‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 70 sur 111 · RUINES NORDIQUES · texte numérisé non relu

RUINES NORDIQUES

lout «la; la dccfiuvei-lc de cos ([iiclques ossuiiicnls ne prouve pas, à mon avis, i|uu les aiii-ietis haliitanls aient vécu des |)roduils de l'élevage. Depuis ceiil L-ii)i|uaiiIe ans ces ruines onl élé visitées pal- de unmlii-euï Kui-opéens. Pour tous ces viiyageui-s, la viande de liouchei'ie est la principale nourriture, et Ijeanconp d'entre eux s'oeeupaicnl au flrônland d'élevage du liétail. Il a donc pu ari-iver (|iie les ossenienls on ijuesliun aieiil été a|iporlés là \)nv hasard.

|U,i|iW'> uji ilci^iii d« H. Tli. Urulli. Utildet. om Gnmlmid. VI, j.. 'JU.j

pai' les expluialeurs eux-mêmes un rejetés par eux sur le sol pendant leurs repas. En tout cas, youv une personne sans opinion préconçue, le petit nombre d'ossements de liestiaux dcn^ouverts est une preuve certaine que les anciens habitants n'uni pratiqué l'élevage ((u'accidentellement et pendant une période très courte'. Il n'y arien là qui puisse nous étonner. Si la population actuelle du Grônland, qui est en partie eumpéenne, n'avait plus de communications avec l'Kumpe, dans l'espace de deux généralioiis au plus

1. A ce propos je dois rappeler que dans les paLalîltes de la Suisse on a trouvé des quanliltiii d'os. On sait, en oulre, qu'il il ùti- (jucslion d'uliliscr couiiiie phosphate les os <l'aniniausdoiiK'.sliques coiileniis dans m la lerru uoii-e n , pi'ès de l'imcieime plac de Dirka (environs de SioclUiuliti). qui x éli- iil)iindonnL'c puii de temps api-ès la di'C du Gionlund p»r les Nunitiioils.

336 LA SECONDK KXPf:i)iT[0?i Al' GHOnLAND.

elle ndojilerait le getirn dt; vie des Kskimits. Les aiThéologivs onl reconnu des vesUpes d'tîtaMes diiiis une jmrlie de ces ruines, précisément [lîH'Cfl qu'ils su|iposaie»[ à l'iivance i|ue de pai-eillcs constructions devaient avoir existé diuis le |mys. Or les demeures des Grunlaiidais sont |irik:i sèment divisiM's en plusieurs compailiments*. comme lus voslipes de ces prétendues élaMes.

On n'a trouvé dans ces ruines (|u'un petit nombre d'oKjcts, tels que

>li'i.,.n- <iii A^,iu ric V. Tli. Civlh. Htitdtl. dm Gr--Hlaad. i. VI. |.. lOai

des déliris de marmites et de Irairnienls de iiesoris en pierre ollaire, des rognons de lef (penl-C'trecc fer contient-il du nickel et provienl-ii du Cininland même'.'), des rivets et des têtes de clous enlevés vrai- ■ semblablement à (|ueli|ue épave, oiilin « du mêlai de cloche » et des scories, dont je [mtlerai plus loin. Le l'ésultat de ces fouilles semble donc indîi|Ue]- (|ue, pendant la plus grande partie du temps qu'elle a occupé ce pays, la population ipii l'habitait jadis n'a pas connu la civilisation européenne. On n'a découvert ni un tuinulus, ni une fibule, ni un oi-uf^ment en argent sur les bords du Ijord, oii, d'aprh

i. Oii pi;ul ïVn assiiivi' va cuDiiiiunl les grjvuros <]c l'uiivra^ic de Rink : Daùik Grcenland, Londi'cs, 1877, i>. 17G.

IiriNES N0R1)[QL:KS. 557

les documents officiels publiés sur la position des colonies normandes, aiiraicnl habile Éric le Rouge, Leif l'Heureux et nombre d'aulres personnages légendaires. Pas une seule monnaie d'argent n'a élé découverte dans les vestiges de l'ancien évèché de (lardar, d'où lant de navires chargés de numéraire étaient partis pour la Scandinavie*. Toutes les ruines nordiques fouillées jusqu'ici dans le sud-ouest du Orônland sont très pauvres en îuiticjuilés Scandinaves, comme le prouve l'invenlaii'e des objets trouvés dressé par Worsaae (vol. 111 des Grônlands hisloriske Mindcsmœrker, page 79^). On n'*a pas découvert une seule corne el un seul osscMuenl d(» bestiaux, et celle population aurait vécu des ])rodui(s de l'élevage! Worsaae s'élail, à bon droit, étonné de ce qu'on n'eut point Irouvé un |)lus grand nombre d'antiquités. [*our (î\pli(|uer ce l'ail, il suppose qu'avant la fondation des colonies danoises, les Eskimos ont fouillé b»s l'uines. Avec l'enthousiasme d'archéologues, les indigènes auraicMit recueilli non seulement les morceaux dc^ fer, mais les moindres objiîls cju'ils mettaient au jourM Je feiai observer à ce pro[)()s (|u'un [pareil travail n'est guère dans les habitudes des indigènes. A mon avis, les Scandinaves qui habilaicmt cette région, éloignés comme ils étaient de VOsterbygd, la ccdonie principales établie sur la côte orientale, ont dû en peu de temjhs adopter bis mieurs des in<ligènes el leur

1. Outre les dcl)ns cités plus hnul, les fouilles bien conduites «le lloliu n'ont mis au jour que quelques pesons de iilel en pierre — il n^indique pas respèce de imlie — , trois moulins à bras également eu pierre, des morceaux de charbon de bois, des fiagments de verre de Moscovie (probablement du mica), un morceau de polissoir en argile cuite, des fiaj;meuts d'ossements de baleine plus ou moins tr«ivaillés et nue pieri'c roulcc ayant vraisemhlablcvient servi de marteau. Il a découvert encore, sui* la cote d'iki^^ait, où est situé un ancien cimetière rongé par les lames, quelques perles de verre et un boulon en verre, un fragment de gobelet en plomb, une croix en bois, des débris de cercueil et des morceaux «l'une grossière étoffe de laine, tous débris provenant ceitainement des baleiniei*s. Dans le même cimctièi*c on a trouvé précédemment quelques pitirres tondjales portant des fragments d'inscriptions eu caractères latins. (Klles sont rej)roduites dans le volume III des Grônlands historiske MindcsmœrkeTi^ pi. IX el X.) De [dus on a découvert, près d'Igaliko, une pierie runique. Cette pierre runique, trois fragments de meules, quelques débris de pierres tombales et une quantité de morceaux de métal de cloche sont les seules antiquités Scandinaves trouvées au Gronland.

2. Le rapport adressé par Christian Lund au roi Frédéric III sur l'expédition de Dancdl, entreprise de 1052 à 1054, afiirme que les Eskimos cherchaient du fer et des clous dans les ruines d'habitations nordiques. D'apix's ce que l'on a observé à (iotland, à iJjorko et dans d'autres localités de la Scandinavie, des fouilles faites par des gens sans expérience ne peuvent épuiser complètement les luines.

558 LA SKCONhK KM'IilUTKKN Al (ilîOM.AM).

enipriiiilrr Ituirs iishMi^ilrs, v\ proliahliMiiont en r'xtriitaiil les foiiillc*s on nu pas l'ail atl(Milioii an\ nhji'ts cskiinos trnn\vs soil dans les ruines, soil an\ envii-nns.

Ine senle anti(|uilé <Miriense a élé recueillie non siuih^nient clans les ruiiKs norilu|U(»s, mais encore dans les ivjiiuns où il n'y a aucune^ trace d'anciennes lialnlalions, et s'y tr(»u\c* parlonl. en grande c|nanlilé. .le veux parlcM* des IVa^nnenls dn niélal que l'on désifrnc sons le nom de ^^ mêlai de cloche >» el (|ne Ton croit èli-e (h*s déJM'is «les anciennes cloches d'éulise. Celle dénominalion a iinlnil <*n errc^ur miNsieui's h»s arcliéolo}»nes.

Sons h» nom de ■ jju''tal decloclu' » i»n désigne un alliaiîi» livs cassanU dont la couleur varie du jaune de laiton au iri'is de plomi), 1res ahondani dans les ruines nordi<(ues comme dans les vesti{:(\s d*ancienn(!s hahilalions des indi<:enes du sud-ouest du filronland. Des 17*21! ces morceaux de métal atlirl»renl rallt'iilion <rK«rede el dc! son c(nnpa,i:iu)n : mais le premier, livre (jni, à ma cttnnaissance, en lass(» mi'nlion, e>l Touvraj:** de liranz ((irnnlfUulj p. 77), paru en I7l>ri. D'après ce document on croyait ih'jà à cetli* épo<|ne «jne ces fraiiiuents de» métal étaient h's déhris des cloches des é»f:lises nordi(jues (|ui auraient été détruites par h's Ksiiimos. I,es aivhéolofrues ont adopté celte explication sans, |Ki;'ail-iL avoir pris le soin d'élu- «lier di^ plus près la tpiestitui el sans avoii* analysé ce mé»lal. Ils auraient du pmntant savoii' (|ue les cloches en UK'tal fondu étaient alors Ires laics dans les pus Scandinaves, r\ viaisemhlahlement, dans une colonie lointaine et pauvre comme le <ir('inland, on n'a pas du eu ti'anspiuier un aussi <ii'and uiunhri; (|ue rindi({uerait la «juantilé lies IVa'inienls de métal trouvés dans les ruines. D'après la Chnn nûjHC (les (ioths, l'inlroduction des cloches dans le riche pays ilc (lolland daterait stMdement de l2Sil'.

11 est ciîilain (|ue la plupart des IVajiUients de métal recueillis jus(|u'ici \u) sont pas des déhiis d'ancieinies clocln's. Leurs formes et la présence de scorii's avec des inclusions de mêlai indi(|nent que iv hron/e est un allia<:(t (jui a été; tondu dans le voisina^^e du }(isemenl métallifeie. I\irmi les nond)i'euses anli(|uités du (ironland que j*ai examinées, j(^ n'ai du reste jamais vu un.rragmt;nt ayant appartenu sù-

I. J'iii «Ml \;iiii (liciriK' il \ri i(H'rn>tk' (i:iU* >iii' (lo^(lo(■lllliClllN [iréâCiitaiit plus ile j^uranlît*.

MÉTAL l)K CLOCIIi:. 551)

remcnl à une ancienne eloche. Ni les Grimlaufls Instoriske Mindcsmxrker, ni hs Meddelelser om Gr'ôulamU ni l'ouvra^j^eilc Hink, ne contiennent de planche n^présenlanl des débris de celle? nalnre. Les morceanx de métal trouvés an (iionland sont des niasses obtenues évidemment parmoulajije,des plaques brisées, des fragments irréf.'^uliers pi'ovenant d'une fusion incomplèhî ou d'une coulée manqnée. Je n'ai vu <|u\in seul morceau ayant cerlainement fait parlied*un objeten bronze, probal)lement l'anse d*une coupe, objet qui, en tout cas, eût été beaucouj) trop mince pour servir de cloche. Dans un de ses rapports sur les découvertes archéologiques faites au (ironland {Ann. for Nonl.OUUnjn'' degliedy II, p. ^250), le docleui* ringel affirme qu'on a trouvé près d'Igalikodes fragUKMils de bassins en niélal (|ui paraissent avoir s(»rvi l'un, de fonts ba[)tismaux, l'autre do bénilicîr. Ia) prétiîndu bénitier n'a pourtant ])as été découvert (hms les ruines d'une église ou d'une habitation nordi(|ue, mais sur remplacement d'uniî t(Mite de (Ironlandais, situé sur l'île Ovingasak, près iU\ Frederikshaab. Kn voyant dans ce bénitier une vulgaire marmite, nous ne serons piMit-ètre pas très loin de la vérité.

Les morceaux de bi'OJize nîcueillis sont tous de forme et «le couleurs très dilTén^ntes, (ît chaque morceau poarrait bien provenir d'une coulée différente. Cett(; hypothèse est confirmée ])ar bîs résultats des analyses <jue le «lecteur Cari Setterberg a faites à ma demande :

Analyse du bronze grônlandais dit <( métal de cloche »,

par le W C. Setterberg.

Ktain 'HdT} U)M tii,58 i>!2,i>4 25,58 25,00 24,50

Antimoiuc i,42 0.08 0,21) 0,74 0,50 0,55 0,40

Plomb 1,54 5,14 1,25 0,75 0,1)2 1,01) 1,00

Cuivre 72,50 85,40 75,75 74,55 7-4,72 74,88 75,21)

Mélniix (1<^ la l'aiiiilio

(kl fer, et iKîrlcs. . 0,51 0,72 0,57 1,04 0.28 0,02 0,85

100 0/iF» ïuirô/o^ TïïôolF ïôi) o. o * 1000,0* ïôôIm)^ 100 0/0 ""

1. Fragment irrégulier, imromplètenieni londu, Iroiivé sur l'emplacement d'une nncicnnc habitation groiilandaise à Tasï>iusanguak, à l'est de Kangamiut (district de Sukkertop).

2. Morceau fondu de métal doux d'un jaune de laiton (lig. 2 de la page 541).

5. Fragment irrégulier provenant d'une coulure du bain (?). Cassure cristalline (lig. 5 de la page 541).

•4. Fragment irrégulier (fig. 4 de la page 541).

5. Morceau d'un rognon fondu de mêlai aigre (fig. 5 de la ])agc 541).

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