J. Brodbeck, Nach Osten, Niesky
une habitation du même genre construite par des Eskimos soit du détroit de Bering, soit de l'archipel de Franklin.
Les ruines nordiques se rappoi'tent l\ plusieurs types de constructions. Ainsi on trouve des soubassements quadrangulaires peu élevés, en partie rei*ouverts de gazon, larges de 4 à 6 mètres et de différentes longueurs. Les dimensions de leurs façades dépendent du nombre des chambres ou de celui des habitations qui ont été bâties les unes à côlé des autres le long de murs mitoyens. Le plan suivant me dis])ense de décrire plus longuement ces ruines. Thorhallesen a fait remarquer le premier que la disposition de ces habitations rappelle celle des maisons des Islandais*. Les murs ont une épaisseur d'un mètre et même plus, et sont formés de pierres appamllées sans ciment. L'ouverlure de la porte est généralement étroite, et dans aucune ruine on ne trouve trace de fenêtres. Les pierres employées dans la construction de c<M'taines habitations sont énormes; on comprend difficilement comment elles ont pu être amenées là et mises en place sans l'aide de chèvres. Le sol <le ces habitations est formé d'une couche d'argile et de gravier contenant des morceaux de charbon, des fragments de planches garnis de clous, et c|uel- (|uefois des débris de scories, avec des inclusions de métal. Vraisemblablement les habitations dans lesquelles on découvre des morceaux (h» charbon n'ont pas été détruites par un incendie, et les fragments de bois carbonisés doivent provenir des brasiers sur les<|uels on faisait fondre le métal <le cloche dont je parlerai plus loin.
Il y a aussi au Gronland des ruines d'églises. Celles de Kakortok,
i. Cclto iinportunto question ne mo paraît pas avoir êU'» onroiv complètement trancliée. Dans im travail publié poiu* établir que VOHerbygd était situé sur la cote sud-occidentale, M. Steenstrup déclare que Tarchitecture des habitations actuelles des Islandais ne ressemble nullement à celle des habitations nordiques du Gr(inland (Compte rendu du Congrèt international des Américanistei, Copenha^its 1883, p. 108). En revanche i^ accepte une assertion du D** kaalund, nullement contrôlée, arfinuant que les ruines d'anciennes habitations islandaises sont analogues à celles du Gninland. W n'existe en Islande ([u'un très petit nombre de vestiges d'anciennes habitations, et nulle part on n'y voit de j'uines de constructions cyclopéennes comme auGrônland. Tandis qu'en Suède et en Norvège on nu pas découvert une seule ruine d'habitation datant de la fin de l'époque païenne, il est curieux que Ton en ait au contraire trouvé au Gi^nland des centaines; et, tandis que dans les pays Scandinaves on a mis au jour une quantité de magnifiques objets de cette période, au Gronland on n'a découvert jusqu'ici aucun objet Remontant à cette époque, si ce n'est
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sur les bords du fjord Igaliko, représentées page 555, sont les mieux consenées. Ces édifices datent, croit-on, d'une époque plus
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récente, mais, dans tous les cas, sont antérieurs à l'époque de la découverte de TAmérique. Prohablemenl ils n'ont pas été complètedans quelques tombeaux. A priori on pouri*ail adinetlro que les habitations des anciens Normands ont été semblables aux huttes en terre qui existent encore aujourd'hui en Nor\'ège. Dans ce cas, ces constructions ne devaient présenter que des différences très légères avec les habitations d'hiver que les Eskimos construisent aujourd'hui; et, une fois la maison en mine, ces différences ne peuvent être reconnues que par un observateur tn's attentif. A ce sujet je ferai remarquer que, dans les recherches entreprises jusqu'ici, on n'a pas fait attention aux ruines que l'on ne croyait pas d'origine nordique. Ne pourrait-il pas se faire que les ruines nordiques, au Gitinland comme en Scandinavie^ ne fussent que des amas de pierres sans importance, échappés jusqu'ici à l'attention des chei'cbeurs, et que les vestiges d'habitations de la cote sud-occidentale, tant de fois décrits, eussent une origine tout à fait différente de celle qu'on leur attribue? Pour résoudre cette question, il faut étudier les habitations et les ruines des anciens Normands en Islande et dans la Scandinavie septentrionale, et comparer ces constructions à celles trouvées au Gronland.
ment terminés. Ces constructions sont les seules dont les pierres soient assemblées avec du mortier.
Nous citerons encore comme types de ruines nordiques trouvées au Grônland : 1° des enceintes circulaires, presque toutes d'un faible diamètre, qui, d'après les archéologues danois, seraient des ruines de tours de guet, de baptistères ou de clochers; 2** des cercles de pierres, de dimensions très variables, ayant probablement servi soit de soubassement à des habitations circulaires ou à des tentes, soit d'emplacement pour les jeux de la population, soit encore de clôtures ou de parcs pour le bétail ; 5** des enclos, des caimx et différentes autres constructions.
Près des anciennes églises se trouvent des cimetières. On y a mis à découvert des corps autour desquels on voyait encore des lambeaux des vêtements de laine qui avaient servi à les envelopper. Dans les cercueils qui contiennent ces restes, les planches sont assemblées par des chevilles; quelques-uns seulement portent des clous*. Certains cadavres ne sont pas enveloppés de linceul; ceux-ci
1. Peul-ètrc une partie des cercueils garnis de clous contiennenl-its les dépouilles de baleiniers hollandais ou d'anciens navigateurs avant fréquenté ces côtes. Au Spitzberg j*ai vu de nombreux tombeaux de ce genre qui étaient Tœuvre des baleiniers. Ces marins aimaient mieux être ensevelis h terre que d*élre jetés à la mer, ainsi qu*on le voit dans le journal d*un baleinier, datant de 1607, et contenu dans Touvr.ige d'Ôst, Samlinger til Kundskab om Grônland. En fixant ii 1719 le début de la pèche h la baleine dans le détroit de Smith, W. Scoresby (Arctic Régions, 11, p. 04) veut sans doute parler de la pèche régulière. Une lettre d'Anthonie Parkhurst k Richard llakluyt, datée de 1578, containing a report of the true siaie and commodities of Nctvfoundland, mentionne la présence dans ces parages de cent navires espagnols occupés h pécher la monio, et ce document ajoute que dans ce nombre ne sont pas compris 20 à 50 baleiniers venus de la baie de Biscaye. H y avait alors dans ces eaux 50 navires portugais, 150 français et 150 anglais. Après les Anglais, les Espagnols étaient les mieux équipés en vue de la pêche à la baleine. Pour quiconque connaît les usages des chasseurs des mers polaires, il est certain que les baleiniers basques ont dû se diriger de Terre-Neuve vers les côtes du Grônland, bien que ces voyages ne soient nulle part rapportés. Il est également certain que, parmi les milliers de navires de pèche qui ont fréquenté les parages de Terre-Neuve, un certain nombre ont dû être entraînés par les tempêtes sur la côte occidentale du Grônland (llakluyt, l'* édit., p. 674). A ce propos je rappellerai que sous le nom de (irônland les baleiniers désignaient le Spitzberg et la banquise qui s'étend de cet archipel ù Jan Mayen. Ainsi le lieutenant en premier Hetting, en racontant ses aventures dans la mer du Nord et son voyage au Grônland {Forliiê i NordêOen, imprimé à Arendal en 1858), désigne par ce nom la banquise dont je viens de parler et non le Grônland. Cet ouvrage contient une description très intéressante de la chasse à la baleine telle qu*elle se pratiquait au milieu de ce siècle.
RUr^ES NORDIQUES. 533
onl été probablement ensevelis avec des vèloiiuînts de peau, dont il ne reste plus aujouixl'hui un lambeau.
Comme je l'ai déjà dit. la plupart des ruines nordii|ues sont situées sur les bords de fjords aujoui-d'hui inhabités el bordés de pâturages assez étendus, où jadis le [îibier devait être très abondant. Dans un pays aussi froid que le lirônland, ces prairies ne pouvaient certainement pas fournir une quaiilité de fourrage suffisante
à la nourriture des nombreux bestiaux ijuc devait possédei' une population vivant exclusivement de l'élevage, el qui était assez dense, à en juger par le nombre des ruines. Alors comme aujourd'hui, les indigènes devaient donc, ce me semble, se nourrir principalement des produits de la chasse et de la pèche. Si l'élevage a été pratiqué sur une large échelle dans les i-égious du Grônland où les ruines ont été étudiées, il a dû être abandonné quelques années après avoir été introduit. Celte opinion est assez facile à prouver.
La description minutieuse que le lieutenant llolm a faite des objets trouvés par lui en louillant les ruines du district de Julianehaab, ne signale que trois découvcrtesd'ossements de bestiaux. Dans un endroit il a mis au jour un fragment d'astragale provenant d'une
53t LA SKCOM)K EXPÉ JIITION AU' GUOM.A>tl.
pelitc viichc, clîttis un nuire un doigt du môme aiiiiniil, et daift une troisième ioL-Édité un [)elit fragment de toison de mouton et quelques poils de chevid on d'anlie animal domestique'. Admettons que ces ossements aient été déterminés exactement, et que l'astragale, l'orteil et les poils en (|neslion a|)pîu'tiennenl bien à " une jjetilo
(■:iit'i-:jil<.' l'iii-nl^ii'i' [|>- iiii'i'iY's à Kakdhok.
ili^ipri- iKi ,lr"iii il,' M. Tli. Cruili. Unldel. om CnmUiHd. VI. i,, 3».,
vache ». à un mouton ou à un clKïval, et tuni pas au liuïuf musqué*, qui trèscerlainenipiitii v(Vii d:ms le sud du pays; admettons, dis-jc,
1 . Aucun uuliii <Ii's nuinlircux Intuux [jih: j'ai lus, iitlulifs ;iux fouillus cxi-culi'oi dans li'ï ruiiii.'s iiorili<|iu.'s, ii<' uu'nliunni; la ■lûi'uuierli' irossumcnls <lc l)csliaiix. l'in^cl (.4nii. for nord. Oldkyndighnl, I, [i. 128) affiniiR, il csl vrai, nue l'un a trouvi daun Ips fouilles raileii îi Igaliku n une énoi'mi! quaulil^ d'otiJieroeiits de héivi h curoc!) de grande cl <lc petite (aille » ; mais il doit y avoir ici une erreur. Dct auteur a Nan» doute voulu dràigDcr par cvtle expression de ii Ijêtes à cui'iti's t ûe^ aiiiitiaui sauïafKs : aulreinent il serait enlrë danj des dùveloppcmciits îi pi'Ofios d'une di'couvi.Tlc aussi intpailanle. On Irouvc des monceaux d'ossements près des i-iiini's des ani-ieDDes luibitations des Eskimos; iiiuiE ils a'onl été étudiés que dans une seule localité, il Kaja, sur les bnrds du (jonl de Jakobshavn, où, en 1870, jVn ai recueilli des échantillons. Au retour de noire expédition, eesossemcntscnlélé eiamiD&s, et le résultai de ces rcchci-chcs a été publié dans l'ouvrage RedogOrelte fSr en expédition lill Grônland, 1870, p. 1024.
2. Cet animal, qui vit encore aujourd'hui dans le Grônland septentrional, lient loul i la fois du bœuf cl du moulon.