‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 102 sur 111 · RECIT 1)K [M)K · texte numérisé non relu

RECIT 1)K [M)K

pècos de poissons, mais ces gens-là no vivent pas connue nous. On ne pent pas, là-bas, agir à sa gnise; tons les aninianx et tons les poissons appartiennent à qnelqiVnn, et heaneoup d'hommes possèdent des bestianx. La terre y est d'nn prix très élevé. Pour avoir nn carré de terrain grand comme le siège d'un kayak, il liuit le payer d'une quantité d'étoffe suffisante pour faire trois ou (piatre jaipiettes.

Tulngak. Dans notre pays, les Européens pourraient avoir de la terre pour rien. Pour un vêtement, ils achèteraient une grande montagne.

Pok, Ils ne viendraient pas dans notre |)ays si nous n'avions du lard de cétacé .

Tulugak. Et qu'en font-ils du lard?

Pok, Ils l'emploient à l'éclairage des rues.

Tulugak, C'est une merveilleuse invention.

Pok, Ma foi! oui. Les maîtres des Danois sont très bons. Ils ont construit, par exemple, une grande maison |)our les vieilles femmes (pii ne peuvent plus travailler, une antre pour les orphelins, une pour les shnples d'esprit, une pour les lilles de joie el trois antres pour les pauvres. Les Danois ne font pas connue nous: les habitants d'une même maison ne mangent pas ensend)le. Ouelques-uns sont très riches et possèdent des maisons dans les(|uelles ils n'habitent pas. Deaucoup d'autres, au contraire, n'ont ni maisons, ni habits, et mendient.

Tulvgak, Il n'y a pas chez nous de gens aussi pauvres. Pounpioi sontils ainsi dénués de tout?

Pok, Beaucoup d'habitants de ces pays-là ne sont bons à rien et ne veulent pas travailler. D'autres se ruinent en buvant de l 'eau-de-vie.

Tulugak. Est-ce la boisson des travailleurs?

Pok, Oui. Il y a des maisons dans lesquelles on ne vend cpie de l'eaude-vie et où les gens boivent. Lorsqu'ils en sortent, ils se <)attent.

Tulugak. Pourtant tu m'as dit (ju'il n'y avait qu'une seule maison pour les fous.

Po/i. Les Européens ont aussi leurs défauts. Nous autres, ^lous vivons

surtout des produits de la chasse et nous ne buvons que peu d'eau-de-vie,

nous n'avons pas beaucoup de vices de ce genre. Au contraire, il arrive

souvent que des Européens deviennent des espèces de bêtes fauves; il faut

alors les attacher et les emprisoimer, parfois pour toute leur vie. Mais parmi

les Danois il y a, d'autre part, beaucoup de gens instruits ([ui savent,

notamment, trouver leur chemin sur la mer en regardant la hauteur du

soleil et une aiguille mobile toujours dirigée vers le nord. Ils construisent

des navires sur la cote, et lorscju'ils sont finis, ces bateaux vont tout seuls

à la mer. Ces gens-là fabri(|uent encore beaucou|) d'autres clu)ses merveil-

i8!i LA SECOM)K EXPÉDITION Al GRUNLAND.

leusos; ils peuvent, par exemple, soulever en l'air un navire el de très lourdes pierres. Ils savent, en outre, Tépociue des éclipses de soleil el combien elles durent. Ayant vu toutes ces choses merveilleuses, je pense que nos pères avaient raison de dire que la marée est la seule chose que les l']uroj)éens ne puissent produire.

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