XI, 4-45). XI
point accepté, (tout cela) vous vous en accommodiez facilement !
5 (Supportez-moi). Car j'estime ne le céder en rien à ces éminentissimes apôtres! 6 Que si même je suis un simple dans (l’art de)la parole, je ne le suis certes pas en connaissance, mais nous avons été en tout point, parmi tous, manifestés quant à vous. 7 Ou bien, ai-je commis un crime en mabaissant moi-même afin que vous, vous fussiez élevés ? en ce que je vous ai gratuitement prêché l’Évangile de Dieu ? 8 J’ai dépouillé d’autres Églises en acceptant (d'elles) un salaire pour votre service; et même, lorsqu’étant auprès de vous je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge à personne. ° Car ce qui me manquait, les frères venus de Macédoine y ont suppléé ; et ainsi je me suis gardé de vous être en aucune façon à charge, et je m’en garderai (encore). { C’est une vérité de Christ en moi, que cette gloire ne me sera pas ôtée dans les contrées de l’Achaïe. !! Pourquoi ? Est-ce parce que je ne vous aime pas”? Dieu le sait ! !? Mais ce que je fais, je continuerai à le faire, afin que je retranche ce prétexte à ceux qui cherchent un prétexte pour être trouvés pareils à nous dans ce dont ils se glorifient. { Car de tels personnages sont de faux apôtres, des ouvriers de mauvaise foi, qui se déguisent en apôtres de Christ. !# Et il n’y a rien là d'étonnant, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière. ! Il n’est donc pas extraordinaire que ses ministres aussi se déguisent (de manière à paraîitre) comme des ministres de justice. De telles gens la fin sera selon leurs œuvres.
Paul commence par glorifier son apostolat au point de vue de l’œuvre accomplie par lui.
Les v. 1-4 servent d’introduction à ce premier point et à tout le morceau :que les Corinthiens veuillent bien supporter la vanterie de l’apôtre !Il a le droit de le leur demander, puisqu’ils supportent celle de gens qui sont loin d’avoir fait pour eux ce que lui a fait.
V. 1. — ôpeloy pourrait être le participe aor. 2, mais est plutôt regardé comme l’aor. 2 indicat., sans augment, du
verbe épeiño (cf. BLass$ 15, 4), avec le sens du latin debebam — utinam! — Au lieu de la forme hellénistique dveixeode, qu'on trouve dans presque tous les Majj., le T. R. donne la forme attique #veiyeode (double augment). — Les leçons wxçdv 1s &poocérns mou (FG), et wou mixqÿr 7ÿ äpoooévn (K LP) sont sans doute des corrections de la leçon nov uxoôv 1 épgoobvns (8 BDE M). Dans le grec classique, dvéyouæ (sustineo, fero) se construit ordinairement avec l’aceusatif ; on pourrait donc être tenté de donner à dveiyeode pour objet wxçdv époocérns, et de faire de mov le complément de cette locution. Mais le v. 1 prouve que nov est le complément de dveiyeode. 11 y a donc sans doute un double génitif : celui dela personne (wow) et celui de la chose (épooodvns). Le wxoév mn est une détermination temporelle (« pour un moment») ou quantitative («un peu»). Dans le N. T. dvéyoua régit le génitif (Luc IX, 41: Act. XVIIL, 14; etc.). Weiss entend wexodv r époocéyms comme un accusatif déterminatif : «quant à un peu de folie ».—L’apôtre parle d’imprudence ou de folie (époocv»n) ;après ce qu’il vient de dire à la fin du ch. X (v.17. 18), il paraît en effet insensé de se vanter soi-même. Mais il faut remarquer que sa glorification personnelle, bien loin d’être, comme celle des adversaires, une vaine parade, est la revendication légitime et même nécessaire de ses droits et de sa position d’apôtre. En ajoutant 4, l’apôtre se reprend, se corrige lui-même: « Mais vous le faites déjà! Qu’ai-je besoin de vous le demander ? » (xæœi, «aussi »— «en effet», « réellement »). Cela, Paul l’a constaté par l’accueil que les Corinthiens ont fait à sa précédente lettre et aux « vanteries» qu’elle renfermait. Ce sens indicatif de Gvéyeode est admis par DE WETTE, MEYER, KLÔPPER, WEISS, [Bousser, LiETZMANN]. D’autres voient dans dvéyeode un impéralif: «Mais faites-le, bon gré mal gré; faites-le, méme (xai) si cela vous est désagréable! » (Vulg., CALVIN, BENGEL, HOFMANN, | BACHMANN |).
v. 4.— yo: «Supportez-moi (v. 1), car mon motif est pur ; mon zèle est un zèle de Dieu ; comment donc me refuseriezvous ce que je vous demande ? » — £726 du&s: «je suis jaloux à votre sujet ». — fouoodumv..… naçaorÿoc : l’apôtre se présente ici comme l’ami de noces (Brautwerber) qui a em-
brassé la cause de l’époux et est jaloux pour lui. Cet époux, dans l'application, c’est Dieu, souvent présenté dans l'A. T. comme l’époux du peuple d'Israël, et comme un époux jaloux ; ou'plutôt, d'après le v.3, c’est Christ. Quoi qu’il en soit, Paul peut parler d’une jalousie «de Dieu » : «je recherche votre affection, votre confiance, pour Dieu lui-même (non pour moi)». — &ou6£o, «adapter », signifie aussi, au moyen, « fiancer » ; ainsi chez Hérodote, les LXX, Philon. La cause de l’apôtre se confondait ici avec celle de Dieu. Ce &oud£eodar à eu lieu lors de la fondation de l’Église, où Paul avait demandé aux Corinthiens leur foi et leur amour pour Christ. — évi dvôçi, «à un seul époux », est l'expression de l’exclusivisme complet. qui explique la jalousie. — xaodévor &yvÿv naçaorÿoæ indique le but du #ouoodumv: «pour vous présenter comme vierge pure au Seigneur », à savoir au moment de la Parousie, avec laquelle commence la fête des noces. Cf. Eph.V, 27.
v. 3.— Mais Paul craint (et c'est là un effet de son zèle, de sa jalousie) que son œuvre ne soit menacée de destruction. La séduction d’Éve est le type de celle dont Satan, par les faux docteurs (v. 1%. 45), menace l’Église de Corinthe. Paul parle d’Ëve, non d'Adam, parce que l'Église est, dans le type, représentée par une femme (maçdévos). — 6 ôqis: le serpent connu. — &v est instrumental ; cf. Eph. IV, 14, où se trouve aussi le mot de mavovgyiæ, «ruse, rouerie» [de xavo5oyos, «bon à tout faire »}. Pour ce dernier, cf. Gen. IE, 4 dans la traduction d’Aquila : ô 8qus Ÿv navoüoyos. [Les LXX traduisent: poovwuwraros.| — pag, Subjonetif de l’aor. 2 passif épddonr (de pdeigo), a pour sujet z& vofuara. Cette corruption n’a pas encore eu lieu; Paul ne fait qu'exprimer une crainte à ce sujet. — dx: « de manière à. au point de se détourner », [expression prégnante, cf. BLass $ 40, 3]. — cs GnmÂdrimros 1ÿs eis Xouozô» : de la simplicité, sincérité, fidélité, que la xaçpdtévos &yv a envers (eis) son unique époux (Christ) et qui l’attache à lui sans partage. —RBFG ajoutent xaœi vÿs &yvôrnros après éxadrnros. Le mot &yv6to, aura probablement été substitué par un copiste à éxAdæntos, d’après le v. 2, puis on aura ajouté ces mots l’un à l’autre. Lesensest d’ailleurs sensiblement le même, &yvôrns désignant la pureté de l'épouse, c’est-à-dire sa fidélité à son
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mari. — [On a voulu voir dans le v. 3 une allusion à la tradition rabbinique selon laquelle le serpent aurait commis adultère avec Eve (cf. WeBer, System der altsynag. paläst. Theol. S48, 1), mais cela n’est pas nécessaire : la comparaison est suffisamment justifiée si l’on admet que Paul trouve dans la désobéissance d'Ève un exemple de l’infidélité à laquelle il craint que les Corinthiens ne se laissent entraîner par Satan. | v. 4. — Paul dit d’où vient la crainte exprimée au v. 5. Le mé» fait attendre un dé, mais celui-ci ne vient pas (voir à v. 5). Une opposition, un contraste entre Paul et ses adversaires gît au fond de la pensée, mais n’est pas expressément formulé. — 11 y a deux manières de comprendre le verset 4. La première est celle de MEYER, HOFMANN, qui l’entendent dans un sens ironique et admettent qu'il s’agit de faits supposés : « Car Si vraiment (ce qui n’est pas) mes adversaires vous annoncent quelque chosé de tout nouveau, un autre Jésus, supérieur à celui que je vous ai annoncé, ou un autre Esprit. ou un autre Évangile, alors vous le supporteriez (ou: vous l’auriez supporté) à bon droit (xæiüs), je vous l’accorde!» L’imparfait dveiyeode serait employé au lieu du présent pour indiquer que la chose n’a pas lieu réellement. Mais cette interprétation ne justifie pas véritablement le oo- Boüuau. Il faut pour cela un fait réel, et non une simple supposition, qui est d’ailleurs impossible dans la pensée de l’apôtre. Comment, en effet, pourrait-il supposer, même un instant, que son enseignement pût être remplacé (ou seulement complété) par un autre, supérieur ? ou qu'un autre Évangile, meilleur, pût être substitué au sien (Gal. D? Donc (et c’est la seconde interprétation du verset), il fautentendre les propositions intro luites par ei et # de faits réels: «Si quelqu'un (comme c’est en réalité le cas) annonce un autre Jésus, etc. » — Le terme 6 épyduevos (is qui venit) représente toute la classe des faux docteurs, dont l’arrivée à Corinthe est figurée par l’arrivée de l’un quelconque d’entre eux. Ce 6 éoxéuevos individualise, afin de rendre la chose conerète et d’opposer ce nouvel apôtre à l’apôtre fondateur de l’Église. — GAlov ‘Inoodr xngboca: Ces gens-là prêchent en effet à Corinthe «un autre Jésus », c’est-à-dire, non pas une autre histoire de Jésus-Christ, mais une autre conception de sa
personne, en sorte que c’est comme un second Jésus-Christ, ce n’est plus le même que Paul a prêché. Ces faux docteurs prêchaient sans doute un Christ purement humain, comme celui de Cérinthe (christologie ébionite des sectes judéo-chrétiennes) : car c’étaient des prédicateurs judaisants. En tout cas, c'était un Christ légal, chez lequel on faisait valoir avant tout son exemple, sa vie terrestre, tandis que Paul prêchait le Christ crucifié et ressuscité, qui affranchit de la Loi. — mvedua Ëtegor: Ces gens apportaient aussi une autre inspiration, un autre souffle spirituel ; ils se vantaient peut-être qu'avec eux seuls on recevait le Saint-Esprit. En tout cas l'esprit qui les anime n’est pas celui qui vient du Christ glorifié: c’est un esprit différent /éreçov/, opposé. — edayyéliov ËÉregov : Enfin, ils préconisaient un autre message de salut, un autre moyen d’être sauvé : ils prêchaient le salut par les œuvres ; ils faisaient dépendre le salut de l'adhésion au judaisme, de la circoncision, ete. (voir l’épître aux Galates). C’est un autre Évangile, différent de celui de Paul, un second Évangile, à côté du sien. — xalüs dvelyeode: «VOUS Vous en accommodiez, vous vous en êtes accommodés facilement». L’imparfait exprime quelque chose qui n’est pas encore consommé, mais seulement commencé: c’est un danger que courent les Corinthiens, une pente sur laquelle ils glissent. Cette lecon est peut-être préférable au présent dvéyeode (BD), qui reproche positivement aux lecteurs de supporter actuellement la prédication des faux docteurs. Quoi qu’il en soit, Paul espère mieux d’eux; c’est pourquoi il leur écrit. Il craint cette tolérance, contraire à la fermeté chrétienne, qu’il remarque chez eux et qui est le commencement du p?æova (v. 3). Les Corinthiens ne devraient avoir d'oreilles que pour les enseignements de celui qui, le premier, leur à parlé de ’Inooûs, de nvedua, d’edayyéluo.
Après cette introduction (v. 1-4), Paul arrive à un premier sujet de glorification, qu'il tire de la manière dont il à accompli son œuvre à Corinthe : il a prêché l'Evangile gratuitement, et il compte bien le faire encore à l’avenir : v. 5-15. |
v. 5. — La liaison par y&o prouve que l’apôtre n'a pas
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voulu dire : « Si mes adversaires vous apportent mieux que
Fr
moi, vous avez raison de les accueillir ». Il faudrait, en ce sens, une liaison par 444 ou par dé (leçon de B, admise par Weiss). Le y&e porte sur l’idée principale de v. 1-4, qui est : « Supportez-moi, souffrez que je sois imprudent». La liaison est donc: « Puisque vous êtes disposés à supporter ceux qui vous apportent un nouvel Evangile, supportez-moi done aussi (v. 1), car j'estime ne le céder en rien à ces genslà !» C’est ici, au fond, que se trouve l’opposition au wéy du v. 4 (voir à ce v.); seulement cette opposition ne peut pas s’exprimer par dé, qui ne conviendrait pas à l’idée de l’exhortation « supportez-moi ». — bozeoyxévæ: «être resté en arrière, de manière à me trouver en déficit dans mon apostolat comparé à celui des autres ». [Sur le sens présent du partait dans certains cas, voir BLAss $ 59, 2.] — dxeoliar, « plus que beaucoup», supra quam valde; cf. oneçæydr (idem), dméçev («plus que bien »), bxeodve (« plus qu’au-dessus »). On pourrait traduire où bxeçAlar dndoroos par «les surapôtres » (cf. «le surhomme», Uebermensch).
Qui sont ces dmweoliar dnôoroho ? D’après CHRYSos- TOME, THÉODORET, BENGEL, BAUR, HILGENFELD, HOLSTEN, HozrzMANN, HEINRICI, Paul désignerait par là les Douze, et plus spécialement Pierre, Jean, et Jacques [qui. bien que n'étant pas apôtre, était néanmoins une des « colonnes » de l’Église de Jérusalem, cf. Gal. Il, 9]; Paul se déclarerait l’égal en tout point des apôtres de Jérusalem, que ses adversaires relevaient afin de le rabaisser lui-même. Mais à propos de quoi Paul mettrait-il en scène les Douze, dans cette polémique contre les judaïsants de Corinthe ! L’apôtre en veut toujours ici aux mêmes personnes, les oi Xouoroù (cf. X, 7). Les dxepliar dnôorolor sont d’ailleurs évidemment les mêmes que les yevdazéoroioc du v. 13, et il est tout à fait impossible que Paul ait appelé ainsi les Douze (cf. Gal. T'et ID). Le v. 6 s’oppose également à l'application aux Douze : ceux-ei étaient tout aussi bien que Paul des éüGzœ (Act. IV, 13). Il faut done admettre, avec BÈzZE, ÉRASME, SEMLER, RÜCKERT, OLSHAUSEN, DE WETTE, EWALD, OSIANDER, NEANDER, HOFMANN, BEYSCHLAG, REUSs, KLÔPPER, MEYER, Weiss, Goper, que Paul a en vue les docteurs judaïsants de
Corinthe, les chefs du parti où roù Xoworoÿ, qu'il appelle ironiquement « surapôtres » ou « archiapôtres », en attendant de leur appliquer un peu plus loin (v. 43) l’épithète de wevôandoroÂos. Ces gens-là étaient opposés par leurs partisans à Paul et à ses aides, et pour ainsi dire mis au-dessus des Douze eux-mêmes, qui n'étaient point dociles à la tendance pharisienne. On les regardait, sans doute, comme les apôtres par excellence, en opposition aux Douze, qu’on estimait bornés, illettrés. Peut-être d’ailleurs faisaient-ils la cour à Jacques, en l’élevant au-dessus de Pierre et des autres (voy. les tivès nd ‘TaxBov dans Gal. IT, 19).
V. 6. — Après ei Ôë xai il faut sous-entendre eur, qu’ajoutent en effet D E: « que si même je suis... » Ce qui suit fait allusion aux reproches des adversaires (présence faible, parole méprisable, X, 10). — éôv@rns r@ Âdyo: le mot £üwts peut signifier : homo privatus, «simple particulier » (opposé aux magistrats); gregarius miles, «simple soldat » (opposé aux officiers) ; indoctus, illitteratus, « sans culture » (opposé aux initiés, aux hommes de l’art, aux habiles). Ici, déterminé par z® Â6y®: «non versé dans l’art de la parole ». Paul ne possède pas la science et la rhétorique de l’école, par lesquelles brillaient les rhéteurs d'Athènes ou de Corinthe (cf. Act. IV, 13). Mais s’il est un éd@rns quant à la parole (7@ A26y®), il ne l’est pas quant à la connaissance (7% yrooe), c’est-à-dire quant à la pensée, quiseule donne uneréelle valeur à la parole. (Cf. Éph. IL, 3. 4 ; Gal. 1,12 15.) — & mœvri ne signifie pas : « en tout temps », ni: « partout », mais: « en tout point » (cf. IV;::8: NL 4 VIT: 5. 44.46: VIIL, 7 ; IX,:8, LE: XIE, 9 (LieTzMANN) | : aucun don n’a manqué à l’apôtre, il les a tous [sauf celui de l’éloquence]: ef. 1 Cor. [, 5 où 26yos et yvoous sont réunis; [il s’agit là des Corinthiens.]— Au lieu de paveoooavtes (RNB FGM ; ce dernier ajoute éavros), le T.R. a la lecon pavegw®évres, d’après E K L P Svyr. Si on lit paveoooaævtes, il faut suppléer comme complément 7#v yv&ow ; le sens pourrait être alors : « vous ayant révélé cette connaissance en tout point et pour toutes choses ». Mais & navri et &v n&ow sont ainsi presque tautologiques. Il faut plutôt prendre &v x&ow comme masculin : « Ayant en tout point révélé (cette connaissance) parmi tous (ceux auxquels