‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 99 sur 117 · KT · texte numérisé non relu

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j'ai prêché l'Évangile) pour vous leis bu&s), ou : à vous (aussi), c’est-à-dire spécialement à vous ». La leçon paveoodévres (dont pareowoavres pourrait bien être une correction) donne un meilleur sens : « Ayant été manifestés en tout point, parmi tous, par rapport à vous, c’est-à-dire que tout le monde sait dans quelle relation nous sommes avec vous, ce que nous avons fait à votre égard », quales simus erga vos (ÉRASME). [LIETZMANN admet au contraire que parveçoévres est une correction de paveoooavres, destinée à éviter l’obligation de suppléer zÿv yvoouv. Il fait remarquer en outre que ce participe est de nouveau un participe absolu remplaçant le verbe au mode fini ; voir à IX, 11.] — Remarquez le mélange du singulier (2oyi£ouœ, idwrns) et du pluriel (pavepwdévres, ou — oavres). On a voulu englober dans ce pluriel Timothée, qui avait, comme Paul et avec Paul, fait ses preuves à Corinthe ; le singulier se rapporterait à l’opinion personnelle que l'apôtre affirme (??)

v. 7. — L’apôtre vient de rappeler (v. 6P) ce qu’il a été et ce qu'il à fait pour les Corinthiens; il a même affirmé que cela est reconnu de tout le monde. Il poursuit en disant : « Ou bien (#), si vous reconnaissez que mon défaut d’éloquence (62) ne constitue pas pour moi une infériorité (un doteonxévœ, V. 5), en trouveriez-vous peut-être une dans le fait que je n’ai accepté aucun subside de l’Église? » Paul continue donc sur le ton de l’ironie : « Ou bien, me reprochez-vous comme un crime ce dont j’estime, moi, pouvoir à bon droit me glorifier, c’est-à-dire que je vous aie prêché l'Évangile gratuitement ? » |[L’apôtre relève ainsi, à côté du idiots 1@ Àdy®, un autre point sur lequel on le jugeait inférieur aux dreqliar dndorolo.] En disant # éuaçriav émoinoæ, Paul semble se rappeler tout à coup quelque chose: QAh !'oui, j’ai manqué peut-être en un point : voilà mon infériorité, voilà mon péché ! » Évidemment, on le lui avait reproché à Corinthe ; on en avait tiré argument contre lui. On avait dit : Il n'ose pas se mettre sur le même rang que les vrais prédicateurs de l'Évangile, en acceptant comme eux un salaire! — éuavrdv ranav@vr: L'apôtre s’est « abaissé », c’est-à-dire s’est mis lui-même dans une position pénible, humiliante, en n’usant pas de sa prérogative d’apôtre (4 Cor.

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IX), en vivant de son propre travail, comme simple ouvrier, de la manière la plus modeste (Act. XVII, 3 ; XX, 34 : cf. plus loin v. 9). Ce zameawüy rappelle que le travail manuel n’était pas honoré dans l’antiquité. — iva duets dpoÿÿre : Son abaissement (matériel) avait pour but leur élévation spirituelle (des bas-fonds du paganisme aux sommets de la vie chrétienne). Tandis que d’autres s'élèvent pour abaisser les Corinthiens, Paul s’est abaissé pour les élever. En vivant de ses propres gains, il a voulu ôter de devant eux une pierre de scandale, le soupçon qu’il prêchât l'Évangile dans des vues intéressées. Il s’est donc sacrifié pour leur procurer des bénédictions spirituelles ; il n°y a pourtant pas là de péché! Mais c’est précisément cela qu’à Corinthe on a trouvé moyen de tourner contre lui : on le méprise, ce faiseur de tentes, cet £üczns 1@ Adyw, qui prétend être le docteur de cette ville riche et savante ! — ôz dwgedr… ednyyeliodunv duty pourrait être le développement du raxaw&y; il me semble plus simple (ef. Meyer, Weiss) de le rattacher à &uaotiav êroinoæ. Les mots intermédiaires (éuavrér… dpaœÿiÿre) sont alors une détermination modale du &uaçriar éxoinoa (Meyer). Dans cette construction, le contraste est encore plus fort ; il a lieu entre l’idée de &uaotiar éxoinoa et celle de dwgsdr… ednyyekiodumr. Il faut remarquer, du reste, dans cette dernière phrase, la position des mots roû %eo5, qui ont Vaccent : il ne saurait y avoir péché à transmettre gratuitement un don de Dieu comme l'Évangile ! (Wæiss).

v. 8. — Développement du dwopedr…… ednyyelodunr: Le travail manuel de Paul n’a pu suffire à son entretien ; — on le comprend, tant d’autres travaux l’absorbaient ! — et il a accepté l’aide d’autres Eglises, qu’il a « pillées » (éoAnoa est une hyperbole) en acceptant (4aBwv) un salaire (‘pvsov, «solde », cf. Rom. VI, 23), afin de pouvoir se mettre au service des Corinthiens. Ainsi, il a plutôt fait injustice à d’autres, afin de les servir, eux (l’accent est sur du&r). « Et même », ajoute l’apôtre dans la seconde moitié du verset 1, «lorsqu’étant auprès de vous (l’accusatif zoùs du&s

1 [L'auteur suit ici le T. R. pour la division du texte. NEsTLE fait commencer le v. 9 avec les mots ai maçpèr moùs dus].

exprime l’idée de relations entretenues avec les Corinthiens, et non pas seulement celle de la présence à Corinthe), je me suis trouvé dans le besoin (doreonteis), je ne vous ai rien demandé. C’est là mon crime ! J’ai vécu de mon travail, et comme cela ne suffisait pas entièrement, j’ai accepté les dons d’autres Églises (celles de Macédoine, v. 9), tant je craignais de vous être à charge !» — xaravagxéo, de véoxn, «torpille, » puis «torpeur, paralysie ». Le verbe simple vaopxdo est intransitif: torpeo, « être engourdi, devenir rigide ». Le composé xaravaoxäw a le sens actif : « engourdir, paralyser » (il se dit, par exemple, de l’action du froid) : de là: «rendre lourd, peser sur, être à charge» (cf. v. 9 fin. Hesycaius paraphrase par éfdovva). — oùderds se trouve dans 8 B M P au lieu de oëôevds qu’on lit dans les autres documents. Les formes oùdeis, umdels sont assez fréquentes dans le grec profane à partir d’Aristote.

v. 9. — [voir la note du v. 8.] — [Le v. 9% explique le éodAnoa Labor époror du v.8]:«Car ce quime manquait, les frères venus de Macédoine (Silas et Timothée, sans doute. cf. Act. XVII, 5) y ont suppléé». — xoooavamzÂnoodr : «remplir jusqu’au haut (évé) en ajoutant (xo6ç)». — Les dons reçus par Paul des Macédoniens venaient probablement surtout de Philippes ; cf. Phil. IV, 45. [L’apôtre en avait déjà reçu à Thessalonique, d’après Phil. IV, 16.] — [9P reprend le og xarevdoxnoœ de 8P]: «Et ainsi je ne vous ai été et ne Vous serai en aucune façon (év xavri) à charge (dBagÿ) ». (Paul, remarque LiETzMaNN, n’a donc vécu aux dépens ni d'Aquilas et Priscille, ni de Titius Justus, Act. XVII, 2. 3. Z.] — xai rne%0® exprime le ferme dessein qu’a Paul de ne pas se départir de cette ligne de conduite vis-à-vis des Corinthiens.

Au v. 10, l’apôtre va même plus loin : il en prend l’engagement formel, au nom de sa conscience chrétienne, de sa sincérité de chrétien. — &otuv &2#9 era. est une sorte de formule de serment. Le ëz dépend de l’idée d'affirmer qui est renfermée dans om GApdee; cf. Rom. IX, 1 : dferar Aéyo êv Xou076, où peddouœ. — poayoeræ, de POOO®, «eNceindre [d’une haie, poayuôs], enfermer, obstruer », pour emprisonner où pour protéger ; « fermer la voie à». Sens :

«Cette xabymous (de travailler gratuitement) que j'ai eue et que j’ai chez vous, elle ne sera pas empêchée, étouffée », on pourrait dire : «elle n’aura pas la bouche fermée (cf. Rom. IL, 19: Hébr. XI, 33) quant à moi, par rapport à moi». Le eig êué implique une comparaison tacite avec d’autres. — êv voig xAiuaorr 1ÿç ‘Ayaïæc : dans ces contrées-là, du moins, Paul ne fera jamais rien qui puisse le priver de cette gloire (WEIss).

v. 11. — Cette manière d’agir pouvait être facilement (et était sans doute) taxée de manque d’affection, de défaut de confiance. L’apôtre repousse énergiquement un semblable reproche en faisant appel à l’omniscience de Dieu : « Dieu sait si c'est Ià le mobile de ma conduite !» La vraie raison (que Paul n’indique pas) a été évidemment le désir d'éviter les fausses interprétations que n’auraient pas manqué de lancer ses adversaires s’il s’était fait entretenir par l'Église de Corinthe : on l’aurait accusé d’être intéressé, cupide. [Il a préféré s’exposer à ce qu’on mît en doute son affection !|

Le v.12 [reprend le xai z70%00 de v. 9 fin pour en indiquer le but] : «Mais ce que je fais (déjà), je le ferai encore (xai nowow), afin que j'ôte (éxxdnt, incido, impedio, «couper, arrêter net ») le prétexte (zÿ» dpoouñr : «ce prétexte, cette occasion-là », d’après le contexte : « l’occasion de suspecter mon désintéressement, de m'accuser de prêcher pour m’enrichir ») à ceux qui cherchent un prétexte (sans article) pour. » Le second ÿva n’est pas parallèle au premier, mais dépend de 5ôv #eAdviov dpoourv : «qui cherchent un prétexte afin que, dans ce dont ils se glorifient (c’est-à-dire dans leur apostolat prétendu, à eux, les èxeçliar dnéotoZou) ils soient trouvés comme moi, m'égalant», c’est-à-dire : «afin que je n’aie pas de supériorité sur eux. Je leur ôte ce prétexte en prêchant l'Évangile gratuitement». Quelques commentateurs entendent le &v & xavyovræ d’une prédication gratuite dont se seraient glorifiés les adversaires de Paul (comme l’apôtre lui-même). Mais cette interprétation est impossible, car le v. 20 ne permet absolument pas d’admettre que ces faux apôtres prêchassent pour rien ; et si tel avait été le cas, Paul ne pourrait se faire un sujet de gloire spécial de la gratuité de

sa prédication. Meyer ! rapporte le &v & xavy@vrou à la prétention de ces gens d’étre aussi désintéressés que Paul luimême ; le sens est alors : «afin que, s'ils osent se vanter de leur désintéressement, ils soient forcés de faire comme moi, c’est-à-dire de prêcher l'Évangile pour rien ». Mais quel intérêt Paul avait-il à les contraindre au désintéressement ? Il avait bien plutôt l'intérêt contraire. Nous préférons l’explication de Weiss, qui se rapproche beaucoup de la nôtre : Weiss voit dans le é& © xavy@vra l'autorité usurpée des faux apôtres s'exprimant dans le droit qu’ils revendiquent d’être entretenus par l’Église; et il explique le sdosS@ouv xaÿ os nai Mueis : «QUE je me fasse entretenir comme eux, de sorte qu’ils puissent en appeler à mon exemple et que je n’aie aucune supériorité sur eux ». Ge prétexte qu'ils cherchent, Paul le leur ôte absolument, en déclarant qu’il n’acceptera jamais d’être entretenu par les Corinthiens.

v. 43. — Paul déclare carrément, par un jugement sévère porté sur les faux apôtres, pourquoi il tient à leur ôter tout prétexte de se prévaloir de son exemple pour affermir leur propre autorité, pourquoi il lui importe qu’ils ne puissent se vanter d'être comme lui (v. 12) : « Car ces gens-là sont de faux apôtres, des ouvriers de mauvaise foi, qui se déguisent...» —- oi rosodror — les oi délovres époouy du v. 12. evôanéoroZor est attribut, non sujet; il faut suppléer soir. Quant au terme, cf. wevddôe2por, Gal. IE, 4. — éoydrar 6 Aou : ils prétendent prêcher l’Évangile et ne cherchent en réalité que leur propre intérêt ; ils prétendent édifier et ne font que détruire; travaillant dans la vigne, dans le champ de Dieu (4 Cor. II, 9) ils y sont de mauvais ouvriers ! — ueraoymuazubôuevor : ils prennent une forme, une attitude (oyfuaæ) différente de celle qui est la vraie, ils mettent un masque, ils se déguisent, ils se donnent les airs d’apôtres de Christ; mais ils n’en ont que l’apparence. Ils sont en réalité des ministres de Satan (v. 15).

v. 14. — «Et ce déguisement est tout naturel ! Car Satan lui-même (æôrés), leur maître (v. 15), se déguise (le pré-

1[Meyer fait dépendre le second {va du premier, dont il serait comme la reprise et le développement, indiquant le but suprême du zocw].

sent est celui de l’habitude) en ange de lumière ! » La lumière est dans l’A.T. la manifestation habituelle de la présence de Dieu, répondant à sa parfaite pureté, à sa sainteté absolue (cf. Col. I, 12; 1 Jean I, 5), tandis que Satan est le prince du royaume des ténèbres (Eph. VI, 11. 12). [L'ouvrage pseudépigraphique intitulé Vie d'Adam et d’Ëve raconte que Satan est apparu à Eve sous la figure d’un ange (ch. IX; cf. XVID).

V.145.— où uéya odv….: « Rien donc d’extraordinaire, si...» [Tel maître, tel valet (Bousser).] — gs : «de manière à paraître comme ». — dséxovor Gixœoodvns : leur prétendu zèle pour la justice (dont ils se disent les serviteurs, les champions) est l’ardeur qu’ils mettent à maintenir la Loi, se donnant les apparences de sauvegarder la vraie morale, tandis que l’Évangile de Paul est accusé d’abolir celle-ci en abolissant la Loi et les pratiques légales. — @v vd réloc…., cf. Phil. IE, 19 : Gv vù zé40ç dnoÂea. — xart, cf. Rom. IL, 6.

16 Je le répète, que personne ne me tienne pour un insensé ! Sinon, recevez-moi, ne fût-ce que comme un insensé, afin que moi aussi je me glorifie un brin. !7Ce que je dis là, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme en déraisonnant, dans cette supposition que je me glorifie. 18 Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, moi aussi je me glorifierai! Car vous supportez volontiers les insensés, sages que vous êtes ! 2 En effet, vous supportez qu’on vous tyrannise, qu’on vous gruge, qu'on vous prenne (dans des pièges), qu’on s’élève (à vos dépens), qu’on. vous frappe en plein visage! 2! Je dis (cela) à (votre) honte, comme pour dire que nous, nous avons été faibles ! Mais de quoi que quelqu'un se targue, — je parle en insensé : — moi aussi, je m'en targue ! 2 Sontils Hébreux ? Moi aussi! Sont-ils Israélites ? Moi aussi! Sont-ils la race d'Abraham ? Moi aussi! % Sont-ils ministres de Christ ? — je parle en insensé : — je le suis davantage, (moi qui ai été) dans les travaux abondamment, dans les emprisonnements abondamment, dans les

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