‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 37 sur 111 · Boites en peau des Eskimos. (.V. du Irad · texte numérisé non relu

Boites en peau des Eskimos. (.V. du Irad

"1. Tout d'al)ord le D' Berlin ne devait nous acoonipaj^ner <|ue quelques j(»ui*s; mais au second campement j'acceptai avec reconnaissance l'offre qu'il me lit de nous suivre dans noti*e exploration. Dans la nuit il retourna à bord de la Sofia chercher des vêtements de rechange, sa trousse de chirurgie et une provision supplémentaire de médicaments. Le lendemain matin, il était Ac retour à notre campement. 1^ vigueur que M. Berlin monti*a en toute circonstance, et la coniiance ([ue sa présence au milieu de nous inspira à tous les membres de notre petite troupe, contribuèrent dans une laige mesure au succès de notre e)Lpédition.

178 LA SECONDK EXI'ÈDITIU.N AL' GRÔMAND.

la lisii're du glacier, |iuts en suivre hi rive dans la dircclion du noi-d cl du noiil-esl justiu'à ce que nous trouvassions uu terrain favorable pour pénéti'er vers l'est. Dans la ivfîion où nous nous trouvions, le glacier éUiit néanmoins rou|K; d« ravins et de |irofi)ndes crevasses ; i'iiide des iiinttlots et des indigènes (|iii nous acvompapnaient nous permit de travei-wir sans dinivulté ces obstacles. Dans la journée nous réussîmes à i'a'uv- une assez longue étape, et, le soir, nous eampAmes à l'altitude de 200 nièlres', pivs d'une pointe ixicbeuse faisant saillie sur le glaciei-. ],cs Kskinios, rebutés par les dangers et les diiTicultés que présentait la marche sur Vinland$is, refusèrent de nous ac<'om|)agiier plus loin. l'ourtiinl jusjue-là le voyage ressemblait plus à une joyeuse paj'tie de chasse qu'à une dangereuse esploratioii. 11 en fui bienlcit autrement lorsque nos camarades nous quittèrent, et que nous fûmes réduits à nos seules forces.

Le C juillet au malin, le Lapon Lars Tuoitia l'ut envoyé en rccoH' naissance. Le glacier, aiinonça-t-il au retour, était encore trop accidenté pour que nous pussions avtuicer droit vers l'est, mais, api-ès lui jour de marche dans la direction du iioi'd, il serait possible, pensait-il. de faiii! route vers rinléricui' du pays.

Désireux de ne pas retenir trop longtemps la Sofia dans le Tasiusarsoak, je résidus de renvoyer le soir même tes matelots qui nous avaient accompagnés jus<jue-l;i. Comme quelipuïs heures suflisaieni à un bon mareheur pour franchir la distance que nous parcourions en huit heures en hidani nos Iraîneaux, ces hommes devaient nous suivre jusqu'à la lin de réta|H3 et ensuite levenir à notre deuxième campement sur {'inlandsis. Le lendemain ils pouvaient done être de retour à boid. Ces m;)teloIs abandonnèrent txms leurs bagages, el nos approvisionnements furent chargés sur six tnn'ncaux, auxquels s'attela toute la caravane.

I, Los allîtudi'S onl Hi ili'diiitus di-R uhsi'i¥aliuii> de Imis li.i]-uin(Mrc!> anùivldcs couilurées a colles cx^ulûi's » Egrilosmîndo sur un uxcclli-nl buraïui'li'C de nier que j'jt avais laissé. Pour iilili'tiir la ])lii!< ^nauïe eiaclitudc pussitilo, l<-s .inoivldes onl élv, â notre relour, vérifii^s siiu!i lu iiiuchinn pnmunntiquc. l^-s alliludi-s iiiiliqui'UH dans ee Inrail oot Ùé soîgnousoiiii'nl calciiliv!: {kiv lu if JddcrJn ; la |ihi{inrt sont uu |kmi )iIus ôlrTécti que cdlra ijui- j'iiïiiis diiiiiiois, avant rarlièvi-iiii-nl des iralt'lils, daiis tllt^s rapiiorts iidi'wswi su D" Dickun. (Vuir K. JâdciiiL, Geografitka orlbcslî'mniijar, eli'., ander 1883 Sri expe land. Ofveri. afK. Vet.-Akail. Fwh.. l8Mi. p. M.)

r)iFFn;i;i.if:s ui vuïagk. itu

Cette région de Yintandsii était d'un [Kiii-ours livs (liiïicile. A peu de distance de notre tleuxii^me cjim|ioment ji* reconnus ini'il nous serJtt impossible de Iraiiiei' tout untre a|>jii'ovisiuiiiiemeiit loi'!><|ue nos compagnons nous auntieut abandonnés. Nous allégeâmes alors nos bagages de dix jours de livres et de dilTérenls objets qui ne me paraissaient pas absolunionl indisiien sables, tels que le

Ilcuxiènio campement <iu lu oaravunc sur YintandsU.

IGnvure néculée A'tpnn une pliolo^rrapliii^ |>ritB |>3r U. KJcIltIrùin le ,S jiiilkt IS83.|

canot Bcrton. Tous «es approvisionnomenls furent déposés sur un point du glacier fat-iiemont recoimaissable, si toutefois il y en u sur cette immense plaine blatiehe. Oela fait, nous poursuivîmes notre route. Nous eûmes dès ce jour l'occasion d'admirer la sûreté de coup d'oeil du Lapon Lars, Au milieu des innombrables monticules de glace, tous semblables les uns aux autres, qui bérissaient le glacier, il retrouvait toujours la l'ente qu'il avait icconnue à l'avance, et appréciait de loin avec une meneilleuse sagacité les difficultés que présentait un passage. Kn place d'un bilton ferré, Lars portait une lance dont le manche gaixlait les unipi-cintes des il avait tués. Soil ava^ cette arme, soit

J80 LA SECUM)K K\l»tDlT10> Al (illÔMAM).

avec SOU fusil, Lars u'avail pas abattu moius de viugt-ciiiq ours, et ses yeux s'enflammaient h la seule pensée qu'il [)ouiTail se mesurer avec un ours blanc. Cette satisfaction lui fut malheureusement refusée pendant l'expédition.

Le soir nous campâmes pour la troisième fois sur le glacier. Des l'arrivée à la halte, le souper fut préparé pour ceux de nos compagnons qui allaient battn» en retiaite, et après un repas joyeux les deux troupes se séparèrent. Nous étions maintenant l'cduils à nos seules forces, et au début cet isolement nous parut pénible.

Nos effets de campement comprenaient une tente en colon, munie d'une douzaine de pi(juets en fer, un sac-lit, une couverture et un matelas en caoutchouc pour chaque homme, des soufflets |)our gonfler ces matelas, des assiett(»s et des tasses en fer-blanc ét^mé, enfin des lampes à alcool |)our la cuisson des aliments. Les appareils que nous avons employés dans cette expédition sont beaucoup plus pratiques que ceux au pétrole, à l'huile ou au suif dont je m'étais servi dans mes précédentes explorations. Théoriquement TalcHK)] donne moins de chaleur que* les graisses peu oxygénées ou que les hydrocarbures exempts d'oxygène; mais par cela même on n'a pas à craindie ave<^ lui les [)eites de chaleur qu'entraînent la formalion du noir de fumée ou la mise en liberté de produits nausé<ibonds de distillation. De plus l'alcool est un combustible facilement maniable, et la lampe peut brûler sans inconvénient dans la tente. Ces avantages me déterminent à recommander aux futurs explorateurs l'appareil lies simple (jue j'ai fait construii*e à Stockholm et dont je me suis servi pendant celte (expédition. Outre les effets de campe-* ment, nous emporti(nis des vêtements de rechange, des gilets en peau de chevreau, une blouse blanche en toile à voiles et un bonnet de nuit en laine pour chaque homme, seize paires de bottes en toile à voiles avec une provision de Carex vesicariaj des chaussures en feutre et des crampons à glace en nombre suffisant pour tous les hommes. Comme armes, nous avions un fusil de chasse, un fusil de munition ef deux lances lajK)nes ; en fait d'instruments, des boussoles, des lunettes, deux chronomètres, un cercle de Pislor et Martin, un petit sextant pour remplacer le cercle en cas d'avarie, un horizon artificiel à mercuie, trois anéioïdes, des thermomètres, des*

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