TROISIÈME PARTIE PAUL ET SES ADVERSAIRES Chap. X, 1 à XIII
Le chap. X débute brusquement, sans liaison avec ce qui précède. Le ton est très différent de celui des chap. I-VIL Tandis que la première partie de l’épitre présente le conflit entre Paul et les Corinthiens comme apaisé (voir IF, 4-14), ce conflit semble ici être encore dans sa phase aiguë. On en a conclu que les chap. X-XIIT sont antérieurs aux chap. I-IX. (Voyez Introd. $ 3, 2). Mais ces raisons ne sont pas péremptoires. Les traces prétendues d’antériorité, par rapport à chap. I-VIL ne sont pas probantes. Divers indices de la première partie montrent que le conflit était apaisé seulement en partie. Dans ce qui suit, ce sont des zvéçs, non l’Église, qui s’opposent à Paul. Il restait un groupe, composé d'étrangers,
judaisants avant tout, qui résistait. Il fallait en finir avec lui, pour que le prochain séjour de Paul pût être un séjour de paix et de joie. Donc il y avait encore quelque chose à faire dans cette intention. Il s’agissait de préparer l’avenir (chap. X-XIID), après avoir parlé du passé (chap. I-VID) et du présent (chap. VIIT-IX). La collecte y était d’ailleurs intéressée.
Premier morceau: Polémique directe.
Ch. X.
FX 16.
! Au reste personnellement moi Paul je vous exhorte par la douceur et la débonnaireté de Christ, moi qui en face (prétend-on) suis humble chez vous, tandis que absent je suis plein de fermeté à votre égard ; — ? je (vous) prie que je n’aie pas, une fois présent, à m'’affermir dans l’assurance dont je compte m’enhardir contre ceux, quels qu’ils soient, qui se persuadent que nous marchons selon la chair. 3 Car tout en marchant (vivant) dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair, # car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes devant Dieu pour renverser les forteresses. (C’est par elles que) nous renversons les raisonnements (des adversaires) ‘et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et (que) nous amenons captive toute pensée à l’obéissance de Christ.° Et nous sommes en mesure de punir toute désobéissance, quand votre obéissance sera devenue parfaite.
Paul voudrait, dans son prochain séjour, n'avoir pas à se départir de l’esprit de douceur ni à user des armes de la sévérité que son apostolat lui confère.
v. 4. — Le ôé est progressif : « Pour achever ce que j'ai à vous dire ». — ævrès &yo oppose la personne de Paul à celles de ses collaborateurs (Timothée, Tite, etc.). RÜCKERT et d’autres pensent que, dès ici, Paul écrit {ui-méme. Mais il y aurait un 5ÿ éuÿ yet, cf. 1 Cor. XVI, 21; Col. IV, 18. Selon EwaLp, Paul aurait pris ici lui-même la plume avec
262 PU) | l'intention d’ajouter quelques mots seulement, et il se serait laissé ensuite entraîner à écrire toute cette troisième partie de l’épître ! MEYErR voit dans ce aœërôs &yw l’expression d’un sentiment de fierté que Paul éprouverait à la pensée de son apostolat. Mais ce serait peu conforme à la zoaërns dont il prétend s'inspirer. HoFMANN veut que le œëûrûs éys oppose Paul aux trois délégués du chap. IX : le zaçaxaià de X, 1 et la suite se rapporteraient encore à la collecte. Mais non ; le sujet de la collecte est clos avec IX, 15.
Selon nous, Paul veut marquer par les mots æürûs éys que ce qui lui reste à traiter avec l’Église le concerne, lui spécialement, personnellement : « C’est moi, moi seul qui parle maintenant ; c’est de vous et moi qu’il s’agit ; à nous deux !» Cette forme isole sa personne ; cf. Rom. IX, 3 : VIE, 2 (par rapport à Israël et à Christ). Il en est de même ici. — xaoaxa?à est pris absolument : le contenu en sera indiqué au V. 2 (Üéoua etc.). Ce zaoaxaæ?s Sans complément commande l’attention pour la xapdxAnous qui va venir ; il insiste sur l'acte, mais n'indique pas encore le contenu de l’exhortation, bien qu’il renferme in nuce les ch. X-XIIT. — ôc introduit le grand mobile qui doit pousser les Corinthiens à obéir aux exhortations de l’apôtre : la douceur, la débonnaireté que Christ a montrée dans sa vie et qu’il inspire encore maintenant; cf. Rom. XIE, 1; Phil. Il, 1. ss., et, pour cette zoaürns. Matt. XI, 29. 50. Il y a une nuance entre les mots zoaërns et énuevxeia : le premier désigne plutôt la disposition intérieure, le second la manifestation dans les rapports avec autrui (disposition à céder, au lieu de tenir strictement à son droit).— Par le 6ç, «moi qui», Paul reprend les propres paroles de ses adversaires, qui lui étaient revenues. — Pour éxor dapç&, Voir v. 9. 10.
v. 2. — Le ôé est adversatif: « Mais, je vous en prie, ne me forcez pas à... » Le ôéouæ reprend le maçpaxaiû avec une nuance de tendresse (douceur de Christ) en plus. I a pour complément sous-entendu un ouôy à tirer du ou&s du V. 1. — 7ù ui Sagoñoou : « que je ne déploie pas mon énergie». CHRYSOST. complète en ajoutant wÿ uë dvayxdonte. — Le xaç&v à l'accent, en opposition à éxov (v. 1). Pour ce nominatif avec un infinitif, voir BLass $ 72, 1. — 7ÿ xemoi-
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doer: «en vertu de l'assurance ». — 4oyi£oua et Aoyiéouévous se répondent : le second désigne le calcul des adversaires qui spéculaient sur la prétendue lâcheté de l’apôtre en disant: « Il n’osera pas !» Le premier se rapporte aux plans de Paul, qui, lui aussi, médite un projet, et ne reculera pas devant l’exécution ! Aoyi£ouæ a le sens moyen (« penser. projeter ») et non le sens passif («être tenu pour »); celui-ci nécessiterait un éz@v accompagnant le verbe. — ro/uñoc : voir XI, 21. — êxi signifie ici «contre » et se lie évidemment à ToÂuñoa, NON à Papoñoa (comme le veulent ceux qui donnent le sens passif à 2oyi£oua).— xarà odgua mepimarodvzas (cf. Rom. VIIT, 4) [désigne «une conduite dirigée par des motifs qui n’ont rien d’idéal, rien de chrétien », LieTz- MANN] : on accusait Paul d’user de moyens terrestres, autres que ceux du zveüuaæ (mensonges, ruses, flatteries, etc.) et de ne pas se contenter de la parole de la vérité accompagnée de la puissance de l'Esprit. Le mot odoëé, ici, exprime moins l’idée de faiblesse que celle d’une activité égoïste et habile, contraire à la volonté de Dieu. Cf. CHrysosr. : drébarror yo arr os bnonçirir, ds rovnoôr, ds dAdÜ Ov.
V. 3. — D'après MEYER le yéo motiverait le déouar du v. précédent. Nous admettons, plus simplement, que ce yéo porte sur la fin du v. 2: 2opêouévous….. gs xarà cépua me- Qurarodvras : les adversaires comptent sur la lâcheté de la o&oË chez l’apôtre ; ils se trompent, car Paul n’obéit pas aux inspirations de la o&gé, et ainsi rien — aucune considération d'intérêt ou de gloire — ne l’arrêtera ; il dira la vérité, il interviendra, il agira sans aucune crainte humaine. — Dans êv oaçxi et son opposé xarà odgxa, le sens de odoé doit être le même. ’Ev cagxi ne peut donc désigner purement et simplement la vie physique. Dans les deux membres de phrase, odçë renferme une notion morale: c’est la chair de péché, la vie physique telle que le péché l’a faite et qu’elle lui sert d’instrument. Nous vivons encore dans ce milieu, dans ce monde corrompu qui est celui de la chair corrompue et mortelle (cf. Gal. IT, 20 : év oœgxl), mais nous ne lui obéissons pas ; la chair n’est plus la maîtresse, nous la dominons! Cf. ce qui est dit de Christ dans Rom. VIIT. 3: év ouorouar cagxès éuaotlas. [LIETZMANN pense que &v caçxi a le sens
neatre qui est, selon lui, celui de o&ç£ dans Gal. IF, 20° Phil. I, 29, tandis que xarà oäoxa exprime l’idée de «pécheur ».] — ovparevdueÿa : tout le ministère apostolique est un train de guerre [cf. VI, 7 ; 1 Tim. I, 18].
Le v. 4 donne la preuve (y&e) de l’assertion du v. 3 (où xarà odgxa orparevdueta). Cette preuve repose sur l’idée toute naturelle que, si la guerre soutenue était xarà odgxa, les éxla le seraient aussi. — oœgxrx& : « dont le principe, l'inspiration est la o&oë ». Cf. la oopia oaoxix, 1,12. — d24à Ovvarà 1® 9e : la contre-partie naturelle de oxpxrxd serait nvevuarixd. Mais cela va presque un peu trop sans dire, et comme à l’idée de oœægxxd se rattache très naturellement celle de faiblesse, Paul caractérise ses armes, en opposition aux charnelles, comme étant Ovvarà 16 de®, ce qui implique leur nature pneumatique. Ces armes sont: la parole de vérité, la prière, le souffle puissant de l'Esprit pour convertir et, au besoin, pour châtier (cf. par exemple le cas d’Elvmas, Act. XIIL, 8-12). Comparez la panoplie de Éph. VI, 44. ss. — 16% de ne signifie pas : «au jugement de Dieu » (il faudrait zaç&), ni: «pour la cause de Dieu» (èxéo), mais : «par rapport à Dieu », qui leur donne leur puissance, qui agit par le moyen de ces armes-là.— moûs xadaioeowv Gyvo- @udrtov : & pour tirer en bas, renverser les forteresses ». Le rod (ou eës) dépend de vvart et indique à quoi ces armes sont bonnes. ’Oyvocuura (cf. 6yvoùs rômos, éyvo nôÂus) figure tout ce qui résiste à l'Évangile, aussi bien chez les Juifs que chez les païens. Quant à xadaipeow, cf. le xarœoydver etle xaraopyeïr dei Cor. I, 27.28. — xadœgodvres!: anacoluthe et construction ad sensum, comme déjà IX, 11.43. Le participe se lie à un #ueïs, sujet logique du v. 4 (renfermé dans le }u&r) : «Nous qui faisons usage de ces armeslà, nous le faisons en détruisant..… » — 2oysouo6s : les plans, les desseins de l’ennemi (cf. v. 2). [LIETZMANN entend: « les sophismes », les subtilités de raisonnement.]
v. 9. — Ces Zoyiouoi sont le fruit de l’orgueil qui résiste à Dieu ; de là l’idée de £pœua qui, dans l’image, désigne les
[On fait ordinairement commencer ici le v. 5. L'auteur suit NESTLE, qui étend le v. 4 jusqu'à xadaçpoüvres.]
tours, les fortifications, etc., dont l’ennemi se sert(— 6yvo- Qu). — xarà t1ÿs yvoosws 1où eoù : «contre la connaissance seule véritable, seule adéquate, que l’on a de Dieu en Jésus-Christ», et par conséquent : contre la diffusion de l'Évangile. — aœiyualoriovres n@v vémua : «faisant prisonniers de guerre, une fois les moyens de défense (éyvoouazæ, Üpœua) de l'ennemi détruits, tout produit, toute activité de la pensée humaine, c’est à-dire les plans, les desseins des adversaires ». — Cette prise de possession asservit pour afiranchir, car elle a pour but et pour effet de soumettre à Christ. C’est ce qu’indiquent les mots sis 7ÿv draxoÿv 10ù Xçoroë, qui dépendent de œiyualoribovres. Le eis, au lieu du datif, fait ressortir l’idée que la docilité à Christ est la sphère de vie morale dans laquelle Paul introduit les esprits qu’il soumet : il les fait prisonniers pour les mettre dans l’obéissance à Christ. Le sens de contre, pour eis, est inadmissible ; il faudrait xaré [avec le génitif]. Et le v. 6 prouve que l’obéissance de tous à Christ est bien le but de l’activité de l’apôtre, donc le terme du œiyualaori- £a. Cette obéissance est celle de la foi, cette victoire a lieu par la conversion.
v. 6. — Mais tout le monde nese laisse pas amener à l’obéis: sance ; il y a des exceptions, il y a des adversaires qui ne se plient pas devant le vainqueur, mais qui pratiquent la rebellion (zæoaxo). (Ces zagaxodovres sont évidemment des ennemis, non des sujets devenus infidèles, comme le veut HorManN). Eh bien! pour ceux-là, Paul est tout prêt (& éroiu@ Eygeuv — in promplu habere, «avoir à sa disposition ce qu’il faut pour... ») à les punir, s’il le faut (éxüsmoa : «tirer vengeance, punir »). Toute l’armée ennemie doit subir le joug de Christ ; et si elle ne le fait pas volontairement, l’apôtre se servira d’autres armes. Ces armes de réserve, c'est le châtiment ! — Par les mots ürar mAnowdÿ dudv bxaxoÿ, Paul a bien soin de distinguer entre les adversaires et la grande partie de l’Eglise de Corinthe (omeïs) qui pratique l'obéissance, sinon déjà à la perfection, au moins en y tendant (cf. drè uéoovs, I, 13. ss. : bnd 16v nÂedvoy, Il, 6). Quand cette recherche de l’obéissance sera arrivée à son terme, c’est-à-dire à la parfaite dxmaxo, alors
aura lieu le châtiment des réfractaires, la éxôfæmous ; mais pas avant, parce que la patience de Dieu attend, afin d'en amener le plus grand nombre à la soumission. L'Eglise tout entière doit être purifiée; quand ce travail sera achevé, les adversaires obstinés seront entièrement isolés, et alors
on pourra punir, c’est-à-dire les exclure.
ZX 7-11.
7 Regardez-vous à l’apparence ? Si quelqu'un se flatte pour soi-même d’être à Christ, qu’il se persuade également lui-même que tout comme lui est à Christ, ainsi nous aussi de même. 8 Car si même je me glorifie un peu beaucoup au sujet du pouvoir que le Seigneur nous a donné pour votre édification et non pour votre destruction, je n’en aurai pas de confusion, ° afin que je ne paraisse pas vouloir vous effrayer par mes lettres. 1° Attendu que ses lettres, dit-on, sont à la vérité graves et fortes, mais sa présence corporelle est faible et sa parole méprisable. !! Que celui qui parle de la sorte considère ceci: tels que nous sommes en paroles, par nos lettres, de loin, tels aussi (nous sommes) de près, en actes.
L’apôtre ne se livre pas à une vaine jactance, comme on le lui reproche, mais les &oyæ sont chez lui à la hauteur des
paroles.
v. 7. — Le Blérere peut être pris affirmativement, impérativement ou interrogativement. — 4° Le sens affirmatif
contient l’idée d’un reproche : « Vous regardez aux choses extérieures, vous vous achoppez à mon apparence chétive, vous vous laissez séduire par ceux qui se targuent d’avantages extérieurs et même de relations personnelles avec Christ, par ceux qui prétendent être les seuls vrais serviteurs de Christ. Sachez que si... ». L’apôtre condamnerait l'erreur de qui juge selon l’apparence. — 2% Sens impératif : « Regardez aux choses qui tombent sous les sens ! Il est pourtant évident que je suis chrétien, puisque. » [Ce sens impératif est admis par Bousser, LIETZMANN, BACHMANN]. — 3° Sens interrogatif (LUTHER, BENGEL, OSIANDER, KLÔÜPPER).
Ce sens, un peu ironique, est certainement le meilleur : il est le plus fin, le plus vif et le plus naturel dans ce contexte ému ; il renferme d’ailleurs un reproche indirect : « Regardez-vous à l’apparence? Jugez-vous d’après ce qui tombe sous les yeux ? » (On a trouvé l’apôtre faible à Corinthe). Réponse : « À cela j'oppose ceci: Si quelqu'un... » — ef ms ménorder éavr®.…. fait allusion aux prétentions des où roù Xoçvoroù dont Paul parle dans 1 Cor. I, 12 [voir à ce sujet LiErzmanN |. — DEF G It. ajoutent 6o840ç après Xgwo70, [mais l’expression Xouorod eivar est familière à Paul (cf. 1 Cor. HE, 23 ; XV, 23: Gal. IE, 29) et signifie « appartenir à Christ », LIETZMANN]. — Todro 2oyibéodo nl : le x&lw se justifie soit par la relation de éavr® à êp’ éavrod, soit par celle de xérordev à Aoyi- &Séodw. MEYER se prononce pour la première relation : «Il se confie en lui-même ;: qu’il considère aussi par lui-même ». La seconde nous paraît préférable ; le x&zw porte sur la similitude d'idées du zémouder et du 2oypsCéodo : «Il fait ce raisonnement (il a cette confiance) pour [ce qui le concerne] lui-même ; qu’il fasse aussi, en lui-même, ce raisonnement pour #01, à mon sujet. La chose est aussi évidente dans mon cas que dans le sien!» Au lieu du ép’ éavrod den B L (cf. Vulg. It.: apud se), le T.R. lit, d’après CDEFGK P : &p° éœvrod. Mais cette leçon, plus courante, est probablement une correction due au fait qu’on n’aura pas compris le ég’ éavrod. Ce dernier signifie : «pour soi, à part soi, en se recueillant en soi-même », tandis que dy’ éavroù aurait le sens : « proprio motu», et voudrait dire: « Il devrait avoir vu cela de lui-même, sans qu’on le lui rappelle. » — Le Xo:oroû qu’on trouve dans le T. R. à la fin du verset doit être retranché; il manque dans BCDEFG P It. Vulg. Syr — Traduction : «Si quelqu'un prétend |a pour lui-même la confiance d’| être de Christ, qu’il juge de nouveau en lui-même ceci : que, comme lui appartient à Christ, nous aussi lui appartenons!» Paul est «de Christ», lui aussi, tout autant qu'eux !
Le v. 8 donne la preuve (par «a fortiori) du oûrogs xai ueis : «Que si même j’affirme de moi quelque chose de plus que le simple Xoozoù elvæ, je ne serai pas confondu ». Ce neooodteoôv zu, c’est l’autorité apostolique (é£ovoiaæ), dont
Paul est revêtu, mais dont il a fait abstraction dans les versets précédents. — eis oixodouÿr uai oùx eis xadaigeouv dudv : Paul peut détruire (v.4), mais tel n’est pas son bu. Le but qu’il vise, c'est de batir, et chacun a pu voir à Corinthe comment il bätit (4 Cor. LIL, 9. ss.), quelle est sa puissance pour l’oéxoôour de l’Église. Ce n’est pas à Corinthe qu’on peut lui contester cela ! Le oôx eis xadæigeouv fait allusion soit aux adversaires, qui divisent et détruisent l’Eglise fondée par Paul (le temple de Dieu, 1 Cor. If, 17), soit au déploiement de sévérité de Paul lui-même envers l'Eglise (4 Cor. V) ; dans ce dernier cas, l’apôtre veut dire qu’en usant d’une telle sévérité il n’a pas eu pour but de détruire, mais de sauver, de bâtir.
v. 9. — Le iva ne commence pas une nouvelle phrase ; il n'introduit pas une proposition subordonnée qui dépendrait du v. 41, le v. 10 étant une parenthèse (c’est ainsi qu’entendent CHRYSOSToME, la Vulg., qui lit un dé après iva, et plusieurs autres) ; mais £væ se relie tout naturellement au v. 8: «Si je vais jusqu’à me vanter.., je ne serai pas confondu, afin qu’on voie bien (v. 9) que ce ne sont pas de simples paroles par lesquelles je cherche à vous terrifier, mais une réalité. » — gs &v, tanquam, quasi (équivalent du Goxeo &v des classiques, analogue pour le sens à &ç ei, oonmeçei) atténue ce qu'il y a d'humiliant pour les lecteurs dans l’idée de &xpo- Beïv bu&s : «que je ne paraisse pas vouloir comme vous effrayer (tanquam terrere vos, Vulg.), ou : comme voulant vous effrayer ». — Le lien avec le v.10 est dans l'idée sous-entendue : «comme on m'en accuse ». — dià 1@v émoroÂdv : l’article désigne les lettres, bien connues des Corinthiens, que Paul leur à écrites. MEyER reconnaît lui-même que cette tournure suppose plus d’une lettre antérieure à notre épître. Ce züv émoro2üv est favorable à l’idée d’une lettre perdue entre 1 et 2 Corinthiens.
V. 40. — pyoir est impersonnel. On pourrait aussi suppléer un zis, ou un sujet comme le 6 éoyéuevos de XI, 4 ou le à rapdoowv de Gal. V, 10. B lit la troisième pers. du plur. paoir (cf. Vulg. Syr. : inquiunt); [voir BLAss 30, 4.]— Baoeiæ se rapporte à la sévérité, à la menaçante gravité du contenu de ces lettres, qui commande le respect (antithèse :
éfovdevmuévos, «tenu pour rien, méprisé ») ; éoyvoæi caractérise la fermeté, la violence du ton (antithèse : doders, «sans force, sans vigueur »). Ainsi : [de loin, par écrit, l’apôtre est sévère et le prend de haut, mais] quand il est là, son apparence et sa parole font peu d'impression et n’inspirent pas de respect. Cf. 4 Cor. IL. 3. 4. Il ne faut pas voir dans ce reproche let en particulier dans l’adjectif dodevñs] une allusion à une maladie ou à la petite taille de l’apôtre (ef. Act. XIV, 12); l’idée est simplement que soit dans sa personne, soit dans ses discours, il n’y à rien qui impose : son apparence est chétive, c’est celle d’un ouvrier qui gagne sa vie ; et quant à sa parole, elle n’a pas d’éloquence, elle ne connaît pas les formes de la rhétorique, lelle est celle d'un éüc@zs, XI, 6; cf. 1 Cor. IT, 1-4.|
v. 41. — «Celui qui juge ainsi (6 zovodros), je lui donne ceci à considérer (zodro Aoyibéodw)». Le 2oyi£éodo reprend celui du v. 7.— Il faut sous-entendre un éouér après le ro105zou (correspondant au otoi êouer). L’apôtre repousse le double rôle qu’on lui prête : fort de loin, faible de près, tel n’est pas son cas ! Il n’a pas seulement des mots, il a aussi des actes ! Et ceux-ci sont à la hauteur de ceux-là! Cette déclaration se rapporte non à l'avenir, à la prochaine visite de Paul, mais au passé, à ce que les Corinthiens ont vu de lui, lors de Ia fondation de l’Église (voir v. 12. ss.), et peut-être aussi dans un second séjour, auquel pourrait se rapporter la zœçovota aodevÿs [et le Adyos es du v. 10; cf. & ul TT; et le passage XIT, 2
12 Çar nous n’avons pas la hardiesse de nous égaler ou de nous comparer nous-mêmes à certains de ceux qui se recommandent eux-mêmes; mais ce sont eux qui, se mesurant à leur propre mesure et se comparant euxmêmes avec eux-mêmes, ne sont pas intelligents. ! Nous, au contraire, nous ne nous glorifierons pas de ce qui dépasse notre mesure, mais conformément à la mesure de la limite que Dieu nous a assignée comme mesure : à savoir arriver jusque chez vous aussi. {# Car nous ne nous
étendons pas nous-mêmes au delà (de notre domaine) comme si nous ne devions pas arriver jusqu’à vous, puisqu’en effet nous sommes arrivés les premiers à vous. avec l'Évangile de Christ. !5 Nous ne nous glorifions pas. (dis-je), en dépassant notre mesure et dans les travaux d'autrui; mais nous avons l’espoir que, votre foi augmentant, (il nous sera donné) de grandir abondamment. parmi vous, tout en restant dans notre domaine, ‘6 afin de prêcher l'Évangile dans les contrées qui sont au delà de chez vous, (et) non de nous glorifier de ce qui est déjà fait dans le domaine d’autrui. {’0r, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. !8 Car celui-là est un homme. éprouvé, non pas qui se recommande lui-même, mais. que le Seigneur recommande.
Paul peut opposer des faits, des œuvres (cf. 7@ &oyo, v. 11) aux vaines jactances de ses adversaires.
Le v. 12 motive l'affirmation du v. 41. [L1ETZMANN voit dans le y&o une liaison purement formelle.] — Le oë ro2môuer, Cnous n’avons-pas l'audace de », est ironique, évidemment. [Cf. XI, 21. ss., où Paul a cette audace (LierzMANN)]. — évagivar : « compter dans, [parmi, mettre au rang de, égaler |», Vulg. : inserere, se construit avec sis, xar&, ou le datif. — ovvxgivar, « comparer » (— maçpañällew). — Le roiv est complément des deux verbes, [de même que le éavro6ç]. — now T1üv : «à tels de ces hommes qui... », c’est-à-dire pas même aux moindres d’entre eux. — éavrods ouroravdvtror : «se recommandant eux-mémes », au lieu d’être recommandés par leurs actes, où par des succès dans lesquels se révèle la bénédiction de Dieu. — &44à œôroi…..: Avec la leçon ordinaire (c’est-à-dire si l’on conserve les mots où ovn&ouv- 13 queïs dé), deux interprétations sont possibles pour le v. 42, suivant qu’on rapporte le œèroi aux adversaires ou à Paul. Dans le premier cas, le 4224 oppose la conduite des adversaires à celle de Paul, décrite dans 122 (où y&g roluüuer) ; dans. le second, le &224& oppose la conduite de Paul à celle desadversaires, indiquée dans les derniers mots de 122 (éavrods: Svvioravévrov). 1° La première opposition paraît plus naturelle ; et d’ailleurs le ques ôé du v. 43 oblige à rapporter 42.
aux adversaires, et non à Paul. Ainsi: « Maiseux, se mesurant à leur propre mesure (littér.: eux-mêmes en eux-mémes) et se comparant eux-mêmes avec eux-mêmes, ne sont pas intelligents ». — Au lieu de la forme attique ovr&our, qu'on trouve dans B, le T. R. à ouwodow, avec EK L P (de ovvLéw), R porte ovvicaow (de ouvotôa) : « ils ne savent pas, ils ne se rendent pas compte ». HorManx adopte cette dernière leçon et donne à ovvioæow pour régime éœvrois : « ils ne sont pas conscients avec (en) eux-mêmes ». On à aussi voulu, dans cette interprétation (qui rapporte le œëroi aux adversaires) faire de ovrzodov un datif pluriel du participe (ovvieis OÙ ovridv) en l’accordant avec éavrois : « à euxmêmes (les adversaires), qui ne sont pas intelligents ». Mais cette construction est bien peu naturelle, et la phrase n’aurait pas de verbe principal. — uerçodvres xai ovvxçivovres : D'ordinaire, on se mesure à une règle, à une norme en dehors de soi; eux se mesurent à eux-mêmes (littér. : en euxmêmes), c’est-à-dire d’après une norme qui est en eux-mêmes, d’après leur propre appréciation, d’après leur propre prétention à être ceci ou cela, — au lieu de se mesurer à la norme objective de l’œuvre que Dieu leur a confiée ou leur fait la grâce d’accomplir, et de se comparer à d’autres qui travaillent mieux ou plus qu'eux ! Meyer les fait parler ainsi : «Quel grand homme je suis ! Que de choses je peux, je sais, je fais! Combien même je me dépasse moi-même! » CALVIN applique notre passage aux moines, si ignorants et pourtant si infatués d’eux-mêmes.
20 Si on rapporte le œërot à Paul, il faut entendre le werooùvres et le ovvxotvovres de la vraie appréciation de soimême, dans laquelle on se juge soi-même, non autrui, on se compare à soi-même (ce qu’on devrait être à ce qu’on est), et non à d’autres pour se glorifier d’être meilleur qu’eux: [«Mais nous-mêmes, nous mesurant nous-mêmes à nous-mémes, et nous comparant nous-mêmes avec nous-mêmes... »]. L'idée est alors la même que dans Gal. VE, 4. Il faut, dans ce sens, évidemment lire ovvcodow et le prendre comme un participe. Ce participe pourrait être rapporté au soir de 192 ; le v. 12b jusqu’à éaœvzois serait alors une parenthèse. Mais c’est là une coupure impossible de la phrase! Le o$
ovviodo» pourrait aussi S’opposer ironiquement à éaævrots et signifier : « nous comparant à nous-mêmes, non à des gens intelligents (comme le sont nos adversaires) ! » Mais il faudrait, pour que la phrase fût claire, l’article : oë toiç ovrsodowv. Enfin, et c’est ce qui vaudrait le mieux, on pourrait faire de 68 ovvsodouwr l’apposition de éavrois (dans un sens iroñique aussi): « à nous-mêmes, les nonintelligents (au jugement de nos adversaires) ». Tous ces sens sont très peu naturels et nous paraissent exclus par le fueis dé du v. 13 qui oppose Paul à ceux dont il vient de parler au v. 12, de sorte que c’est bien aux adversaires que S’applique v. 42». — Pour échapper sans doute à la difficulté du où ovvsodou, ou bien au brusque passage de 122 (Paul) à 142? (les adversaires), D F G et l’'Itala retranchent les mots où ovviodorv (ovri&ouv) ques dé. Le œëroi se rapporte alors naturellement à Paul et est le sujet du xavynodueda (v.13). [Cette leçon, qui a le grand avantage d'éviter un abrupt changement de sujet entre 122 et 12P, est adoptée par SCHMIEDEL et Bousser. En revanche, BaAcHMANN et Lierz- MANN en restent au texte habituel. LIETZMANN remarque que dans les épîtres pauliniennes le groupe D F G présente le plus souvent un texte retravaillé, et que la suppression des mots en cause est beaucoup plus probable que leur adjonction. |
v. 43. — Le v. 12b à dépeint la manière de faire des adversaires ; le v. 13 y oppose (*ueïs dé) la manière d’agir de Paul. — OÙx els Tà Œueroa xavynodueda : il ne se vantera pas (il n'aura pas de prétentions) d’une manière illimitée, sans avoir en dehors de Jui une mesure qui borne ces prétentions (comme c’est le cas de ses adversaires, qui n’ont d’autre mesure que leur bon plaisir). — d22& xarà& Tù uéroo».: mais il a une mesure, une norme, tracée par Dieu lui-même, à savoir « la mesure de la limite » (xavwr, «règle, ligne de démareation ») que Dieu lui-même lui a assignée comme mesure. Les génitifs 08... uérçov sont une double attraction, pour : à wéroov. Le substantif wérçov, apposition de où, a pour but d’accentuer fortement l’idée qu’il y a une mesure, en opposition à eis t& Gueroa. — Le génitif roù xavdvos est un génitif subjecti: «la mesure qui résulte de la limite (xavw») tracée par
Dieu », ou bien un génitif d’apposition : « la mesure qui consiste dans (ce qui est) la limite...» — Cette mesure, cette limite est indiquée dans les derniers mots du verset : égrxéodar &yor xai budr, «c'est-à-dire de parvenir aussi jusqu’à vous » ; cela n’est pas en dehors des limites prescrites par Dieu à l’apôtre! — Ainsi: « Mes prétentions ne sont pas sans mesure (comme celles de ces gens-là! ; elles se renferment dans les limites de l’activité qui m’a été assignée de Dieu (uegibew, « partager, distribuer, attribuer ») ; et ces limites, c'est d’arriver aussi (xœé : «aussi», car il y a bien d’autres conquêtes [que Paul a faites] entre Jérusalem et Corinthe) jusqu’à vous ». L’apôtre fait allusion aux prétentions de ses adversaires, les faux apôtres, qui s’ingèrent dans son œuvre et se vantent que c’est la leur (ainsi, entre autres et tout spécialement à Corinthe), tandis que lui, Paul, peut se glorifier sans exagération, sans tomber eês 1& äueroa, d’avoir été le premier à apporter l'Évangile aux Corinthiens et de l’avoir fait en vertu et dans les limites d’une mission expresse de Dieu.
Le v. 14 est une parenthèse Die de éprréod ar you «ai buy. Et d’abord, v. 14%: « Car nous ne nous étendons pas nous-mêmes au delà (èxéo) de notre mesure (normale), comme si nous n’étions pas destinés à arriver jusqu’à vous, comme si vous étiez en dehors de la sphère d’activité qui nous est assignée ». Si Paul n’était pas destiné à travailler à Corinthe et y prétendait cependant, il ressemblerait à un homme qui s’allonge au delà de (bxegexrelvair) la limite qui lui a été tracée, qui dépasse ainsi le domaine dont il lui est interdit de sortir, comme le font ses adversaires, qui se permettent de travailler sur le terrain d’autrui (v. 45). Le présent éprxvovwevor exprime le principe, non le fait historique de l’arrivée à Corinthe. — Ce fait est mentionné dans 44b, à l'appui de la déclaration de 142, qu’il vient confirmer: «Car nous sommes arrivés en effet les premiers à vous avec la prédica- “tion de l'Évangile du Christ». — ép9doauer, quoi qu’en dise MEYER, renferme l’idée de prévenir les autres (cf. Xénophon : phévew eis 1ÿv nôw, « arriver le premier dans la ville »); Paul veut dire : «C’est nous, non d’autres, qui nous sommes hâtés pour vous apporter l'Evangile». Le xæi
(ef. celui du v. 13) fait allusion aux autres Églises fondées par Paul en Asie, en Grèce; celle de Corinthe était de toutes la plus éloignée vers l’occident et, jusqu'ici, la limite de son activité. — &v T@ edayyellow : « dans l’affaire de l’ Évangile », cf. VIIL, 18.
Le v. 45 reprend, après la parenthèse v. 14, l’idée du v. 13, c’est-à-dire le xavynodueæ sous-entendu dans 13. Paul veut dire: «Non seulement, dans mon xavyqua, je ne m'approprie pas ce qui ne m’appartient pas, je ne sors pas de ma sphère, mais j’espère aller beaucoup plus loin. » — [Les participes xavyouevor et yovres Sont de nouveau des participes absolus : voir à IX, 411.) — ëv &A2o1oioiç xdmous : La vanterie des adversaires se rapporte à des travaux faits par d'autres (Paul, etc.) et dont ils se vantaient comme si c’eussent été les leurs. Paul n’agit pas ainsi, mais, en revanche (Gé), il espère (&4xiôæ Éyovres), comme c’est son droit, que, la foi des Corinthiens étant augmentée, lui-même pourra « grandir parmi eux ». — ad£avouévns 1ÿs niotews buy (génitif absolu) : Jusqu'ici leur peu de foi, leur faiblesse spirituelle l’a entravé, l’a empêché d’aller plus loin. Leur foi augmentant il en sera autrement ; l’apôtre pourra faire ce qu’il désire depuis longtemps : pousser plus loin ses conquêtes (aller jusqu’à Rome). — weyalvrdÿva ne signifie pas « être célèbre, loué», mais doit être compris à la lumière des versets précédents : «grandir, m’allonger, m'étendre, de façon à pouvoir aller beaucoup plus loin que chez vous, — mais toutefois sans sortir des limites qui me sont assignées (xartà tùv xav0vœ ur) ». ÉRASME : « significat se sperare futurum ut, crescente fide Corinthiorum, crescat et ipse et major majorque fiat ». Get accroissement de l’apôtre et de son activité n'aura pas lieu, s’il n’y à aü£émous de la foi des Corinthiens. — els mequoceiar Se lie à ueyahvrd var : Paul se sait destiné à une extension beaucoup plus grande et glorieuse encore de son action: la Gentilité tout entière est son domaine. — [Toutefois, c'est tout d’abord au milieu des Corinthiens que Paul doit grandir ; de là le] &v ôuèv: «parmi vous, comme apôtre, grâce au développement de votre foi ».
— [Dans cette explication, les mots xarà& Tèv xavdva fur els neçuooeiær sont rapportés à ce qui précède ; LIETZMANN
= el à
incline à les relier plutôt à ce qui suit (edayyelioaodau, v. 16), tout en remarquant qu’on attendrait alors un xœi avant xat&, Mais que ce xæi manque aussi, dans l’explication cidessus, après es meguooelar.]
V. 16. — L'infinitif sbayyeliouoë indique le but du ueyañvvSÿveu : «grandir afin de prêcher l'Évangile dans les contrées qui sont au-delà de vous.» — drepéxeava, ultra, appartient au grec de la langue vulgaire. — oùx &v &21o7çio xavdvs..: «non pour me glorifier de ce qui est déjà fait (Ërouuaæ) dans une sphère qui n’est pas la mienne », c’est-àdire dans une Église déjà toute fondée, toute organisée par d’autres (allusion aux adversaires); [cf. au v. 15 : & &240z@ious x6mouS (LIETZMANN)|. — xavyäodau sis: «Se vanter par rapport à » [LxETrzMANN cite un exemple de cette construction dans Aristote].
v. 17. — Règle générale applicable à tout xavy&oda. Cf. Jér. IX, 23. 24 et L Cor. [, 31. — Le Ôé fait la transition du fait du xavy&odra à la règle qui doit y présider et que Paul va indiquer : « Or, quant à la xaüymous, voici la maxime à observer : que...» — ëv xvçiow: le Seigneur seul doit être l’objet du xavyäoÿœ; Paul se glorifie uniquement dans le Seigneur, par la grâce et la force duquel il est rendu capable de faire ce qu’il fait; cf. 4 Cor. XV, 10: yours Ôë deod sim 6 eluu, ai yaors adrod ÿ eis êuë 06 xevÿ éyevmdn. Célébrer le Seigneur, l’œuvre du Seigneur en lui et par lui, voilà quel doit être son seul xavy&oëe !Aïnsi ce n’est pas lui (l’homme) qui est glorifié, mais le Seigneur.
Le v. 148 montre pourquoi c’est là le seul xavy&oda valable : c’est que la seule recommandation solide est celle que donne le Seigneur, et non celle qu'on se donne soi-même. Donc, se vanter soi-même, c’est néant! — Odximog: |« vérifié; qui à résisté à l’épreuve, qui a fait ses preuves», puis :| «justement loué, apprécié, approuvé », non seulement devant les hommes, mais surtout devant Dieu. — 6 éavrdr ovviorévor, «se recommandant soi-même », au lieu de faire du Seigneur l’objet de son xavy&oÿa. — [A cette recommandation toute subjective et qui ne consiste qu’en paroles, l’apôtre oppose une recommandation objective, venant du Seigneur :| dv 6 x6ç10ç ovviormowv. C’est une recomman-