ACTE III
d'œil... Mon ami !... le jeune soldat qui soufflait dans Tinstrument de cuivre... était ce prétendu auteur que j'ai rencontré au bois avec Coraliel...
LIRMAY.
C'était peut-être une ressemblance.
ROLAND
Une ressemblance ? Ohl oh ! tu vas bien voir! — A sa vue, j'étais resté pétrifié. Il m'aperçoit^ me reconnaît aussi... Je lui lance mon regard terrible... Loin d'en être troublé, l'impudent ;^e met à rirç, et, me regardant en face, il me joue
sur sa trompette (Chantanl d*un ton lugubre et avec rage) : Ah ! qu'il fait donc boriy qu'il fait donc bon cueillir, ». Tu conçois ma rage... je m'enfuis de colère, et jusqu'au bout de la rue... j'entendais toujours cet air gouailleur et terrifiant : Ah ! qu'il fait donc 6on...(D'un ton farouche.) Oh !si j'étais militaire !... comme je me battrais avec ce polisson!
LIRMAY, sans l'écouter.
Calme- toi.
ROLAND, rugissant.
Un rival !... un trompette du Gymnase musical !
LIRMAY.
Eh I que t'importe... lui ou un autre?
ROLAND, naïvement.
C'est vrai!... Mais j'aimerais mieux ni l'un ni l'autre... Oh! j'en ai assez, moi, de ces agitations... Non pas que je doute de Goralie, j'ai confiance en elle; mais il est désagréable de penser... Tu ne m'écoutes pas.
LIRMAY, se promenant avec agitation .
Si, si.
ROLAND^ amèrement.
Je le vois... tu prends une grande part à mes ennuis... Enfin tu as de la philosophie... pour le malheur des autres!...
LIRMAY.
Ah 1 mon cher, plût au ciel que mon malheur ne fût pas plus grand que le tien !
ROLAND
C*est vrai, il te faut 25,000 francs à toi, pour un tapissier,
LIRMAY.
Oui, et tu me sauves en me les prêtant car on a obtenu un jugement contre moi.
ROLAND
Un jugement ?... te voilà bien (... Aussi tu vas comme un fou. Que diable ! Tu as deux maisons... tu n'as qu'une fortune.
LIRMAY.
Ah ! il s'agit bien de fortune en ce moment!...
ROLAND
Qu'y a-t-il donc?
LIRMAY.
Mon ami, je suis perdu I Renée ne veut plus me voir... et sais-tu pourquoi?... Julien l'aime.
ROLAND
Tant mieux ! accepte la rupture I C'est une économie.
LIRMAY, amèrement.
Accepter la rupture ? Ah ! oui, voilà un sage conseil ! ... Eh