À IX
davantage sur la collecte. — Les mots zÿv xoodvuiar buüv renfermeraient, selon RÜckERT, une assertion exagérée et que Paul sait être fausse ! Il faudrait des raisons plus graves pour attaquer le caractère moral de l’apôtre ; le mot zooûvwia» se justifie très bien : la collecte avait bien commencé l’année précédente, et Paul, qui avait vu l’empressement des Corinthiens, l’a vanté et le vante encore aux Macédoniens. — Pour l’accusatif #v, cf. VIE, 14: 87 71... xexadymuar. — dnèo dur: «en votre faveur, pour vous faire apprécier », [ou bien, simplement: «à votre sujet», ôxéo — xeoi, cf. VII, 14]. — Le présent xavyouaæ devant Maxeddow prouve que l’apôire est encore en Macédoine au moment où il écrit. — ô7 introduit le contenu du xavyôuc; [on pourrait le rendre par la tournure : «en leur disant que ».] Paul s’est vanté et se vante encore auprès des Macédoniens auxquels il déclare : « L’Achaiïe est prête depuis une année! » Il le croyait en effet! (voir plus haut). — ’Ayæiæ, non dweïs: l’apôtre reproduit ses propres paroles, telles qu'il les a adressées aux Macédoniens. — x«i indique l’effet produit par cette déclaration : «et ainsi votre zèle» (ou: «le zèle venant de chez vous», si on lit 6 € dur [ÿ2os, avec D EF G K L au lieu de la lecon ro budv 6%A0 de K B) «a agi sur eux pour les exciter.» — roc mÂeiovas : de Sorte qu'il n°y en a que peu qui n'aient pas été stimulés.
vV. 3. — Paul indique le but de l’envoi des frères, d’abord négativement (32), puis positivement (3b). — ëneupa : aoriste épistolaire, comme VIIL, 18. 22. — zoùc ddeXpoés : Tite et les deux autres délégués. — rù xabynua a un sens très général: «tout le bien que j'ai à dire de vous » ; il ne s’agit pas encore Spécialement de la collecte. Ce sens général est ensuite déterminé, restreint par les mots &v TO UÉQEL TOUTE : «afin que les faits ne démentent pas mon xavynua à Votre sujet sur ce point-là (à savoir la collecte) ». — 3b, Le second iva, qui indique le but positif, est parallèle au premier ; il pourrait se rendre par: « c’est-à-dire que...» — x@90ç éAeyor (imparfait): « comme je le disais (avant l’arrivée de Tite) ».
Le v. 4 ajoute le motif de l'envoi : «il faut hâter lexécution de la eollecte, de peur que, si des Macédoniens viennent
avec moi (à la suite de ceux qui me précèdent, cf. v. 5: xpoë1doow) et qu'ils ne vous trouvent pas préts, nous ne soyons — pour ne pas dire: vous ne soyez — couverts de confu- SION ». — êv Tÿ dnoordoer Tabry : «en Ce qui concerne cette assurance, d’après laquelle j’ai dit que vous étiez prêts ». Le mot dméoræors, qui peut signifier base, supposition, substance, etc. (voir les Dictionnaires) a presque toujours dans le N.T. le sens de confiance, assurance (cf. XI, 17 ; Hébr. XI, 1.) [qu’on trouve également dans les LXX et dans les écrivains profanes de l’époque hellénistique : voir des exemples dans LIeTz- MANN |.
v. 5. — Mot final, conséquence du v. 4 (odv), sur cette mesure de l’envoi de délégués, qui pouvait sembler blessante pour les Corinthiens. — xaçaxaléoa, cf., pour ce qui concerne Tite, VIIL, 6. 17. — xgoéd wow : les délégués devanceront à Corinthe Paul et ses autres compagnons. Le xoo est répélé dans xooxaragriowou pour accentuer la nécessité que tout Soit prêt avant l’arrivée de Paul ; xooxaraovieuv : « organiser, préparer à l’avance ». — nooennyyeluévmv : « promise à l’avance », soit par les Corinthiens à Paul, soit par Paul aux Églises de Macédoine. — eéloyia se dit quel- : quefois des bienfaits, des bénédictions en acte, soit de Dieu (Éph. I, 3), soit, comme ici, de l’homme (à l’imitation de la bienfaisance divine) : une bénédiction sortant du donateur et enrichissant le destinataire. — radrmr éroiumr elvar est un infinitif de but devant lequel on pourrait sous-entendre Gore : « de Sorte que celle-ci soit prête ». — oËrœs : «de cette façon, par cette manière de procéder ». — &ç td2oyiav, xai y ds mÂeoveËiar : « que votre bénédiction soit une vraie bénédiction, c’est-à-dire abondante, large, et non une manifestation d’avarice ». C’est vouloir avoir davantage (xAeovekia, de xÂéov £yw) que de donner moins. Le &ç mÂeoveéiar de notre v. est synonyme du pesdouévos du v. 6.
Les derniers mots du v. 5 sont le thème du morceau suivant, le dernier de cette partie de l’épitre.
60r, voici: celui qui sème chichement, moissonnera aussi chichement, et celui qui sème avec largesse moisson-
nera aussi avec largesse.7Que chacun (donne) selon qu'il a résolu d’avance dans son cœur, non à regret ou par contrainte, car « Dieu aime celui qui donne gaîment ». 8 Or Dieu est puissant pour faire abonder toute grâce pour vous, afin qu'ayant en tout point toujours toute suffisance, vous abondiez en toute bonne œuvre, ° selon qu’il est écrit: « I] a répandu, il a donné aux pauvres, sa justice demeure à toujours ». {° Et celui qui fournit de la semence au semeur et du pain à manger, fournira et multipliera votre semence et augmentera les fruits de votre justice; !! (vous serez) enrichis en tout pour une entière générosité capable de produire par notre intermédiaire des actions de grâces à Dieu. !? Car le service de cette oblation sacrée non seulement a pour effet de combler ce qui manque aux saints, mais encore surabonde par les actions de grâces à Dieu d’un grand nombre |ou: pour Dieu par les actions de grâces d’un grand nombre]. Dans l’appréciation de ce service ils glorifient Dieu touchant la docilité de votre profession de foi à l'Évangile de Christ et la générosité de votre communion envers eux et envers tous, ‘#et dans leurs prières pour vous, ils souhaitent ardemment de vous voir, en raison de la grâce surabondante de Dieu qui (repose) sur vous. © Grâces à Dieu pour son don ineffable !
Encouragement final à la collecte : bénédictions promises à celui qui donne largement et gaîment.
v. 6. — Paul relève d’abord l’idée de quantité : il faut donner abondamment. — Après roro, on peut sous-entendre : éotiv, OU : {otéov, ou: 2éyw. Le dé n’est pas restrictif, mais explicatif, progressif: cf. Phil. IE, 43 : 8 ô£. Ou bien. on pourrait regarder roëro dé comme un aceusatif absolu : « Mais en ce qui concerne cela »…— La phrase qui suit est une maxime proverbiale, figurée. — Seoioe : lors de la Parousie. — 4 eôAoyias désigne la condition (éxé) dans laquelle les semailles ont lieu : « avec bénédictions », ou: « au milieu de bénédictions», c’est-à-dire: «en répandant autour de vous des « dons, des bienfaits. »
v. 7. — L’apôtre parle ensuite de la qualité du don, qui importe encore plus que la quantité. On pourrait, tout en don-
nant beaucoup, donner par contrainte ; ce serait mal donner. — Le parfait xçofonraæ (R BC P Vulg.) doit sans doute être préféré au présent zçoostr (ED K L, T. R.). Le xoo- exprime l’idée de préférence. — Il faut sous-entendre après Ëxaotos un impératif, par exemple ddr ; voyez plus loin Odrmv. — êx Adnnçs, &€ dvdyxns indiquent les dispositions d’où procède (&x) souvent le don. Aëxy : la tristesse du sacrifice que l’on fait à regret; dvdyxn: la contrainte que subit celui qui n'ose pas refuser, [qui donne uniquement parce qu'il estime que son nom, son rang, sa position l'y oblige ; CÎ. LIETZMANN]. — iaoér à l’accent et s’oppose à Aëxn et &v&yxn. Paul cite ici, librement, Prov. XXIL 8 d’après les LXX : Gvôoa ilaçdr xai Odrmr edloyet (Var. : &yan@) 6 eds. [Cette phrase du texte des LXX n’a pas d’équivalent dans le texte hébreu. — Les expressions oxeigor et deçicer du v. 6. font peut-être déjà allusion au passage qui dans les LXX précède immédiatement les mots cités par l’apôtre, à savoir : ô oneioor padia Tegioer xauxd].
Les v. 8 et ss. indiquent le motif qui doit encourager les Corinthiens à donner : ce sont les bénédictions qui résulteront pour eux de ce fait.
Le v. 8 a pour but d’éloigner la crainte qui pourrait les troubler dans leur gaîté de cœur, à savoir celle de manquer! - Qu'ils n'aient pas peur : plus ils donneront, plus Dieu leur multipliera les moyens de donner encore ! — üvvaret (T.R.: Ovvards) est en tête, avec l’accent : Dieu peut faire cela (v. 8. 9), et il le fera aussi (v. 10. 11). — m&oav yäow s’applique évidemment aux grâces, aux biens temporels, que Dieu multipliera aux Corinthiens, pour les mettre en état de donner. — xeprooedoæ à le sens transitif : « faire abonder » Cef. IV, 15 ; 1 Thess. IL, 12; Éph. I, 8. En revanche, le xeçuocednre qui suit a le sens intransitif, cf. VIE, 7 ; IX, 12 (Lierz- MANN)|. — aœdrdoxeia est pris par MEYER dans le sens subjectif de «contentement ». Mais il ne s’agit pas ici de savoir se contenter de quelque chose; il s’agit d’avoir de quoi donner, de quoi suffire. Le sens est donc bien plutôt : «suffisance ». Cette pleine (x&car) suffisance, cette abondance doit avoir pour effet, pour résultat, pour terme (eës) «toute œuvre bonne », c’est-à-dire toute œuvre de charité ; elle doit mettre
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les Corinthiens en état de répondre à tout appel providentiel. — Remarquez l’accumulation significative & mavri TÉVTOTE n&oa» : «en tout point, toujours, toute espèce ». [cf. VII, 7:1X, 41 (LIETZMANN) |.
v. 9. — Citation du Ps. CXIL 9, textuellement d’après les LXX. L’aoriste éoxdgnmioer indique l’acte sans cesse répété. Le verbe oxoomi£ew exprime la générosité qui distingue le i2açôs 06m (v.7) ; cf. BENGEL : spargere plena manu. — Gixaoodvn ne signifie pas bienfaisance (dans d’autres passages les LXX traduisent souvent 11% par éepuoobvn). mais désigne la fidélité, la droiture morale, qui s'exprime aussi, entre autres, par la bienfaisance. La foi chrétienne sincère engendre la charité. [Dans le psaume, le sens de « justice » semble devoir être préféré à celui de « bienfaisance »: aussi les LXX ont-ils rendu ns par Oxæroo dry. Mais on peut se demander si Paul n’a pas donné à ce mot Guxœuocdrn le sens d’aumône (LIETZMANN). La réponse sera différente selon qu’on admettra, avec LiETzMANN, que Paul applique le mot du psaume aux lecteurs, ou, avec BOUSSET, qu’il le rapporte à Dieu]. — uéva ne se rapporte pas à la récompense éternelle que reçoit la justice, mais à cette justice elle-même, c’est-à-dire à l’amour chrétien, dont l’action se renouvelle incessamment (à mesure que Dieu lui en fournit les moyens). — és rùv aiüva: jusqu’à la Parousie et même au delà, puisque cet amour « ne périt jamais » (1 Cor. XIIL, 8): ef. Jn. VI, 27 : rÿv uévovoar sig Cov aiovrov.
v. 40. — Il faut préférer les futurs yoony#oa, etc. (K B CG D P It. Vulg.) aux optatifs aoristes (yoonyfoa, etc.) du T. R. (d’après E GK L). L’apôtre fait une promesse, non un vœu. Le futur se rattache très bien à sis rdv aiôva.
10 est une allusion évidente à Es. LV, 10 (LXX): xai 06 onEQua T@ omelpovri xœi dorov els Bodo.
(10? renferme peut-être un écho de Os. X, 12 (LXX): oneloate éavtois eis Ounœaoodvnr….. Eos Toù &A Dev yevmuaræ duxœoodvns uir.]
Paul reste dans l’image qui a déjà été employée aux v.Get9 et il s’en sert pour constater que Dieu donne deux choses : la semence, qui permet de semer de nouveau, et le pain, qui fournit à l'homme sa nourriture (Booors désigne
proprement l'acte de manger; la nourriture se dit Boüua). {Partant de ce fait d'expérience générale dans le domaine de l'agriculture et de l’alimentation, l’apôtre promet aux Corinthiens que Dieu leur donnera de même :} 4. de quoi semer, de quoi accomplir les œuvres de charité qui leur incombent (Tdv oxdçov dur, correspondant à onéQua 1@ oxelgovts de 102). Ge sont là les semailles ! Et ainsi: 2. Dieu augmentera les fruits qui naîtront de la ôvxaoovn. de la fidélité chrétienne des lecteurs (yevfuara vs dinœooévns budy, correspondant à &orov eis Boo de 102, c’est-à-dire au pain nourricier qui est le fruit du travail du laboureur). En résumé : Dieu multipliera aux Corinthiens et les ressources pour faire le bien et les bienfaits qui en découleront. — I] faut évidemment lier yoonynoes à ce qui suit et ne pas donner pour complément direct à ce verbe le &oro» eis Boüow qui précède. Les deux verbes yopnyñoe xai xÂmdvvet signifient: « Dieu donnera (fournira), et même toujours plus abondamment. » — yévqua |de yeyévqua, parfait de yéyvouaæ] se dit, dans le grec postérieur, des fruits, des produits végétaux (cf. Matth. XXVI, 29). Ce mot doit être distingué de yévymua [qui vient de yevvdo et signifie « descendance »]. Le T. R. lit yevvy- Uata.
V. A1. — êv navri nÂovrnbôuevor indique la manière dont se fera ce qui est promis dans 10°. Ce participe zlovri£ouevor ne continue pas le v. 8, comme si les v. 9 et 10 étaient une parenthèse (ceci est inadmissible, vu le nouveau commencement de phrase au v. 10). II y a anacoluthe, construction ad sensum ; le nominatif x£ovu£ôuevor se rapporte à l’idée de bueis renfermée dans le our du v. 10. Ce dueis est le sujet logique, qui doit accomplir les œuvres de justice. [LIETz- MANN note avec raison la fréquence du nominatif absolu dans nos chapitres; cf. VIIL, 19. 20. 24; IX, 43; et plus loin: X, 4. 5. 15; XI, 6.] — eis näoar &xÂdimra indique le but de l'enrichissement : «en vue de toute générosité », c’est-à-dire pour pouvoir répondre à toute espèce d’appels. Pour &xid- 2ns, Cf. NIII, 2. — fus, quippe quæ : « laquelle. est capable de produire ». Ces derniers mots servent de transition à l’idée des fruits spirituels de la bienfaisance (v. 12. ss). — dr’ quüv, Cf. le Gcaxormdeïoa bp’ puy, VII, 19. 20. C’est le cas main-
2 CORINTBIENS — 17
tenant : Paul et ses aides sont les intermédiaires du don et par conséquent les agents de l’action de grâces qui va monter vers Dieu (les mots z® 6 se lient le plus naturellement à eyaquoriar). Naturellement aussi, ceux qui rendent gràces sont ceux qui reçoivent le bienfait.
v. 12-15. — Les fruits spirituels de la collecte.
v. 42. — Le ôu introduit une explication de 11P. — # draxovla vis Aeurovoyias : «le service que vous accomplirez par cette œuvre de 2erovoyia » ; le génitif est celui de l’apposition. Le mot Zewovoyia désigne un service public et surtout un service religieux ; il se dit du sacerdoce dans l’Ancienne Alliance. L'assistance (dvaæxoviæ) est ainsi présentée comme un sacrifice, un acte religieux. Cela relève la dignité: de ce service. [BACHMANN voit la même intention dans l’emploi du mot 2essovoyiaæ. LiETZMANN la conteste. | — où uôvor…. &id...:il y a non seulement un déficit comblé, mais un boni réalisé, un excédant (xeçgrocebovoæ). — La forme analytique (éori» avec le participe) sert à exprimer non seulement ce que cette bienfaisance opère (noooavanÂnoodoæ) mais aussi ce qu’elle est : elle est «surabondante » (xeguooebovoa),. en fruits spirituels ; elle déborde et jaillit par (ô&) une surabondante action de grâces. — zo22&v est complément plutôt qu'attribut de edyagronuür (voyez la suite). —[rS de@ dépend-il de xeprooebovoa ou de sdyaægronüv ? L'auteur ne se prononce pas sur ce point. LIETZMANN adopte la première construction: il ne s’agit pas seulement d’une prestation envers les pauvres (122), mais aussi envers Dieu (12); cf. BacH- MANN, dans sa traduction |.
Le v. 13 donne l’explication du zegsooetovoa. Il ne faut pas le rattacher au v. 11, en faisant du v. 42 une parenthèse. Il y à de nouveau anacoluthe et participe au nominatif absolu (cf. v. 11): Éoédéovres se rapporte aux xo44oi EÜYAQLOToùvres, dont l’idée se trouve dans z042@», complément déterminatif de sdyagronu@r (voir à v. 12). Paul continue, au v. 13, comme s’il avait dit au v. 12: «en ce que beaucoup: rendent grâce à Dieu ». — Gi& rÿç Ooxiuÿs… : « étant ame-. nés, par le moyen de la constatation, de la démonstration de cette bienfaisance, à glorifier… » [évé indique non la manifestation, mais l’occasion de la louange: | le 6o£d£er est provoqué-
par là ! — êxi introduit deux motifs du Éo£d£esv. Tandis que did indiquait simplement l’occasion qui provoque le do£d£ew, émi désigne la raison plus profonde, les motifs. — 4er motif : ni 1} bnorayÿ.… roù Xouoroô : « à cause de votre docilité à confesser l'Evangile de Christ ». ‘Ouo£oyiæ, « confession, profession de foi » (ef. 1 Tim. VI, 42. s.). [Pour la construction duoloyia eis 1ù sdayyéluow, cf. Justin, Dial., ch. XLVIL 4: tv eiç tèv Xouotdv Toù deod duoÂoyiar]. — 2e motif : xab GnAdtor 1ÿs xowvovias…: «et à cause de la générosité de votre communion envers eux et envers tous ». Les chrétiens d'origine juive qui reçoivent le bienfait des païens penseront bien que ce que les Corinthiens font pour eux (eis œérows), ils le font aussi volontiers pour tous (xaœi eis xävtas). — Remarquez l’emploi judicieux des prépositions : && (le moyen, l’occasion), éxé (la cause), sis (le terme).
v. 44. — Le datif éejoa pourrait être relié, comme les deux précédents (77 dmoray et &xÂdrmu) à OoËd£ovres êni. Mais éxi adror Ôejoa ne pourrait signifier que : « à l’occasion de leur prière », ou : «dans leur prière ». Ext aurait donc un autre sens avec ce troisième substantif qu'avec les deux précédents. Aussi est-il préférable de rapporter demoe à ce qui suit et de joindre adrov à émnodoëvto» ; on obtient ainsi un génitif absolu [qui, comme le remarque LIETZMANN, succède au nominatif absolu du v. 13 (d0£4£ovtes), Sans que le sujet change {|}. — xai aèr@v : « eux aussi, eux-mêmes, par la prière qu’ils font pour vous (8 B G ont: dnèo }udv), Souhaitant ardemment de vous voir, ou : de vous posséder » (cf. éxundünous, VIE, 7. 11). — diù Tv... ydçur….: « en raison de cette grâce extraordinaire de Dieu qui repose et reposera de plus en plus sur vous (voir v. 8. ss.), et dont eux, les saints de Jérusalem, recevront la preuve palpable ».
— Ce v. 14 relève un beau résultat de la libéralité des Corinthiens. L'Église judéo-chrétienne tendant maintenant les bras vers le monde des Gentils où elle voit abonder la grâce et fleurir la charité, — quel effet admirable du « vil métal », manié par l’éydrn chrétienne ! Une action de grâces remon-
1 [Tandis qu’il y a changement de sujet entre les nominatifs absolus des v. 11 et 13.]
tant jusqu'à Dieu (v. 12 fin et 13), et le rapprochement, l'union des deux parties de l’Église (v. 14), voilà assurément de beaux fruits, de vrais yevfuara 1s Gixaroodvns (V. 10) !
v. 45. — A cette pensée, Paul ne peut retenir un cri d’action de grâces. Si un eri semblable s’échappait du cœur des lecteurs, il ferait, mieux que tout le reste, abonder la collecte ! — Le 6€ du T. R., qu’on trouve dans E K LP Syr. Copt., doit être retranché, d’après kB CD FG It. Vulg. — êmi indique la cause de la dors. — dvexduiyntos : « impossible à décrire entièrement » (éx), « inénarrable ». — œùrod dwgeg ne désigne pas la collecte actuelle, mais l’œuvre de Dieu dans le monde (chap. V), le don du salut par lequel il unit les hommes sur la terre et la terre avec le ciel. C’est Ià la dowgea xar &éoyhv. cf. VILLE, 9. Ce don est l’effet et la manifestation de la yéçs [divine, à laquelle répond la yégus de l’apôtre]. Le œèroÿ oppose ce don aux dons humains. Ceux-ci peuvent être comptés, appréciés, décrits, celui de Dieu jamais |