‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 13 sur 111 · ANTIQUITÉS ISLANDAISES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS ISLANDAISES

ment de les déterminer, et j'espère pouvoir indiquer dans le cours de cet ouvrage les conclusions qu'il aura tirées de cette étude pour l'histoire du climat de notre planète.

La tempête nous empêchant de faire une excursion géologique un peu lointaine, nous nous promenâmes toute la journée dans Reykjavik. La ville n'est guère pittoresque avec ses maisons basses, construites contre toutes les règles de l'architecture, ses larges rues rectilignes et sa campagne stérile. En revanche, les habitants sont très intéressants à observer, surtout pour des Scandinaves. Tous ils nous accueillirent avec leur cordialité proverbiale. Parmi les collections publiques, on doit citer le musée des Antiquités islandaises. Cet établissement n'est pas très riche: il ne contient aucun objet des âges de la pierre et du bronze, car alors l'Islande n'était pas habitée*. Les beaux ornements en or et en argent de l'âge du fer, si communs en Scandinavie, sont rares en Islande. Même à l'époque de sa plus grande prospérité, ce pays était probablement pauvre, et ni l'or ni l'argent n'y étaient communs. Rarement l'on découvre des vestiges des habitations des chefs de clan, dont les mœurs et les exploits sont décrits si minutieusement dans les sagas islandaises; les quelques restes trouvés jusqu'ici sont insignifiants : aussi les fouilles doivenl-elles être exécutées par des archéologues expérimentés, pour que l'on puisse juger si réellement on se trouve en présence d'une ancienne habitation. Ce fait ne doit pas être oublié lorsque l'on discute la position de l'Osterbygd du Grônland.

Dès le commencement du onzième siècle, alors que tous les pays situés au nord des Alpes étaient encore plongés dans l'obscurité du moyen âge, un mouvement intellectuel se développait dans cette île stérile et presque déserte. De ce mouvement sortit une littérature d'une grande importance pour l'histoire des pays du Nord. Les œuvres de cette littérature nous ont été consei^vées, comme on le sait, dans de nombreux documents manuscrits. Aujourd'hui on

1. M. Eugène Robert, membre de rexpcdition française de la Recherche^ dit avoir trouTé en Islande des instruments en agate et en calcédoine (Les Mondes^ 8 mai 1875). Conmie il n'en a publié ni la description ni un dessin, cette observation n'a aucune valeur.

n'en découvre plus en Islande, ou du moins très rarement. Les deux bibliothèques de Reykjavik ne possèdent pas un seul manuscrit ancien intéressant. Ces documents se trouvent aujourd'hui dans les bibliothèques d'Europe, surtout à Copenhague, à Stockholm et à Upsal. Uno von Troil donne les renseignements suivants sur rorigine des collections conservées en Suède*.

L'honneur d'avoir formé les premières collections de manuscrits islandais appartient à la Suède. En 1661 Jonas Rugman, qui voyageait en Islande aux frais du gouvernement suédois, commença les recherches pour découvrir les anciens documents historiques du pays. Il réussit à en rapporter un grand nombre, qui forment le fonds des manuscrits islandais de nos anciennes archives. Encouragé par cet exemple, Tliormodr Thofueson se rendit en Islande, muni d'une lettre du roi Frédéric 111, qui enjoignait aux évèques Brynjolf Svenson et Gisie Thorlakson de l'aider à réunir des manuscrits*.

Après la création du collège des Antiquaires suédois, on songea h envoyer en Islande Peter Salan ; mais ce projet ne fut pas mis à exécution. Au commencement de l'année 1680, le collège acquit une certaine quantité de manuscrits par l'entremise de Gudmundr Oison, dont le frère, llelge Oison, avait visité l'Islande; plus tard, Arngrim Jonsen, Jonas Wigfusen, Lopt Josephsen, Gudmund Gudmundsen et Thorvaldr Brpckman, qui étaient traducteurs au collège des Antiquaires, recueillirent également un grand nombre de documents. Jonas Eghardsen , Magnus Benedictsen, Isleif Thorleifsen, Ejnar Ejnarsen, Arnas Hâkansen, Frants Jacobsen et Thord Thorlaksen contribuèrent à l'augmentation de ces collections lorsque le collège était installé à l'psal comme après son établissement à Stockholm.

Ces collections attirèrent l'attention des Danois, et, par une lettre en date du 4 avril 1685, Christian V ordonna au landlfoged Heideman d'aider Thomas Kartholin à recueillir des antiquités islandaises; en outre, il lui défendit expressément soit de donner à des étrangers, soit de leur envoyer des manuscrits relatifs à l'Islande et à son histoire.

Les collections de Stockholm et de Copenhague possédaient déjà de nombreux manuscrits islandais, lorsque Arnas Magna»usetPaul Vidalin revinrent d'Islande en 1712. Ces chercheurs enlevèrent tous ceux qui restaient, et

i. Bref rôrande en rem lill hiand, 177'2, p. 192. •

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