FLORE DU POIIT DE LA SOFIA
Fleurs jaunes :
llanunculus replans L., B. lapponicus L. .
Papaver nudicaule L.
Draba aurea Vahl.
Potentilla nivea L.
Rhodiola rosea L.
Arnica alpina Olin.
Pedicularis euphrasioides Stepli., P. flammca L.
Fleur bleue :
Campanula rotundifolia L.
Fleurs violettes :
Chamœneriiim lalifolium (L.), Sp.
Pinguicula vulgaris L.
Dans les lacs nous recueillîmes plusieurs mollusques fluviatiles (une Limnée et un Planorbe) , des coléoptères et quelques crustacés. Ici, comme sur toute la côte occidentale du Grônland, les moustiques bourdonnaient en essaims compacts. Outre ces diptères on ne trouvait que quelques autres insectes. Si ce n'est sur les îles situées a Tentrée du port, où s'étaient établies des colonies d'eiders, la faune ornithologique était pauvre, surtout pour une région arctique.
Kolthoff a observé les espèces d'oiseaux suivantes :
Falco candicans Gmel., F. peregrinus L., F. œsalon Cuv.
Saxicola œnanlhe L.
Linola linaria L.
Emberiza lapponica L., E, nivalis L.
Plialaropus anguslivostris Sehnitz(hyporl).).
Larus glaucus Brùnn.
Anser albifrons Bechsl.
Fuligula glacialis L.
Somateria mollissima L.
Uria grylle L.
Colymbus septenlrionalis L.
Plus en aval dans le Ijord, KolthofT a aperçu de plus le Corvus corax L. et le Larus tridaclylus L.
Nous ne vîmes aucun mammifère, pas même un phoque ; nous trouvâmes seulement des pistes de lièvres, de renards et de rennes. ! Le 2 juillet nous eon(inuilmes nos préparatifs de départ. Comme / la veille, il soufiïa ee jour-lîi, du sud-(»st, une brise qui avait tous les caractères du fœhn. Aux yeux de ré(juipage, ce vent chaud, qui arrivait en droile li^nie du {^lacitîr, était une prtfuve certaine de Texistence d'un « pays vert » |)ar delà Vinlandm. Je ne crus pas utile d'expliquer à mes gens les causes de la température élevr»c de cette brise, et de leur démontrer leur erreur; mes explications auraient pu ndcMitii* leur ardeur. A bon droit, des ignorants pouvaient être étonnés de la haut«î température du vent qui soufflait du glacier. Le tableau suivant est instructif à cet égard :
Tlicriii. si'j- Theriii. huiiiiilc
i^juill.îl 9 h. dus. ... 4- 9",8 + 5M) C. Brise soumaiit de riii/a/irffu.
2 — ininuil -r ()*^0 + 5^.0 C. Brise de roucst.
2 — t> h. 50 du s.. . -î- l.i".î2 + ?\l) C. Brise soufflant de Vinlandsis.
Dans lajournée du lendemain, lespréparatifs furent terminés, cl Ton débarqua les charrettes destinées au transport des bagages jusqu'au front du glacier. A six heures du soir, la caravane se mil en route pour atteindre le point où nous devions prendre pied sur Vinlafidsis. (le ])oint n'était éloigné du rivage que de trois ou quatre kilomètres, y compris les détours; mais, sui* toult^ cette distance, le sol était accidenté, couvert ici de pierres, là d'un épais tapis de mousse, dans lequel enfoncîiient les roues des petites charrettes. Le halage de nos véhicules, lourdement chargés, fut très pénible, et nous n'arrivâmes à la base du glacier (jucî le h^idemain à midi. L'endroit où nous devions gravir ïinlandsis était situé au-dessous d'un petit lac (^erné en partie pai* les escarpements du glacier. Cette nappe d'eau, alimentée par diî nombreux torrents issus duVinlandaiSj avait |)our émissaire un<i belle rivière ((ui se précipitait en cascade à peu de distance de sa sorticî du lac. Nous passâmes ce cours d'eau audessus de la chute qu'il formait, les uns à gué, les autres dans un petit canot Berton. Les rapports entre les Eskimoset l'équipage de la Sofia étaient si cordiaux quiî nos matelots portèrent sur leur dos les
ESCALADE DE L'INLANDSIS. 177
iiidigcncs pour leur éviter de mouiller leurs kamikkes^ en f^uéaut l.i rivière. Ainsi chargés, les matelots sauUVent à travers le toirent en poussant des hourras et en chantant, comme ils l'avaient fait lorsqu'ils avaient passé les bagages. En traversant la rivière au-dessus de la cascade, le canot Berton dans lequel je m'étais embarqué chavira, et j'eus la mauvaise chance de prendre un bain froid. Pour que pareil accident ne se renouvelai pas, le bac fut établi dans un endroit où le courant était moins violent.
De l'autre côté de la rivière se trouvait une moraine curieuse par ses petites dimensions. L'escalade du glacier ne présenta aucune difficulté. A la lisière de Vinlandsis, les charrettes furent abandonnées et les bagages chargés sur des traîneaux. Nous nous mîmes ensuite en roule; dans la journée nous ne parcourûmes que quebjues kilomètres, les accidents du glacier rendant la marche très pénible.
La caravane qui avait pour mission d'explorer Vinlandm se composait de neuf hommes, outre le chef de l'expédition. C'éliiient le D' Berlin*, l'adjudant Kjellstrôm, le second maître Johannesen, les matelots Andersson et Jonsson, les fângstyndn Sevaldsen et Krœmer, et les Lapons Lars Tuorda et Anders Uossa.
Les premiers jours, nous eûmes de nombreux compagnons, l^e directeur Hôrring, le marchand Olsen, le journaliste Lars Môller et la plus grande partie de l'é/juipage de la Sofia nous suivirent sur le glacier, sans compter les Eskimos (jue nous avions engagés à Egedesminde et l'équipage indigène du sloop du directeur. Dans la région de Vinlandm voisine des montagnes, (|ui était hérissée d'accidents de toute sorte, ce renfort ne nous fut pas inutile pour haler les traîneaux.
Le 3 juillet au matin, les éclaireurs reconnurent Timpossibililé de marcher droit vers l'est. 11 fallut alors revenir en arrière jusqu'à