul du découragement, du mécontentement... Mais non ! «Au contraire, dit-il, agçoüuer ! » Cf. pour ce Ôé dans l'apodose avec l’anacoluthe, le vuvi dé de Col. 1, 21. — xaœi sddoxoduer ajoute une nouvelle idée au dagoçoduer ; C’est le second effet de la certitude affirmée dans v. 1-5: «Nous sommes toujours pleins de courage » (4®r effet) ; «il y a plus, notre courage va jusqu’à non seulement accepter, mais désirer la mort! » — &x0mumoa 8x 10ù cœuaros (—le éx0doaodar Au v. 4) ne peut désigner que la mort (en opposition au évômuodvres êv 1© oœuar du v. 6), et évômuñoa Toùs Tùv xdguoy, l'entrée immédiatement après la mort dans le ciel, auprès du Seigneur (Phil. I, 23). Il s’agit ici d’une habitation avec le Seigneur qui succède immédiatement à la mort (cf. Luc XXII, 43 : « Tu seras aujourd’hui avec moi dans le paradis »), et non pas d’un état de sommeil, d’attente dans le séjour des morts (Apoc. XIV, 13 : « Heureux les morts... ») — Les deux aoristes indiquent l’acte de sortir et d’aller. Les deux infinitifs dépendent uniquement de eddoxoduer, et non de Saœpçoëuer qui est employé absolument. — On à voulu appliquer ce qui est dit ici à la transmutation produite par la Parousie, afin d’éviter la contradiction avec le v. 4 (où Sélouev &x060a09œ). Mais, dans la transmutation, on ne se sépare pas du corps (v. 2 et 4:
TT
Le
rite
émevodoaodæ) et on ne s'en va pas tout d’abord dans le ciel, puisque le Seigneur en descend.
Mais comment concilier ce désir de mourir, que Paul formule dans notre v., avec la répugnance pour la mort exprimée au v. 4? Son premier désir est d’être revêtu (glorifié, sans mourir). Mais il sait que diverses circonstances peuvent retarder la Parousie (qu’il croit pourtant prochaine, voir 2 Thess. 11), et si l’exil doit se prolonger trop, alors, malgré sa préférence absolue pour le &xevdveoda, il préfère mourir plutôt que vivre (u&A2ov, préférence relative), afin d’être avec Christ. En ce cas, la mort lui apparaît comme un gain (Phil. I, 21). Remarq. que son désir de mourir n’a pas pour motif le besoin de s'affranchir des souffrances du corps (puisqu'il dit, au contraire, œpçooüuer et puisqu'il a nié ce motif au v. 4 : ég” & où élouev, voir à ce verset), mais celui d’être avec le Seigneur. La certitude qui se présente à son esprit d’une communion plus parfaite avec Christ, immédiatement après la mort, lui fait accepter l’idée de dépouillement, de mort, devant laquelle il reculait (v. 2, v. 4) préférant vivre jusqu’à la Parousie. Il y a chez lui comme une hésitation, un combat: il préfère la transmutation, mais il ne repousse pas la mort, et il préfère même celle-ci à la condition présente. L’apôtre traverse une lutte analogue dans Phil. 1, 22-24, où il est partagé entre le désir personnel de mourir et le désir de vivre pour son œuvre.
v. 9. — Conséquence de ce que Paul vient de dire sur ses dispositions et ses espérances. Le Üvù xai peut se rattacher directement à l’idée d’habiter auprès du Seigneur, exprimée à la fin du v. 8 : « mais il faut pour cela lui être agréable ». Ou bien, d’une manière plus générale, on peut sous-entendre (avec Weiss) : «Dans cette hésitation, dans cette lutte entre mes propres désirs qui s’opposent l’un à autre selon le point de vue qui les fait naître, je n’ambitionne qu’une chose, c’est d’être agréable au Seigneur, soit vivant, soit mort. » — qréommuodueda: «c’est l'objet de notre ambition. » BENGEL: Haec una ambitio legitima. Il s’agit de «chercher la gloire qui vient de Dieu» (Jn. V, 44). Il y à une zu à obtenir (Rom. II, 10). — Les mots eÿre évümuoürres etre éxônuodvres, comme qu'on les explique, doivent être
liés à sddçeoros œôr® slva, non à prlonuoëueda : « Nous ambitionnons de lui être agréables dans quelque condition qu’il nous trouve quand il viendra, soit vivants, soit morts. » Les participes présents intransitifs indiquent l’état, non l’action. Pour l’idée, comp. Rom. XIV, 7. 8. — On peut sousentendre ou bien & 7& oœuarr et êx Toù owuaæros, comme font la plupart, ou bien æoûs rè» x6çrov et émè 1où xvçiov. Cela revient à peu près au même pour le sens. Mais il est beaucoup plus naturel de penser au corps, puisque dans les versets précédents il a été question de savoir si Paul sera dans son corps ou hors de son corps, s’il sera trouvé vêtu ou dépouillé, ete. ; c’est l’idée de ocôua qui est prépondérante dans tout le passage (v. 6. 8. 10.). — eddoeoros : lors de la comparution devant son tribunal, où tous seront cités, les vivants et les morts (Rom. XIV, 10). Pour arriver à ce eddgeoror, objet de l’ambition chrétienne, il faut l’effort persévérant dont Paul parlera VII, 1: éxerelodvres Gyrocdvnv. Voilà le quaormuodueda | v. 40. — «Car (yo) il y a pour nous tous un examen à subir ! » — zoùç névras ju&s désigne tous les chrétiens. Il n’y a pas d’exception; cf. Rom. XIV, 10. — paregod va à une autre portée que le zaçaormoe de IV, 14: il s’agit du jugement suprême, de la pleine manifestation des actes et des sentiments intimes, des pensées et des mobiles secrets qui nous ont fait agir et que les apparences ont déguisés ici-bas ; cf. 4 Cor. IV, 5 : £ws àr &29n Ô xbçuos, Os nai parider 1& xopunrà T0Ù oxÔToUg xœi pavepooer Ts BovÂids 1ôv xaoô@r. Ce paveowdÿva renferme une allusion aux manœuvres honteuses des adversaires de l’apôtre (ch. XIT et XIID) et peut-être (KLôPPER) une apologie de sa doctrine, qu’on accusait de légèreté antinomienne: Paul lui-même n'aura pas de privilège, ne sera pas excepté du jugement. Ce jugement n’est pas un jugement individuel au moment de la mort, mais le jugement universel, final, qui aura lieu lors de la Parousie (expressément mentionnée dans le passage parallèle 4 Cor. IV, 5). L’image éuxooofer roù Biuaros ne convient qu’à ce jugement. Image solennelle, propre à faire trembler ceux qui marchent dans des sentiers tortueux. — xouionrœi: Le verbe xouibo signifie : curo, procuro, porto,
fero, «emporter » ou «apporter » ; au moyen : miht aufero, accipio, consequor, recipio, recupero, ici: «recevoir (en récompense, en restitution) ce qu’on a fait, c’est-à-dire recevoir la rétribution de ce qu’on a fait ». Notre conduite, nos actes sont comme un dépôt, que nous retrouvons, qui nous est rendu, restitué ; cf. Éph. VI, 8: ôve £xaoros êdv t1 mouiom dyaÿôv, Trodro xouicera mag xvoiov. — Éxaotos : «Chacun pour soi»: cf. Rom. XIV, 12: &xaorog muôv net éavrod Adyor doce 1@ de. — 1à dà 100 cœuaros, scil. xoaySévra : «les choses dont le corps a été l’instrument. » Cf. Platon : alodoes, RÔGvar ai du Toù cœuaros. — Quelques Pères, OSIANDER, entendent ici par côua le corps ressuscité, dans lequel on recevra cette rétribution. Mais alors le z& ne s'explique pas: il faudrait simplement &cà r0ù oouaæros, sans té. Dans le contexte il ne peut s'agir que du corps actuel. — Certains Pères et plusieurs Versions! lisent z& ?ôœ toù G@uatos, propria corporis. Cette leçon à joué un rôle dans la discussion sur le péché originel entre Augustin et Pélage. Ce dernier niait que les petits enfants eussent des 10æ peccata et fussent par conséquent condamnés. Dieu ne rétribue que les péchés qui nous sont Zôsæ, notre œuvre personnelle. Mais l’expression 7& Ÿdvœ Toù oœuaros serait bien singulière pour rendre cette idée. — On pourrait être tenté de faire dépendre, par inversion, r& du 1où cœuavos de éxouéer, mais le z& s’y oppose. — Les mots zoûs à &nçoaëer indiquent la norme d’après laquelle la rétribution aura lieu: « Chacun recevra ce qu’il a fait par son corps, conformément à (c’est-à-dire d’une manière qui corresponde à) ce qu’il a fait.» La tournure à quelque chose de pléonastique ; c'est pour accentuer fortement l’idée de rétribution, et de rétribution proportionnelle, équitable. DFG échappent à la difficulté au moyen de la lecon & ôcà voù oœuatos éxoaëËer. Mais cette leçon, trop facile, est évidemment une correction. — eîre dyæddv elre xaxôv, SCil. ëxoa- £ev. Le singulier &yæS6, xax6v, ne peut désigner que l’ensemble de la conduite, l'attitude générale par laquelle il appert si la grâce a atteint son but. La rétribution du mal
1 Itala, Vulgate, Goth., Armén.
aura lieu soit par un rang inférieur dans le royaume, soit par l'exclusion du royaume. — A la leçon xaxdv (B D etc.) qui est celle du T. R., admise par Weiss, plusieurs préfèrent la lecon padloy qu’on trouve dans R C, quelques Minusc. et la plupart des Pères (ainsi TiscHENDORF, WEsTcorr-HorT, Nesre). Mais cette leçon est peut-être le résultat d’une conformation à Rom. IX, 11. (Weiss).
Une question difficile se pose à propos de notre verset : comment concilier cette attente du jugement suprême de la Parousie! avec des passages comme Jean IL, 18 (o8 xoiveræ), V, 24 (ais xoiouv oùx Épyeræu) et avec la certitude, que Paul vient d’exprimer au v. 8, d’être dès sa mort auprès du Seigneur, ce qui semble bien supposer que son sort est dès maintenant fixé ? Voici quelle nous paraît être la solution : le chrétien véritable, au moment de la Parousie, n’est pas jugé quant au salut et à la perdition (la question est déjà tranchée pour lui dès le moment de sa conversion), mais quant au degré de sa récompense. En tant qu’il est vraiment en Christ par la foi, il est à couvert dans le jugement et ses péchés pardonnés ne sont pas de nouveau remis en lumière. Mais il peut, par manque de vigilance, de fidélité, de zèle, perdre la récompense à laquelle il eût pu avoir droit (voir À Cor. IT, 14. 15 : eÿ zuvog Tù Epyov uevet.…. muoddr Auve- TL. &l TiVOG TÔ ÉQyov xaTaxaOETAL, Énmiodoerar, aÔTog OË owdoera, oÙrocs 0 os di nvgds). Quant au chrétien de nom, le jugement de la Parousie démasque la fausseté de son christianisme et a pour résultat sa condamnation. Voyez les paroles de Jésus dans Matth. VII, 21-33 ; Luce XIIT, 24-27 ; la parabole des talents et celle des marcs (serviteur infidèle), la parabole des vierges (les vierges folles), etc., et les enseignements de Paul.
1 Les épîtres, de même que J.-C. (Matth. XXV), enseignent souvent un jugement final d’après les œuvres.
3me section: Le ministère chrétien, bien que méconnu des hommes, est d'origine divine: dévouement de Paul à cette œuvre.