Le mot Nai-ssak signifie « plaine
554 LA SKCONDE KXI»ÉÏ)ITIO> AL CUONLAND.
intcrpivte un Kun>|)é(Mi sachant bien ia langue des indigènes, il ofïVil (l(î nraiToinpagner si ses supérieurs lui en donnaienl Fau- Uu'isalion. PoursoUiciler eelle permission, j'envoyai immédialement un exprès à Liehlenfels *, où résident les aulorilés religieuses dont il dép(înd. Nous restàni(»s à Frederiksdal jusqu'au 29 août pour attendre la réponse ainsi (|ue pour nettoyer la chaudière' et examiner soign(îusenienl la machine de la Sofia avant d'entreprendre notre |)érilleuse navigation sur la côte orientale. Le 29, l'exprès apporta au pasteur Brodheck l'autorisation de suivre l'expédition et même de l'accompagner en Europe si les circonstances l'y obligeaient. Outre lirodbeck, la Sofia embanjua à Frederiksdal deux Eskimos qui devaient nous inloter, j)endant les [)remiers jours du voyage, à travers les détroits (]ui décou|)ent \v contineiit grônland?Hs au nord du cap Farewell.
Un de ces soi-ilisanl pilotes, (jui avait habité très longtemps sur les rives de l'ikeksund, au nord de la pointe méridionale du Grônlarul, avait eu de fréquents rap|)orts avec les indigènes de la côte ori(»ntale. (l'était un homme loquace, et par l'intermédiciire du pasteur Brodheck il me donna des renseignements très importants pour la géogra[)hi(î ancicMine de» cett<î partie du Grônland. Je rap[M)rte ci-après les plus intéressants.
Notre pilote, nommé Timotheus Kujanangitsok, nous donna d'abord des renseigntMuenls sur la |)0|mlation et sur les campements de la côte orientale, renseignements <jui concoitlent îivec ceux recueillis ])ar l<^ li(uitenant de la marine danoise G. Holm au cours du voyage qu'il entreprit dans le (Jronland méridional en 1880*.
1. Crttc mission est sihitV à (juol(|ucs milles au nord de FredcriksdaL
2. Géiiéralemt^nt nous faisions nelloyer la chaudière par de jeunes Eskimos. Ces indigènes nV|»rouvaiont aueune réjmjînance à se charger de ce travail, quin*cstpas précisément agréahle, surtout au déhut. Il s'agit, en efTel, de [HMiétrer par un tmu très étroit (le t trou dMiomine») dans la chaudière, complètement ohscure et dont la tem|M*Riture est encore asseï élevée. Ordinain^ment les Kskimos restaient là dedans tant que durait le travail, ils y prenaient même leurs repas, l.'nc fois, nous engageâmes pour ce travail un gamin gras et coq)ulcnt connue tous les Eskimos pur sang. Il s'introduisit avec peine dans le trou, au milieu des quolihets de ses camarades, qu'il écouta sans mot dire, et se mit à travailler avec ardeur ; mais, tout le temps (pi'il resta dans la chaudière, il refusa énergiquement de manger quoi que ce fût, de peur d'engraisser et de devenir par suile trop gras pour pouvoir sortir par le « Irou d'homme » .
3. Mcdflelelser om GrOnlandy M, 1885, p. 05. Inuk, TEskimo qui a renseigné Uolin,
RUINES NORDUIUES SUH LA COTE ORIENTALfi. 357
Il ajouta ensuile que des ruines d'haliitations qui ne sont pus l'œuvre des indigènes se trouvent sur les rives de presque tous les grands Qords de la côte orientale, notamment dans les Qords d'L'mr.iiak', d'Ekailumiut et d'Igdhiluarsuit. Dans touUis ces ruines.
I c pusteiir Jarob Dnxtlii'irk.
disait-il, les murs étaient en partie éboulés. Ces consli'uetions sont très basses, mais quelques-unes sont fort étendues. La plus grande serait située à Igdluluarsuit. Dans une montagne ou sur une île située immédiatement au sud d'Umanak on trouve de la pierre ollairc d'excellente qualité. Les plus gi'andes marmites taillées dans
iininniil au contraire n'avoii' jamais vu ilc ruines d'halii la lions <>ump<Vnnn< sur la côIp orientale, ni pnlcndu parler de leur eiislencc. Hais sur un gmnd nombre de points «iilkints de la côle il existait, disait-il, des signaux en pierres et, en plusieurs endroits, de; traces d'anciens campements qji ne provenaient point des Eskimus.
1. Ce fjord d'Umanak, situé sur la rôle orientale par 63° de lat. N.,ne doit pas èlre confondu avec les nlHobreui caps, iles on ri'cifs dvs autres parties du CTrônland qui portent le même nom et dans lesquels l'imaginalion des indigènes reconnaît la forme d'un coeur.
5o8 LA SECONDE EXPÉDITION AU GRONLAND.
celle pierre oiit un diamètre de 60 h 90 centimeires. La présence de n»ite rorhe, déjà mentionnée dans la relation du capitaine Graah, est un fait Irès'imporlant pour la g(k)}:raphie ancienne du Grônland, car Ivar Baardson, dans sa description de celU» région, rapporU* que la meilleures pi(»rre (diaire se Irouve à R(»no, devanl TEinarljonl, et qu(; Ton jxuit y tailler des marmites d'une capacité de dix h douze tanna (1050 à I9S0 litres). Mais le gisement situé au sud d'IImanak* est-il lé même que celui de Rend. Si l'identité de ces deux localités peut être prouvée — ce qui serait assez facile en étudiant le gisement, — on aurait pour déterminer la position des anciennes colonies un argument beaucoup plus sérieux que les interprétations obscures qui ont été données du nom de Brattahlid.
La note suivante, que m'a remise le pasteur Brodbeck après notre retour en Europe, résume les conversations que j'ai eues av(H? lui, soit pendant notre séjour dans son hospitalière maison de Frederiksdal, soit pendant notre voyage le long de la côte orientale '•
De temps on tcMnps l(»s indigènes de la c()te orientale viennent dans les stations du sud-ouest pour se procurer par voie d'échange des denrées d'Europe. Ils se rendent généralement à Pamiagdluk, rétablissement le plus méridional, et à la mission de Frederiksdal ; lorsqu'ils ne remontent pas jusqu'à" cette dernière station, des habitants de cet établissement von! conun(»rcer avec eux à Pafniagdluk. Quelques-uns de ces Eskimos restent parfois sur la côte occidentale poiu* y recevoir le baptême; de ceux-là,
1 . II oxistp d(» iioiiilirHux gisements de pieri'e ollairo sur la rôle occidenlalo, notamment dans h' district de (lodthaab. Celle qui se tmuve sur la côte orientale présente sans doute la meilleure ((uaiité. car, au nombre des objets d'échange que les indigènes de cette région apportent sur le littoral occidental, figurent d(is marmites en pierre ollaire. La ?iorngn BcscrifueUe^ conî|M)séc au commencement du dix-septième siècle par Peder CIauss6n Friis, rap|M>rle que des pierres provenant de l'Irlande et du (irônland ont été employées dans la constiuction de la catliédnde de Trondlijem. II ne serait [kis difficile de i*econnaîtiv par ime analyse minérabigique et microscopique si une partie des belles sculptures de cette église sont taillées dans une pierre ollaire provenant du (înmland.
^. VHisioric von Grônland (p. 5-42) de Cnmz contient sur les (topulations de la côte orientale des renseignements analogues particulièivment importants, mais auxquels on a jusqu'ici fait peu attentiim. Faute de jilace, je ne puis U»s repixïduire, je rapporterai seulement une anecdote intéressante, en ce qu'elle monti*e ce que les Fskimos entendent par une population nombivuse. Les indigènes de la côte orientale venus dans les colonies racontent, dit-il, (|u'au nord la population est si nombreuse qu'une grande baleine sudirait à peine à rassassier tout le monde.