‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 26 sur 111 · kaiio rappelle iuexucteineiit ilans Clirititiaii · texte numérisé non relu

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L'AULAITSIVIKFJORD. «9

dance. Ces Eskimos, nous raconUi-l-il, possédaient des instruments en pierre ; ils avaient également un peu de Ter, provenant de deux blocs situés sur la montagne Sarvalik ou Savilik, près du rivage. De ces deux blocs, l'un avait « le volume d'une tente, l'autre celui d'un chien ». Les indigènes en détachent des esquilles et les façonnent en les polissant entre deux pierres. Ross et Sabine s'expriment a ce sujet presque dans les mêmes ternies.

Après avoir causé quelque temps avec Hans et être convenu que la Sofia irait le chercher quelques jours après à Godhavn pour qu'il l'accompagnât dans son voyage dans la baie de Melville, nous nous séparâmes. La Sofia continua sa roule vers le Waigat, et ensuite se dirigea vers Ujaragsugsuk, station sur la côte orientale de l'île Disko. Là descendirent MM. Nathorst et Ilamberg, accompagnés de deux Eskimos engagés à Godhavn. Une baleinière et quatorze jours de vivres étaient mis à la disposition de ces naturalistes. Le débarquement achevé, la Sofia sortit du Waigat et fit route vers Egedesminde. Afin de pouvoir trouver facilement notie route, au cas où nous serions enveloppés par des brouillards, qui sont souvent persistants dans cette région, j'avais engagé à Godhavn, outre les Eskimos de la caravane Nathorst, deux autres indigènes, qui devaient nous piloter jusqu'à Egedesminde. Le 29 juin, la Sofia mouilla dans ce port. M. H. Ilôrring, directeur du commerce, et M. Andersen, inspecteur du Grônland septentrional, nous accueillirent très aimablement.

Notre relâche fut de courte durée. Dès le 50 juin nous nous mîmes en route pour l'Aulailsivikljord, accompagnés de M. Horring. qui désira profiter de notre voyage pour visiter Vinlandsis. Nous nous arrêtâmes quelques instants à Kangaitsiak, petite colonie danoise située sur la rive septentrionale, à l'entrée du fjord. Nous voulions nous renseigner, auprès du marchand qui y est établi, sur l'état des glaces dans le chenal et pour embarquer un pilote indigène.

L'Aulaitsivikljord a une longueur de 130 kilomètres. Sa faible largeur, dans sa partie moyenne, lui donne l'aspect d'un fleuve. A son extrémité il s'arrondit en un large bassin, le Tasiusarsuak (le Grand Lac) , au fond duquel débouche un bras de Vinlandsis.

100 LA SKCOMIE KXI'ÉIUTIO.N Al liUÔMA:\b.

Los inouvcmoiils de la inaiw, donl l'tilroitesse du chenal augmente I'am])lilude, détorniincnl, dans la passe d'accès du Tasiusarsuak, de violents iwui-aiils (jui se renversent toutes les six heures. Ici, de même que dans presque tous les Ijords du rirônland, le chenal est profiind et les hauts fonds sont rares. Les courairts ne pouvaient donc être dangereux [M)ur u» navire muni d'une -forle machine

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romme l'étailla Su/tit, à moins que de ^riis hlucs de glace ne fussent entrailles par le toiirliillon, ou qu'ils ne formassent un barrage à travei's la passe. Une pareille embâcle se prednit quelquefois, et, par derrière la linnquise, l'caii s'élève de plusieurs mètres au fond delà baie. Aussi les Eskiinos s'aventurent-ils rarement dans ce ijord et cherehent-ils î) dissuader les étrangers de le visiter. A ce propos, ils leur nicojilent ava- foi'ce détails l'aecidenl arrivé, il y a quelques années, à un oumtak. Le bateau, entraîné |)ar le tourbillon, avail sombré; tout l'éiiuipage, hommes, femmes, enfants, « même les

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chiens », avait péri. En 1870, lors de ma première excursion dans ce Qord, rhisloiit! me fut contée. Les observations faites par moi à celte époque prouvaient que, depuis une cinquantaine d'années, la branche de Vinlandm qui débouche au fond du Ijord avait nolablemenl avancé. Craignant que des modifications survenues dans l'état du glacier n'eussent augmenté les difficultés do la navigation dans l'Aulailsivikljord, j'avais avant mou départ demandé à

L'AulailsÎTikljniil.

(Graiurf eiéciilép rJ'o|irf^ un rrnqiiis prU |«ir H. Th. ^anlitr'',ni pii 1870.1

ce sujet des renseignements à Copenhague, mais il me fut impossible d'en obtenir aucun. Depuis 1870 aucun Européen ne s'était aventuré dans ces parages. Néanmoins, sachant que la zone de l'mlandsis voisine de l'Aulaitsiviltljonl était d'un pai-cours relativement facile, je choisis le Tasiusarsuak comme point de départ de notre exploration.

Notre pilote de Kangaitstak s'était tout d'abord engagé à conduire notre navire jusqu'au Tasiusarsuak; maïs, une fois arrivé dans la région des courants, notre homme hésita el nous déclara finale-

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menl qu'il ii'îtviut jamnis visili'- CPlle iiarlie du fjord, assertion que

nous sûmes plus lard n« pas t)lre complôlement exacte.

Quoi qu'il eu soit, tout alla bien, et, dans la matinée du 1" juillet, la Sofia mouilla dans une anse bien ahrilée, au non! du glacier qui débouche dans le Tasiusarsuak. Kn rhonncui- du premier navire qui y ait ancré, ce havre fut baptisé par nous du nom de Port de la Sofia. Au point où le navire se trouvait, la profondeur était de sept brasses, et ie fondaiffileux ; à l'entréeellen'était que de trois mèlres el

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