ACTE II
RENÉE, allcrreft.
Ah!... et... c'est par elle... que tu as su...
JULIEN
Que tu l'avais quittée... oui...
RENÉ E.(LoDg silence.)
Et... que tVt-elle dit?
JULIEN
Elle m'a dit... le motif de ton départ.
RENÉE^ rinterrogc du regard.
Ah!...
JULIEN^ avec animalion.
Mais je ne l'ai pas cru^ car cela m'a semblé impossible! ^— Voyons, Renée, n'est ce pas? des apparences fatales t'ont fait calomnier?... il y a là un mystère... une intrigue, peutêtre, dont tu auras été victime et... que tu vas me révéler, à moi... cet homme... qui était avec toi... la nuit...
RENÉE, détournant la télé.
Mon ami
JULIEN, accablé.
C'était vrai!... Ah! il faut que ce soit toi qui me le dises.
JULIEN
Ahl... Tu ne sais pas le mal que tu me fais!
RENÉE
Julien!... tu pleures...
JULIEN
Oui... je pleure sur ta vie perdue, sur l'avenir que je te rêvais... Comment, lu en es venue là ? toi, si fière ! (Après un
grand silence, regardant autour de lui.) Et... tUeS ici cheZ toi?
RENÉE, d'une voix à peine intelligible.
Oui. . . (Voyant que Julien reprend son chapeau qu'il avait déposé.) Tu
t'en vas?
JULIEN^ avec découragement.
Que veux-tu que je fasse ici ?
RENÉE
Tu rae condamnes sans m'entendre?
JULIEN
Que me dirais-tu?... Ce n'est pas moi qui te condamne...
c'est tout ce qui t'entoure, (ll indique rameublement somptueux.)
RENKE^ avec chaleur.
Julien ! . . . Mais n'ai-je pas une excuse^ enfin ?. . . Quand je me suis vue^ à vingt ans... sans avenir^ le cœur plein de jeunesse... quand j'ai eu compté avec ce monde^ qui n'avait pas de place pour moi parce que j'étais pauvre et sans famille...
JULIEN^ vivement.
Oh ! tais-toi!... tu ne t'excuses pas !... Ta mère était pauvre aussi... et elle a travaillé de ses mains pour t'élever.
RENÉE
Julien!...
JULIEN
Ah ! tu rougis au nom de ta mère...
RENÉE
Mais, moi, je n'ai compromis que ma vie... quand je vois tant de femmes...
JULIEN, avec dignité.
Ta mère était-elle de celles-là... et pensait-elle ainsi?
RENÉE
Julien!...