‹ La seconde jeunesse: comédie en quatre actes et en proseChapitre 33 sur 88 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

ROLAND

Ainsi, cette histoire qu'elle m'a coûtée...

LIRMAY.

Est vieille comme le monde, nous la connaissons tous, elle ne sert plus que pour les provinciaux.

ROLAND

Gomment... j'aurais été dindonné une fois de plus?

LIRMAY.

Parbleu !

ROLAND

Tu crois? Oh ! Cela ne se passera pas ainsi... je vais lui dire son fait... et je romps !

LIRMAY.

Arrête ! malheureux ! n'en fais rien ! tu te ruinerais en réconciliations.

ROLAND, avec rage.

Ça m'est bien égal !... Ah ! les femmes!...

RENÉE, rentrant.

Eh bien ! vous voilà furieux, maintenant?

On le serait à moins !... Si vous saviez... Enfin... je ne peux pas vous dire cela à vous.

RENÉE, emportant un vase qu'elle venait prendre sur la cheminée.

Continuez, je me sauve. (Elle sort.)

ROLAND

Mais tu m'ouvres les yeux... c'est vrai, au fait... et nous sommes ridicules de vouloir encore être aimés!... moucher, nous sommes des niais !

LIRMAY^ se récriant.

Mais, un momenl...

ROLAND, sans l'écouler.

Nuus sommes du même âge ! — Quand on voit un tas de godelureaux se pavaner dans leurs vingt-cinq ans, leurs trente ans... on n'en a jamais tant vu qu'à présent! Le beau mérite d'être jeune!... moi aussi j'ai été jeune I... Tout ce monde-là nous trompe, les vieux galantins sont ftlUs pour être bernés ! il n'y a pas à sortir de là, et le siècle est si corrompu, qu'on ne peut plus même avoir en sûreté»., un petit bout de liaison...

LIRMAY.

Vertueusement...

ROLAND, maugrèdiii.

ïuris, toi... tu trouves cela plaisant... parce que tu es heureux!... Si tu avais à supporter leà répétitions des auteurs...

(Un silence. Voyant que Lirmay ne répond rien, il reprend .') Rien ne

te gêne, tu es tranquille, toi... tu n'as pas de principes !... tu es égoïste!... tu...

Ah çà, mon cher, tu e> insupportable, avec ta franchise gauloise...

ROLAND

Moi ?..» mais je te flatte... je t'envie;

LIRMAYi

Pourtant;.;

ROLAND

Entre amis,^on se doit la vérité.

LIUMAV.

Tu t'en acquittes largement, toi ; ton amitié a pour attri* but un bâton... et tu m'en assommes, (a Clara qui rentre.) Que voulez-vous?

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