ACTE III iOl
bien, et mon cœur, ce lâche cœur qui ne peut vivre sans elle?
ROLAND, cherchant à le calmer.
Voyons, voyons... après tout... il me semble bien difficile que Julien Tenlève.
LIRMAY.
Est-ce que je sais? Il m'a écrit ce matin... il me demande un rendez-vous.
ROLAND
Lui?... Ah! mon Dieu!
LIRMAY.
Je Tattends I ^
ROLAND
Prends garde... s'il allait te provoquer...
LIRMAY.
C'est bien ce que j*espère.
Comment, un duel?
LIRMAY.
Ah ! il serait le bienvenu!... Je me bats, raoî.
ROLAND
Malheureux! je le saisbien. . tu ne t'es battuque trop souvent ! mais voyons... songes-y, tu es mari^, si ta femme apprenait... Il y â de quoi la tuer.
LIRMAY, accablé.
Ah I oui... tu as raison.
ROLAND
Il faut réfléchir.
LIRMAY.
Mais crois-tu que je ne me révolte pas contre mon indignité?... Je vois le péril et j'y cours en aveugle. Que veux-tu que je te dise? Tu connais bien ces mauvais instincts contre lesquels la raison est impuissante et auxquels on sacrifie tout^ fortune, honneur, affections sacrées; car j'aime ma femme, mes enfants que je ruine, pour un amour plein d'amertume. Je vis dans des transes horribles. Hier c'était mon fils, devant qui je me sentais rougir. Aujourd'hui je tremble que l'arrivée de ce Julien n'amène un éclat...
ROLAND, d*an ton doctoral.
Ah! dame, à ton âge et dans ta position... quand on se lance dans des aventures...
LIRMAY.
Ohl fais-moi grâ(^e des sermons I... Écoute, il faut parer aux événements. Va trouver Renée, prie-la de me recevoir; dis-lui... que je suis au désespoir, que je la supplie d'avoir pitié de moi, je veux... je veux lui dire adieu...
ROLAND
Mon ami, tu as tort... Je sais ce que c'est que ces adieuxlà, moi!...
LIRMAY.
Je te promets d'avoir du courage. Hais obtiens une dernière entrevue... je t'en prie.
ROLAND
C'est une folie !.. . enfin ...
LIRMAY. ' :
Va, va. — Dis-moi, peux-tu me donner... cet argent aujourd'hui '