SCÈNE IV
LIRMAY, ROBERT.
LIRMAY^ d*un ton amical.
A.sseyez-vous, Robert, et écoutez-moi. — Hier... j'ai été si ^^pris de vous rencontrer... chez mademoiselle de Nareuil, ^^^ j'ai cédé à une irritation... peut-être exagérée...
ROBERT, gaiement.
Oh ! sans rancune!... Vous m'avez un peu vertement ra- *^i*oué... j'avais tort. Je m'étais fourvoyé... En somme, cette démarche venait de l'intérêt que je vous porte...
LIRMAY.
Oui, je le sais, mais votre amitié peut s'égarer, et... j'ai Ueu de trouver étrange... que vous interveniez dans cette s^fTaire...
ROBERT
C'est bien à mon corps défendant I j'en suis désolé, je Vous le jure ! Gela me trouble, m'agite... ma vie est révolutionnée de fond en comble. Sans compter que je suis ridicule... j'ai l'air du raisonneur des vieilles comédies... Je crois sentir sur mon front l'énorme perruque^ et il me semble que je vais naziller.
LIRMAY, souriant.
Mon cher... rien ne vous oblige à cet emploi.
ROBERT, riant.
Le fait est qu'il est extravagant, ma parole d'honneur I...
Nos rôles sont intervertisl... car eiifin^ j'ai prisunbeaapère pour me surveiller, m' empêcher de faire des sottises... et c'est moi qui cours après vous pour vous ramener au bercail I
LIRMAY, ' ^
Ah çà I voyons, Robert, vous êtes un homme d'esprit... je m'étonne de cet accès de rigorisme qui vous prend tout à coup.
ROBERT
Vous n'en êtes pas plus étonné que moi... Je veux bien que le loup me croque si je m'attendais jamais à m'entendre professer une morale... aussi transcendante !
LIRMAY.
Enfin. . . vous n'avez pas, vous-même, toujours vécu comme un Gaton.
ROBERT, d*un Ion enjoué.
Parbleu, non ! J'ai fait des folies comme tout le monde : j'ai même été très-loin... Mais moi, qui ne pouvais pas regarder un mari sans rire... me voilà marié bel et bien... J'ai appris le vrai nom des choses qui me semblaient oiseuses : cela s'appelle une femme qui porte votre nom ; cela s'appelle des enfants ; la fortune, l'avenir de tout ce monde-là reposent sur vous seul... cela devient effrayant et sérieux !
LIRMAY.
J'approuve ce changement en ce qui vous concerne; mais... prétendriez-vous régler ma conduite et mes affections?
ROBERT, avec bonhomie.
Moi?... Pas le moins du monde. Je comprends les passions, je les respecte... Je vous absous... c'est charmant d'aimer! Et cela n'arrive qu'aux gens qui ont du cœur 1... Malheureuse-