PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Dans rhisloire des explorations arctiques, la Seconde Expédition suédoise au Grônland^ occupera une place crhonneui' à côté du voyage à jamais célèbre de la Vega. Au cours de cette nouvelle entreprise, M. Nordenskiôld a obtenu les résultats les plus importants que puisse ambitionner un voyageur dans ce pays où les brumes et les glaces rendent le succès incertain. Accompagné de Lapons et de matelots éprouvés, il a réussi à pénétrer dans le désert glacé du Grônland. Pendant Irenteet un jours M. Nordenskiôld a parcouru une partie du glacier qui occupe, croit-on, tout Tintérieur du pays. Cette pénible exploration terminée, le vaillant explorateur suédois s'est embarqué pour essayer de forcer la banquise qui bloque la partie de la côte du (irônland située en face de Tlslande. Là encore il a triomphé de tous les obstacles, et, après un terrible assaut livré aux glaces, il a pu entrer dans une baie de ce littoral. Depuis trois cents ans aucun navire n'avait mouillé dans cette partie de la côte du Grônland, sur laquelle M. Nordenskiôld place VOsterbygdy la florissante colonie des anciens Normands.
Pendant tout le voyage M. Nordenskiôld et ses compagnons ont poursuivi d'importantes études scienliliques avec un zèle auquel le monde savant a déjà rendu un hommage justement mérité. Un des membres de la mission, M. Nathorst, a exploré Tîle Disko et la presqu'île Nugsuak, où un sol presque éternellement durci par la gelée contient les empreintes d'une flore subtropicale. D'autre part, en parcourant les glaciers du Grônland, M. Nordenskiôld a étudié avec une scrupuleuse attention les formations glaciaires; ses obser-
\ . Dans cet ouvrage nous avons adopté l'orthographe Scandinave du mot Grônland^ hi seule rationnelle. ^C
Il PRÉFACE DU TRADUCTEUR.
valions ront conduit à formuler une théorie orif^nnale sur les énigmatiques âsarjel qui sans aucun doute modifiera les idées des géologues. Au cours de ce voyage il a, de plus, recueilli d'importants renseignements sur la chute des poussières cosmiques, étude dont M. Dauhrée, avec sa haute compétence, nous a montré le grand intérêt. En outre, les explorateurs suédois ont fait, dans le domaine de la holanique, plusieurs découvertes importantes qui compléteront nos connaissances sur la végétation de ce pays. Non moins que la flore et la faune, les célèhres ruines nordiques du Grônland et les Eskimos* ont excité l'active curiosité de M. Nordenskiôld; le chapitre relatif aux indigènes de ce pays termine très heureusement la relation de ce voyage si intéressant à tous les points de vue.
Pour traduire un pareil ouvrage, ([ui touche à presque toutes les hranchesde la science, nous avons dû recourir, comme nous l'avions fait pour la traduction du Voyage de la Vega, aux lumières de plusieurs spécialistes. M. Charles Lallemand, ingénieur au corps des mines, notre collahorateur du Voyar/e de la Vega, et M. Jules de Guerne ont hien voulu nous aider de leurs précieux conseils. Nous les prions de recevoir ici l'expression de notre affectueuse gratitude. Nous devons également des remerciements tout particuliers à M. le capitaine de frégate IJanaré, qui a eu l'ohligeance de traduire différents termes du vocahulaire maritinn», ri M. le professeur Bureau, du Muséum d'histoire naturelle, h M. Ch. Vélain, maître de conférences à la Sorhonne, qui ont hien voulu nous prêter le concour^ de leurs hons offices, enfin à M. II. Jacottet, qui a collationné notre texte avec l'édition allemande.
En jugeant notre travail, que le lecteur veuille hien prendre en considération que nous n'avons ménagé ni notre temps ni notre peine pour donner une traduction à la fois claire et précise.
Charles Rabot.
Paris, mai 1888.
\. Nous avons suivi pour ce uoin l'orlliographc adoptée aujourd'hui par tous les linguistes.